Le Centre Idrice Goomany, la Fraternité Jeunesse de Phoenix, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP), le parti Lalit et l’ancien président de République Cassam Uteem, dans une lettre ouverte au président Barack Obama, exhortent les Américains à ne pas user de leur veto au Conseil de sécurité des Nations unies pour bloquer la reconnaissance d’un État palestinien. Les signataires ont remis hier matin leur lettre à l’ambassade des États-Unis, à Port-Louis, pour être transmise au président américain.
« Dimanche soir, le président Mahmoud Abbas a confirmé qu’il soumettra la demande d’admission d’un État palestinien aux Nations unies (NdlR : qui tiennent leur 66e Assemblée générale à New York actuellement). Nous, les soussignés, vous exhortons à ne pas user de votre droit de veto au Conseil de sécurité pour empêcher cette demande d’admission », écrivent d’entrée en matière les signataires.
« Pendant 63 ans, le peuple palestinien a attendu son droit à un pays. Pendant 44 ans, l’état d’Israël a occupé illégalement la Rive Gauche, Jérusalem-Est et Gaza qui sont des territoires palestiniens », poursuivent-ils.
Les pétitionnaires rappellent que le peuple palestinien jouit d’un soutien grandissant de la communauté internationale. « La reconnaissance d’un État palestinien aux Nations unies ne fera que formaliser cette longue soif de justice ».
Ils estiment que la reconnaissance d’un État palestinien comme membre à part entière des Nations unies, avec l’approbation du Conseil de sécurité et les deux tiers de la majorité de l’Assemblée générale de l’Onu, fera de cette décision « une décision multilatérale et non unilatérale ».
Les signataires rappellent encore au président Barack Obama qu’aucun processus de paix n’a abouti jusqu’ici. « Cela pour deux raisons : d’une part, ils n’ont pas résolu le conflit Israéliens-Palestiniens, et d’autre part, ils ont créé d’autres problèmes », font-ils observer.
Selon les pétitionnaires, les récents soulèvements dans les pays arabes et ceux d’Afrique de l’Est et du Nord ont forcé le leadership palestinien à écouter son peuple, et à présenter cette demande d’adhésion aux Nations unies, tout en forçant le gouvernement israélien également à écouter son peuple. « Au lieu d’avoir un budget militaire astronomique au nom de la sécurité, Israël devrait apprendre à vivre en paix avec ses voisins comme un État civilisé et redevable envers son peuple et la communauté internationale ».
Les signataires soutiennent que la « US Campaign to End Israeli Occupation », une coalition de 350 organisations aux États-Unis, a demandé à l’Administration américaine de ne pas user de son veto contre la demande d’admission des Palestiniens à l’Onu comme un gage du soutien américain aux droits humains, à la loi internationale et au principe d’égalité. Ils rappellent aussi que la pétition en ligne d’Avaaz en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien a recueilli jusqu’ici 916 927 signatures à travers le monde.
Ils signalent au président Obama qu’à Maurice, le Premier ministre a publiquement déclaré que Maurice votera la résolution palestinienne.
« Les États-Unis devraient voir cette demande d’adhésion des Palestiniens à l’Onu comme une opportunité de redonner une nouvelle impulsion aux processus de paix dans lesquels Israël et la Palestine viendront à la table des négociations comme deux États ayant les mêmes droits et les mêmes obligations et travailleront ensemble pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien », concluent-ils.