Photo illustration - Les handisportifs poursuivent leur préparation en vue des JIOI 2019

Pourquoi les handisportifs préparant les 10e Jeux des Iles de l’océan Indien de 2019 à Maurice (19 au 28 juillet) n’ont-ils pas été considérés par le Comité olympique mauricien (COM) ? C’est la question que se pose le président de la Mentally Handicapped Persons Sports Federation (MHPSF), Jean-Marie Malépa, après que le COM a officiellement lancé sa campagne de soutien à l’intention des potentiels médaillés d’or, le 12 septembre dernier, à Trianon. Pour rappel, les athlètes retenus perçoivent chacun une allocation de Rs 5 000 mensuellement depuis le 1er juillet dernier et ce, jusqu’au 30 juin 2019.

Dans un courriel en date du 14 mai dernier d’ailleurs, il est demandé à la MHPSF de faire parvenir au COM une liste de ses « best athletes » dans le cadre de sa préparation en vue des JIOI 2019. Il est même indiqué que le COM : « has decided to allocate a monthly financial assistance to the best athletes coming from your federation. »

Blessant pour les handisportifs

Deux jours après, une liste est envoyée au COM parmi laquelle figure, Ashley Telvave et Denovan Rabaye, deux athlètes de haut niveau présents chaque année lors des compétitions mondiales. « Nous avons fait parvenir cette liste dans le sens où tous ces athlètes ont le potentiel pour être médaillés d’or à ces Jeux. Notre objectif est de viser les huit médailles d’or en athlétisme et deux autres en natation », a fait remarquer Jean-Marie Malépa.

Ce dernier s’est dit toutefois déçu après avoir pris connaissance d’une première liste de 27 bénéficiaires, officialisée après une cérémonie tenue le 12 septembre dernier au siège du COM à Trianon, en présence du ministre de la Jeunesse et des Sports, Stephan Toussaint. « Si le COM ne nous avait pas contacté, nous aurions compris étant donné que nous faisons partie du mouvement paralympique. Mais le fait même qu’on nous ait demandé de soumettre une liste et que par la suite, elle n’a même pas été prise en considération, est blessant à l’égard de nos athlètes », fait-il remarquer.

Ce qui révolte encore plus Jean-Marie Malépa, c’est que le COM n’a même pas pris la peine de répondre à sa fédération pour faire part du rejet de leur liste de bénéficiaires.
« Je précise que nous ne sommes pas des jaloux. Bien au contraire, nous sommes heureux pour ceux qui ont été retenus et nous les félicitons. Mais ce qui nous agace, c’est la façon dont les handsiportifs ont été traités par le COM », indique-t-il.

Ce dernier dit d’ailleurs ne pas comprendre selon quel critère le COM a procédé à sa sélection. « Nous nous attendions à voir au moins deux de nos athlètes profiter de ce soutien. Malheureusement, il n’en a rien été. Je ne parle pas seulement pour ma fédération, mais aussi pour les autres handisportifs présélectionnés. Est-ce à dire que Noemi Alphonse ne fera pas honneur au pays lors de ces Jeux ? Sincèrement, je suis très déçu, quand je pense que cette dernière a même battu un record d’Afrique récemment », fait-il ressortir.

Deux catégories de sportifs ?

Jean-Marie Malépa pousse même la réflexion plus loin : « Est-ce à dire qu’il existe deux catégories de sportifs à Maurice, alors que toutes les médailles obtenues aux JIOI sont comptabilisées dans un seul et même classement au décompte final ? » Il précise d’ailleurs que lors des JIOI de 2015 à La Réunion, le handisport mauricien avait largement contribué à la meilleure des récoltes du pays aux JIOI. « Il semblerait malheureusement que certains ont la mémoire courte », souligne-t-il avec amertume.

Pour conclure, le président de la MHPSF estime que le COM gagnerait à se montrer beaucoup plus professionnel dans son approche à l’avenir, notamment lorsqu’il s’agit de soutien aux athlètes. « Je le précise, une fois encore : si le COM ne nous avait pas contacté, nous n’aurions rien trouvé à dire. Mais le fait même de nous lancer une invitation et de ne pas considérer par la suite, un seul de nos athlètes est un manque flagrant de considération, pour ne pas dire un cas de discrimination. Car il faut que certains comprennent que la préparation d’un handisportif, de surcroît celui souffrant d’une déficience intellectuelle, requiert deux fois plus d’effort, qu’un
athlète valide »
, déclare-t-il.

JEAN MICHEL CHELVAN