Effectuant une visite pour découvrir l’ampleur de l’érosion côtière, qui a provoqué l’effondrement du mur de soutènement érigé en face des campements Perdrau et Fleurot à hauteur du débarcadère de Trou-aux-Biches, des officiers du département de l’Environnement se sont demandé « qui financera les mesures correctives, les travaux de réhabilitation et la réouverture d’un accès ? » Étaient présents, des représentants du ministère de l’Environnement, des Terres et du Logement et de la Beach Authority.
Cette visite conjointe, souligne-t-on, fait suite à un article intitulé Développement sauvage et passe-droits décriés, publié dans cette même rubrique dans l’édition du Mauricien du 31 mai dernier. « Le ministère de l’Environnement, à travers la Division de l’Integrated Coastal Zones and Management (ICZM), suit l’évolution de ce phénomène d’érosion côtière en face des campements Perdrau et Fleurot depuis plus d’une année », affirme-t-on à l’Environnement. Mais selon d’autres sources au niveau de l’Environnement, une lettre a été adressée officiellement au ministère des Terres et du Logement par le département de l’Environnement demandant d’établir si ledit terrain est une State owned land ou une Leased private land. « Il est regrettable de constater que le ministère des Terres et du Logement n’a pas jugé bon de répondre. La dernière lettre de rappel date de décembre 2010 », soutient-on à l’Environnement.
Lors de la site visit, toutefois, le ministère des Terres et du Logement a consenti à répondre aux demandes de précision. « Il nous revient que ce terrain est une State owned land, mais la superficie de terrain à partir de 10 m de la high water mark sur la plage, où un mur sépare les bungalows précités et le débarcadère, n’a pas été “leased”. Ce mur y a été érigé voici plus d’une vingtaine d’années. En attendant, le terrain a changé de propriétaire », indique le ministère de l’Environnement. Des traces sont visibles sur ce « mur illégal » et sur le tronc d’un filao qui subsiste. « Le ministère des terres et du Logement nous a confirmé que la partie clôturée par ce mur est une State land, mais n’a pas été allouée », précise l’Environnement. « Nous insistons pour la démolition de ce mur, mais le ministère des Terres et du Logement se montre sceptique concernant la sécurité du locataire. La question qui se pose est la suivante : qui prendra les devants pour financer les mesures correctives ? »
Habitants et forces vives ne l’entendent pas de cette oreille. « Ce mur empêche l’accès direct sur cette partie de la plage, il doit impérativement être démoli », soutient un porte-parole des forces vives. Pour le ministère de l’Environnement, « les habitants peuvent présenter une solution conjointe et durable. Pour cela, il faut avoir l’aval de toutes les parties concernées en entamant des discussions avec les instances décisionnelles. »
Rappelons que ce problème d’érosion côtière, provoquant l’effondrement du mur de soutènement en face des campements Perdrau et Fleurot et bloquant l’accès direct à la plage à hauteur du débarcadère, est évoqué avec insistance par les habitants. Selon Paul Perdrau, porte-parole des familles précitées, toutes les démarches entreprises auprès des autorités pour des mesures correctives ont été vaines. Parlant dans le même sens, M. Marie-Jeanne insiste : « Les habitants, pêcheurs et touristes doivent avoir libre accès à la plage. Dans le cadre de la mise en oeuvre des mesures appropriées, en enlevant les débris de ce mur effondré, une voie piétonne doit être aménagée. »