Pour ses tous premiers Jeux en 2015 à La Réunion, Priscilla Morand avait surpris plus d’un, en s’offrant deux médailles d’or. D’abord en individuel, chez les moins de 48 kg, puis dans la compétition par équipe féminine. Elle avait alors remplacé, au pied levé, Christiane Legentil, blessée, chez les moins de 52 kg. Cinq ans après, elle ne jure désormais que par l’or. La Suissesse se faisant même un devoir de briller devant sa famille, plus particulièrement sa maman, Poospavadee.

Elle avait à peine 20 ans ans, lorsqu’elle avait décidé de combattre sous les couleurs mauriciennes. C’était en 2014, alors que jusque-là, elle avait toujours porté les couleurs de la patrie de son père, Charles. «Cela n’a pas été une décision facile à prendre, d’autant que jusqu’en junior, j’ai toujours défendu les couleurs suisses. Nous en avons beaucoup discuté avec ma famille, mais aussi avec mes entraîneurs. Au final, cela a été une décision mûrement réfléchie et je ne regrette à aucun moment d’avoir pris ce choix», explique Priscilla Morand.

Les contacts, fait-elle remarquer, avaient été établis à la suite de ses nombreuses vacances à Maurice. «Mon oncle, Indrassen, était conscient de mes qualités et il m’a présenté à Joseph Mounawah. J’ai été en quelques occasions au dojo de Grande Rivière et c’est de là que tout est parti.» Une année après avoir pris la décision de rejoindre la sélection mauricienne, Priscilla Morand, fait mouche avec les deux médailles d’or, ajoutées à l’escarcelle mauricienne, contribuant ainsi au record de médailles d’or, soit 66. L’ancien record de 56 médailles des Jeux de 2003, était alors tombé et Priscilla Morand y avait contribué.

JIOI de 2015, un moment fort

Quatre ans après, elle se remémore toujours de ce moment particulier à La Réunion. Ces encouragements, le combat et surtout, le fait d’entendre le «Motherland»  retentir à l’heure de la remise des médailles… «Auparavant, je ne savais pas trop comment c’était les JIOI. Mais lorsqu’on y a goûté, on veut y être encore et encore. C’était magique. Du jamais vu. J’ai adoré et c’est sûr que cela restera, comme un des moments forts de ma jeune carrière», souligne-t-elle.

Cette année encore, Priscilla Morand a mis tous les atouts de son côté pour que Maurice puisse enfin atteindre la première place au classement général. D’abord, elle peut compter sur ses deux entraîneurs de toujours, nommément Laurent Pellet et Gabriel Burger. Celui-ci l’accompagne lors de ses voyages à l’étranger. «Je les connais depuis que j’ai cinq ans et je peux dire que l’amitié qui nous lie est très forte. C’est d’ailleurs grâce à eux que j’ai autant progressé. Je leur serai toujours très reconnaissante», explique-t-elle.

Priscilla Morand a aussi une pensée spéciale pour ses parents, Charles et Poospavadee, et son frère Michaël, celui qui l’a fait découvrir et prendre goût au judo. «Mes parents ont toujours voulu que je fasse du sport et le fait que mon frère, était déjà un judoka, a motivé ce choix. 20 ans après, je ne regrette pas ce choix. C’est une discipline qui m’a tout de suite accroché et je remercie mes parents et mon frère de m’avoir soutenu pendant toutes ces années», avance-t-elle.

Boulot et l’entraînement: le juste milieu

Désormais, la judokate fait tout pour demeurer au plus haut niveau, elle qui a été, par le passé, deux fois cinquième, lors des Championnats d’Europe juniors, avec la Suisse. Elle a d’ailleurs trouvé le juste milieu entre sa carrière professionnelle à la Poste Suisse et ses entraînements. Elle nous confiera d’ailleurs que c’est grâce à la compréhension de son employeur qu’elle peut se préparer en toute sérénité, aux différentes échéances. «J’ai un emploi d’un temps très flexible puisque je ne travaille qu’à 40%. Des fois je bosse le matin et parfois, l’après-midi. Il arrive aussi que je suis à la poste, pendant une journée. Je suis très reconnaissante envers mon employeur, puisque je n’ai pas de souci pour me déplacer à l’étranger», explique-t-elle.

Pour ce qui est de sa préparation, Priscilla Morand  travaille au club de Morges, à la raison de cinq fois par semaine. «Je suis soumise à deux séances quotidiennes d’une heure et demie. Tout se déroule selon les prévisions et je suis satisfaite de mes progrès. » Troisième à la European Cup en Croatie, avant le mettre le cap sur les Championnats d’Afrique, la judokate a ensuite décroché la médaille de bronze, lors de cette dernière compétition, tenue il y a une semaine en Afrique du Sud. Elle a d’ailleurs été la seule de la sélection mauricienne à monter sur le podium. «Je dis merci à la fédération de m’avoir permis de m’exprimer depuis le temps que j’ai opté pour la nationalité mauricienne. Merci aussi à tous ceux qui ont été là pour moi, mes parents, mes entraîneurs, mes amis et le club de Morges qui n’a cessé de me soutenir, en dépit du fait que je ne défends plus les couleurs de la Suisse», conclut-elle.

  Mon message aux Mauriciens 

«Je souhaite que ce soit les meilleurs Jeux, auxquels Maurice ait participé et qu’on les remportent. Je suis prête à défendre les couleurs du pays. Je serai heureuse, de voir la nation nous soutenir à travers des chants et des danses. Ce sera la grande fête et je suis toute fière d’y participer. Toute ma famille sera là et je ferai de mon mieux pour honorer la confiance, placée en moi.»