La réunion du Conseil International des Jeux (Cij) prévue demain et jeudi à l’hôtel Gold Crest à Quatre-Bornes s’annonce cruciale à plus d’un titre. En premier lieu, elle permettra définitivement de confirmer le pays qui organisera la prochaine édition des Jeux des îles en 2019. De plus, les membres présents éliront le prochain président de cet organisme du fait que l’actuel titulaire, Philippe Hao Thyn Voon, devra laisser la place car Maurice abritera selon toute vraisemblance la prochaine édition des JIOI.
Depuis l’attribution de l’organisation à Maurice le 20 octobre dernier, les Comores n’ont cessé d’effectuer une certaine pression. Tout d’abord à travers son comité olympique, puis par le truchement de son gouvernement. Mettant en avant le fait que les travaux au niveau des infrastructures ont démarré, notamment au complexe sportif de Maluzini et l’aide accordée par la Chine pour la construction du stade.
Qui plus est, les Comores n’ont jusqu’ici pas rendu le drapeau des Jeux qu’ils avaient obtenu lors de la cérémonie de clôture de la 9e édition à l’île de La Réunion. Elles n’ont sans doute pas encore digéré le fait que cette 10e édition qui leur a été attribuée dans un premier temps, soit en août de l’année dernière, a été confiée à Maurice deux mois plus tard, leur dossier concernant l’organisation de l’édition de 2019 n’ayant pas été convaincant.
Cette pression des Comores s’est surtout manifestée avec ce désir d’inclure un autre item à l’agenda, soit l’attribution de la 10e édition. Si le Cij n’a pas bronché, il n’en demeure pas moins que Houmedi Msaidié, ministre comorien de l’Intérieur, a haussé le ton. « Nous nous rendrons à Maurice pour récupérer nos Jeux, car l’édition 2019 est la nôtre. Nous ne dirons jamais assez que nous sommes prêts à relever le défi. Le 20 octobre à La Réunion, c’était une réunion. Les 18 et 19 février à Maurice, ce sera une autre. »
Devant cette prise de position, Philippe Hao Thyn Voon demeure conscient qu’il « y a du pain sur la planche. » D’ailleurs, quelques représentants comoriens sont sur place depuis hier, prêts à jouer leur dernière carte. L’actuel président du Cij n’affiche toutefois pas une sérénité absolue.
« Il existe beaucoup de tractations. Même si au niveau de notre organisme, nous avons décidé de ne pas revenir en arrière, il n’empêche que je crains que le sujet ne soit politisé. La pression politique n’est pas à écarter. » Dans cette optique, Madagascar aurait-elle changé de bord, si on tient en considération qu’Ibrahim Ben Ali, président du comité olympique comorien, a transité par la Grande île avant de se retrouver à Maurice cet après-midi ?
L’autre sujet d’actualité au cours de cette réunion sera donc l’élection du nouveau président du Cij qui se déroulera en cours de matinée demain. Si le Réunionnais Jean-François Beaulieu ne sera pas de la course, son compatriote Thierry Grimaud devrait briguer la présidence, au même titre que le Seychellois Antonio Gopal. Ce dernier a déjà occupé ce poste, tandis que Thierry Grimaud avait agi comme président du comité organisateur lors de la dernière édition des JIOI.
Au bout du compte, l’agenda comprendra une vingtaine d’items, parmi lesquels il faudra noter la présentation du comité organisateur des JIOI de 2019 et les disciplines proposées pour cette échéance.