L’oiseau, qui a échappé à des analyses scientifiques pendant des siècles, est actuellement examiné avec soin par le scientifique américain Leon Claessens, utilisant les toutes dernières nouvelles technologies.
A un moment, assimilés aux créatures de la mythologie, le Dodo est aujourd’hui une icône de l’extinction des espèces et le symbole ultime de la tragédie de la destruction biologique causée par la cupidité humaine.
Le squelette de Dodo de Durban a été acheté de Maurice en 1919 par le conservateur du musée de l’époque et transporté en Afrique du Sud. Il est l’un des plus complets et les mieux conservés au monde.
Il est aussi l’un des deux qui ont été préparés par le chercheur mauricien Etienne Thirioux au début du siècle dernier. L’autre est exposé dans le musée principal de Port-Louis à Maurice. Les deux squelettes ont été trouvés dans une grotte et sont relativement récents à l’origine, ce qui explique leur excellente conservation et leur exhaustivité.
Au cours des deux prochaines semaines, Claessens utilisera un scanner de surface laser 3D afin d’examiner le squelette.Ce scanner est composé d’une caméra à haute résolution et d’un laser, qui sont parfaitement réglés l’un à l’autre.Quand le laser brille sur une partie du squelette, l’appareil photographie cette partie, ramenant l’ensemble à un millionième de mètre. « Le squelette entier sera numérisé comme cela », a déclaré Claessens.
Une fois les scans complétés, de nouvelles études  peuvent être effectuées sur l’oiseau disparu. A l’aide de logiciels informatiques, on peut reconstituer les muscles sur les os, ce qui peut montrer comment les membres du Dodo s’articulaient.
Le Dodo, qui était étroitement lié à une espèce proche du pigeon, était un grand oiseau se déplaçant uniquement en courant. Il vivait uniquement à Maurice. Il ne faisait pas plus d’un mètre de haut et pesait moins de 20kg. « Les premiers humains enregistrés sur l’île sont arrivés en 1598″, a déclaré Claessens. »À l’époque, le concept d’extinction n’existait pas et les gens pensaient que ces animaux étaient une ressource illimitée. »
La chasse, l’abattage des forêts par les colons et la prédation des oeufs et des poussins du Dodo par les porcs, singes, chiens, chats et rats introduits sur l’île par les colons ont contribué à sceller le sort de cet oiseau.
Presque 200 ans après la disparition de l’oiseau de grande taille, les scientifiques ont trouvé un marais de l’île rempli d’ossements de Dodo, mais un squelette complet n’a jamais été retrouvé. Ces ossements ont été recueillis jusqu’en 1930 quand le marais a été comblé pour éviter la propagation du paludisme. L’aéroport de Plaisance a été érigé en ce lieu.
Claessens, qui a été à Durban pour une semaine, a confirmé que le squelette de Durban est différent de ceux trouvés dans le marais, qui ont été assemblés à partir de nombreux oiseaux. « Je suis convaincu que ce squelette, comme celui de Maurice, vient d’un Dodo unique, ce qui en fait l’un des deux premiers exemplaires dans le monde.Il y a tellement de choses que nous ne savons pas. Ce que font les animaux et comment ils vivent », a déclaré Claessens. « Le Dodo a été oublié au fil du temps, mais cette étude nous permettra de répondre aux questions qui ne pouvaient pas être résolues avant. C’est quelque chose de fantastique et le potentiel pour le public d’en savoir plus sur ce spécimen est inestimable. »