Les Comores comme on le sait ne désespèrent pas dans sa démarche pour changer la position du Conseil International des Jeux (CIJ) afin que l’organisation des 10es Jeux des Iles leur soit, à nouveau, confiée. C’est le moins que l’on puisse dire après la tournée qu’a entreprise l’envoyé spécial du président de l’Union des Comores dans les îles de l’Océan Indien. Hamada Madi Boléro, qui est aussi le Chef de Cabinet de Ikillilou Dhoinine, était à Maurice à la fin de la semaine écoulée dans l’espoir de rencontrer le Premier ministre mauricien, sir Aneerood Jugnauth. Cependant, le Comorien, venu à Maurice, après Madagascar, pour assurer le bien- fondé de son pays pour l’organisation des 10es JIOI, n’a pu rencontrer le Premier ministre, du fait que ce dernier venait de rentrer d’un voyage officiel en Inde. Madi Boléro a dû se contenter du vice-Premier ministre Xavier Luc-Duval et une rencontre avec le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden
Qu’est venu faire exactement Hamada Madi Boléro à Maurice? Une question que personne ne veut ou ne peut répondre pour l’heure. On sait selon la presse comorienne que le directeur du cabinet du président de l’Union des Comores a été investi pour mission de venir convaincre les politiques des pays membres du CIJ de la non légitimité de la décision prise à La Réunion le 25 octobre dernier. Le bureau de l’attaché de presse de Xavier Luc Duval a été très peu loquace sur cette rencontre Boléro-Duval. Bien qu’avec Sawmynaden, l’entourage de ce dernier laisse comprendre que «ce fut une réunion intéressante.»
Reste la question de savoir que peut bien changer cette tournée de Hamada Madi Boléro sur la décision du CIJ d’avoir accordé les Jeux à Maurice? Avant de répondre à cette question, il faut d’abord savoir que les Jeux des Iles appartiennent au CIJ qui a tout pouvoir de décision sur le choix du pays qui accueille ces mêmes Jeux. Dans le cas présent, le CIJ a pris la décision de confier à Maurice la charge de l’organisation des 10es JIOI en vertu des dispositions de la Charte des Jeux.
Dans ce contexte, les politiques n’ont pas le droit ni  d’intervenir ni à la parole dans ce type de décision qui n’appartient qu’aux 7 membres du CIJ, puisque Mayotte étant un membre sans pouvoir de vote. Pour pouvoir changer cette décision, il faut d’abord que le gouvernement de Maurice, à travers son ministre des Sports, informe le CIJ qu’elle ne serait pas en mesure d’organiser les 10es Jeux pour que cette décision soit inversée. Or cela ne risque pas d’y arriver et sans aucun doute Maurice ne bougera pas d’un iota. Même Paul Bérenger, connu pour être un farouche défenseur de la coopération régionale, mais que Hamada Madi Boléro n’a pas rencontré durant son séjour mauricien,  n’a pas critiqué dans le fond le choix du CIJ d’accorder les 10es Jeux à Maurice. Par contre, le leader de l’Opposition s’est beaucoup appesanti sur la nécessité d’une action concrète inter-iles pour assurer la participation des Comores aux Jeux de 2019.
Somme toute pour les Comores, il faut songer aux JIOI de 2023 et comme pour l’attribution de la Coupe du Monde et les Jeux Olympiques envisager une préparation sur huit ans.