Le pays compte depuis peu une nouvelle institution de formation en médecine, le Anna Medical College and Research Centre, qui a obtenu en février dernier sa licence d’opération de la Tertiary Education Commission (TEC). Affiliée à la University of Technology Mauritius, elle offrira des cours menant au diplôme de MBBS (Bachelor of Medicine/Bachelor of Surgery). L’admission des candidats est en cours et un premier groupe de 56 étudiants devrait débuter la formation dès le 19 mars.
Le Anna Medical College and Research Centre (AMCRC) a pour promoteurs des ressortissants indiens, dont principalement le Dr Annamalay Vaidhilingam, Orthopaedic Surgeon au Sree Lakshmi Narayana Institute of Medical Sciences de Pondichery, et Anoop Johri. Ils sont respectivement Managing Director et Joint Managing Director de la compagnie Chitkara Global Education Ltd. Les négociations, débutées en 2008 avec la TEC, l’UTM et le ministère de la Santé, ont duré trois ans avant d’aboutir. « Il était primordial de s’assurer que la nouvelle institution offre une formation de qualité en conformité avec ses ambitions de recruter des étudiants au niveau international », déclare au Mauricien Dharam Fokeer, directeur de l’UTM. Interrogé sur la pertinence d’ouvrir une énième école de médecine alors que Maurice comptera quelque 3 000 médecins d’ici à 2018, M. Fokeer souligne la nécessité d’amener les Mauriciens, dont les jeunes médecins, à « changer leur mindset et à explorer les vastes possibilités d’emploi et de mobilité qu’offrent le continent africain et la région. » Maurice, de par ses restrictions géographiques est condamnée, dit-il, à voir au-delà de ses frontières. « La mise en place de l’AMCRC s’inscrit dans le cadre de la promotion du Knowledge Hub comme pilier économique, avec pour objectif d’atteindre cette année le chiffre fixé de 5 000 étudiants étrangers », ajoute le directeur de l’UTM en citant l’exemple singapourien, dont les institutions tertiaires accueillent 90 000 étudiants étrangers toutes disciplines confondues.
Les promoteurs indiens de la nouvelle école de médecine déclarent, de leur côté, prendre avantage du tremplin qu’offre Maurice en tant que pays membre de la SADC et du Comesa pour atteindre d’une part des aspirants étudiants de cette partie du continent africain, et pour d’autre part, recruter dans les pays voisins du bassin de l’océan Indien. Des représentants de l’UTM se trouvent actuellement en Afrique de l’Est au sein d’une délégation d’Enterprise Mauritius en vue d’une campagne d’information en Tanzanie, Kenya et en Ouganda. Outre des demandes d’admission de Mauriciens, des inscriptions sont attendues d’Afrique du Sud, du Népal, de l’Inde, du Sri Lanka, des Maldives, du Bangladesh, du Boutan, de Singapour, d’Australie, de la Nouvelle Zélande et du Moyen-Orient, entre autres pays et régions ayant fait l’objet d’une campagne de marketing.
L’institution envisage par ailleurs de débuter des Postgraduate Programs et une School of Nursing and Allied Health Programs vers la fin de 2012. Deux exercices d’admission auront lieu chaque année, le premier en février et le second en août. Exceptionnellement, cette première année débute en mars, le collège ne pouvant démarrer les cours sans l’aval de la TEC. Le “final approval” été obtenu en février dernier. L’école de médecine sera rattachée à l’hôpital de Flacq pour le Clinical Practice des étudiants. Les formations en MBBS seront dispensées par des chargés de cours issus « from the cream of talent available in India and Mauritius », indique la direction de l’institution.
Le Anna Medical College & Research Centre est situé à Solitude. Les travaux d’infrastructures ont débuté en janvier 2011 et se sont poursuivis durant une année en attendant l’aval des autorités mauriciennes concernées. Outre les salles de cours, les laboratoires, une bibliothèque et un centre multimédias modernes, le campus dispose d’une cantine, entre autres facilités. Selon les promoteurs, le Anna Medical College & Research Centre « is under the process of getting listed in the directories of international organizations », dont ceux de l’Organisation Mondiale de la Santé.