Le ministre des Affaires étrangères Arvin Boolell procédera lundi matin, à l’ouverture d’un atelier de travail s’échelonnant sur deux jours et portant sur les problèmes des Petits États Insulaires en développement (PEID). La Commission de l’Océan Indien (COI) et la CNUCED réunissent des experts de haut niveau pour identifier des mesures efficaces de réponse aux défis découlant des vulnérabilités propres aux PEID. D’autre part, ces consultations qui seront également marquées par la signature d’un accord de contribution entre l’Union européenne et le Département des Affaires Économiques et Sociales des Nations Unies (UNDESA), dans le cadre du projet PEID, vont permettre à l’UNDESA de développer cet outil, et d’en assurer la pérennité, en l’intégrant au Système des Nations unies.
Les experts, qui animeront les consultations de la semaine prochaine, viendront de New York, siège des Nations unies et des grandes régions insulaires, notamment Atlantique, Caraïbes, océan Indien et Pacifique. Le principal sujet à l’agenda touche aux initiatives et aux mesures envisageables, pour appuyer plus efficacement « les efforts de réduction des vulnérabilités propres aux Petits États Insulaires en développement et de renforcement de leur résilience ».
Cette démarche proactive de la COI fait suite à l’appel lancé par l’assemblée générale des Nations unies en 2010, sur les recommandations du ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, qui assurait la présidence du conseil des ministres de la COI. L’accent avait été alors mis sur la nécessité d’avoir un débat sur « les améliorations possibles et les mesures supplémentaires qui pourraient être nécessaires pour répondre plus efficacement aux vulnérabilités uniques et particulières et aux besoins de développement des Petits États insulaires ».
De par cette initiative, la COI, dont le mandat est de contribuer au développement durable et à la défense des intérêts insulaires de ses États membres (Comores, France/Réunion, Madagascar, Maurice, Seychelles), veut enrichir le débat International et faire avancer la cause des PEID, en explorant des voies concrètes de traitement particulier des PEID dans le cadre de la coopération internationale. L’objectif de cette réunion est de soumettre des recommandations au Comité préparatoire de la CNUCED XIII prévu pour avril 2012.
La stratégie de Maurice, adoptée par les Nations unies, lors de la conférence mondiale tenue à Maurice en janvier 2005, a défini 20 champs d’intervention prioritaires (chapitres thématiques), pour mettre en oeuvre le Programme d’Action de la Barbade (BPoA) et favoriser un développement durable des PEID, avec l’aide de la communauté internationale. Les Petits États Insulaires sont reconnus comme étant « un cas particulier du point de vue de l’environnement et du développement ».
Démarré en août 2011, et financé à hauteur de 10 millions d’euros par l’Union européenne (10e FED), le programme PEID de la COI va, entre autres, développer et rendre opérationnel un système de suivi et d’évaluation de la mise en oeuvre de la stratégie de Maurice dans l’océan Indien, au niveau national, régional et international. La signature d’un accord de contribution entre l’Union européenne et le Département des Affaires Économiques et Sociales des Nations unies (UNDESA), dans le cadre du projet PEID, va permettre à l’UNDESA de développer cet outil, et d’en assurer la pérennité, en l’intégrant au Système des Nations unies.
Par ailleurs, le Projet PEID va aussi contribuer à établir et à promouvoir des bonnes pratiques pour réduire les vulnérabilités des PEID. Quatre thèmes phares ont été choisis pour la région. Le projet entend mettre en place une plateforme « récifs coralliens », développer des systèmes de protection financière face aux risques de catastrophes naturelles et climatiques, mettre en oeuvre des stratégies politiques nationales de développement durable dans les États insulaires ciblés, et opérationnaliser une Initiative changement climatique dans l’océan Indien.
Le projet PEID compte aussi renforcer les partenariats et les capacités, afin de trouver les financements, développer des plateformes techniques durables pour recueillir et partager les bonnes pratiques, et construire une position régionale commune. Le projet mise beaucoup sur la coopération régionale et inter-régionale, les échanges et les transferts de savoirs entre les PEID, notamment avec la Communauté Caribéenne (CARICOM) et la Communauté du Pacifique Sud.
Le projet PEID inclut les pays membres de la COI (La Réunion, comme partenaire associé) et l’île de Zanzibar (Tanzanie). Les îles du Cap Vert, des Maldives, de la Guinée-Bissau, de Sao-Tomé-et-Principe sont également associées au projet.