La 20e édition de la Career Expo se déroule au Free Port Exhibition Center, à Mer-Rouge. Si les vedettes du tertiaire restent toujours l’Angleterre et l’Australie, d’autres alternatives existent pour ceux qui doivent « composer avec les moyens du bord ».
La démocratisation de l’éducation, pour les plus réalistes, ne s’éloigne plus tant du produit de consommation classique. Car on se plie aujourd’hui avec plus de discernement à la loi du rapport qualité / prix. Avec de plus en plus de possibilités d’études à Maurice, la question se pose donc : pourquoi privilégier l’étranger ? La Mauritius International University and Career Expo, organisée par le Rotary Club de Grand-Baie, apporte un éclairage sur la question. Explorons donc ensemble les alternatives, en privilégiant les nouvelles options. Des pistes de réflexion qui ne sont cependant en aucun cas une évaluation. À noter que l’exposition prend fin ce dimanche et devrait avoir réuni 8 000 à 10 000 élèves, selon Lindsay Albert, président du Rotary Club de Grand-Baie.
Pourquoi bouger ?
À l’heure où l’on parle de Knowledge Hub et alors que le ministre Jeetah annonce la formation d’une Université des Mascareignes – avec la collaboration de l’Université de Technologie de Maurice (UTM), du Swami Dayanand Institute of Management et l’Université de Limoges, en France –, le chemin vers l’éducation tertiaire paraît de moins en moins sinueux. Bien sûr, on ne construit pas la connaissance comme on bâtit un building. Mais l’effort est visible. Citons le Charles Telfair Institute et son populaire degré de Curtin, la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), qui offrira des mastères de SciencesPo à partir de cette année, entre autres – des degrés à la réputation plus que convenable à l’international. Et ce sont des offres de ce genre qui semblent foisonner. Lors de cette 20e édition de la Career Expo, les Knowledge hubs sont aussi présents que les établissements tertiaires. Explications.
Les universités font de l’outsourcing. Tout comme ce client de Poitou-Charente qui se retrouve au bout du fil avec un Mauricien assis à Ébène, il est désormais possible pour les Mauriciens d’obtenir un degré de la Nottingham Trent University à la KBU International College de Bendar Utama ou Petaling Jaya, en Malaisie, ou d’obtenir une qualification de Chartered Accountant de Maurice. « C’est la même qualification », rassurait Sattar Hajee Abdoula de Grant Thornton dans nos colonnes il y a déjà plus d’un mois. Rien ne vient différencier l’expérience locale de celle obtenue en Grande-Bretagne. Grant Thornton, qui tient un stand à l’Expo, a été mandaté par l’Institute of Chartered in England & Wales (ICAEW), devenant ainsi le représentant exclusif de l’institut pour former à l’examen professionnel. Les écoles, comme la BSP School of Accountancy and Management et la London School of Accountancy, défendaient l’ACCA, présent depuis de nombreuses années déjà. L’offre en comptabilité est multiple.
Idem pour les cours en Hospitality Management  avec la Vatel International Business School Hotel and Tourism Management. John Mendes, directeur adjoint pour Maurice, en dresse un bref historique : «  Vatel existe depuis plus de 30 ans. C’est une école française de management hôtelier, dont la présence dans l’océan Indien est exclusive à Maurice. On a commencé avec 15 élèves en 2009, pour en accueillir 150 à ce jour, de 13 nationalités différentes. »
La formation undergraduate de trois ans comprend des stages en entreprise et, comme l’affirme M. Mendes, « 90% de nos élèves devraient trouver de l’emploi dans leur dernière année de stage ». Vatel sait se vendre. Mais soyons rationnels, avec la reconnaissance internationale vouée à Maurice en matière d’hospitalité, et avec 12 nationalités qui choisissent d’y venir apprendre leur métier, on serait tenté de parler de Maurice comme référence. Il serait donc, dans certains cas, difficiles de défendre la plus-value d’étudier à l’étranger.
Horizons exotiques
Il y aurait plus de 1 000 étudiants en Chine, selon Dorish Chitson de L’Overseas Education Centre (OVEC). Et les cours, comme la médecine à la Jinan University du Canton, sont dispensés en Chinois. Une occasion donc de faire d’une pierre deux coups : apprendre le mandarin ou le cantonais tout en étudiant sa filière. Notons la tendance. Les Mauriciens s’intéressent aux nouvelles sphères de connaissances : opportunités tant culturelles qu’économiques. « Une année d’études à Jinan, par exemple, coûte Rs 200 000 par an », précise Dorish Chitson.
Et d’autres universités, plus exotiques encore, sont présentes à la Career Expo. Notamment de l’Inde, avec le Poornima College of Engineering, ou encore du Pakistan, avec le COMSATS Institute of Information Technology (« numéro six au Pakistan », selon son représentant, Fayyaz Hussain).
Séduisante Australie
Plusieurs lauréats des récents examens de la HSC ne cachent pas leur ambition d’aller étudier en Australie. D’ailleurs, ce pays est le plus représenté avec l’Angleterre à l’expo. Cependant, rien de nouveau par rapport aux précédentes éditions. Alors la question se pose : pourquoi cette destination séduit-elle toujours ? Christine Faugoo, country director de l’IDP (student placement Australia & UK), apporte un élément de réponse : « Le student visa inclut, depuis peu, de travailler deux ans en Australie après l’obtention du degré… Une façon de sanctionner ses années académiques par une expérience dans un milieu international. L’Australie est très accueillante à ce niveau. » Et quand on connaît le nombre de Mauriciens désirant y rejoindre la diaspora déjà présente, on comprend mieux la file indienne devant certains stands.
Certaines réserves doivent malgré tout être émises. Si certaines universités offrent la possibilité d’entrer en summer intake comme en winter intake, il n’est pas sûr que tous les sujets soient disponibles en hiver. Certains agencements de time-table viennent parfois perturber les premiers mois en faculté. Aussi, il convient de bien se renseigner quant à l’accréditation des universités afin de mesurer correctement l’axe de qualité. La référence en Australie, à titre d’exemple, est le Group of Eight. Consulter le Time Higher Education Ranking peut être révélateur.