L’absence de la Commission de l’océan Indien (COI) lors d’un atelier axé sur la coopération régionale, tenu ce vendredi 15 à l’hôtel Intercontinental de Balaclava a suscité des remous au sein du comité organisateur du colloque VIH océan Indien. En effet, les membres de l’organisation de cet événement annuel, dont la COI est « un partenaire officiel », étaient « très remontés envers le manque total d’égard et l’indélicatesse dont a fait preuve la COI ! » Pour Nicolas Ritter, activiste, directeur de PILS et membre du réseau régional Ravane OI, « cette absence injustifiée est surtout, et j’espère que je me trompe, un très mauvais signal de la part de la COI, qui semble ainsi indiquer que le sida n’est pas important aux yeux de cet organisme ! »
La consternation et l’incompréhension : c’est en ces termes que Marie-Laure Veyrat, représentante de Ravane océan Indien décrit le sentiment partagé par « la trentaine de personnes, dont des médecins référents, membres du secteur privé — éventuels bailleurs de fond — et de la société civile, patients, ainsi que des représentants des gouvernements, qui étaient présentes, ce matin, et qui ont attendu, plus d’une heure durant, alors que devait se tenir l’atelier sur la coopération régionale ! » Au bout d’un peu plus d’une heure, continue Mme Veyrat, « ayant compris qu’aucun représentant de la COI ne viendrait, nous avons décidé de prendre la parole et de passer un message clair et concis ! »
Ce message, poursuit Marie-Laure Veyrat, « c’est notre indignation qu’aucun membre de la COI ait daigné être présent à cet atelier, prévu depuis plusieurs mois, puisque le programme du colloque a été avalisé avec les partenaires directs depuis bien longtemps, et que nous n’ayions eu aucun justificatif pour cette absence ! » Alors que le thème retenu, cette année, pour le colloque, était « Redynamisons la riposte », avec comme toile de fond, le manque de financement avec l’arrêt du projet AIRIS/Sida, soutenu justement par la COI, l’absence de cet organisme a inévitablement jeté un froid et l’indignation totale.
Une indignation que partage aussi Nicolas Ritter, directeur de PILS et membre également de Ravane OI : « c’est un impair impardonnable ! Cela fait des mois que le programme officiel du colloque a été approuvé et la COI n’est pas en mesure de venir dire qu’elle n’était pas au courant de la tenue de cet atelier ! » Pire, avance notre interlocuteur : « Si au moins une raison officielle avait été avancée… Mais au lieu de cela, nous sommes restés, tous les participants de l’atelier sur la coopération régionale et les organisateurs, à attendre alors que personne n’a daigné ni nous téléphoner ni nous aviser de quelque manière que ce soit que personne de la COI ne viendrait, et encore moins, pourquoi ! »
Les deux activistes continuent : « il y a, comme tout le monde le sait, un problème de fonds. La COI est un partenaire officiel du colloque depuis des années et c’est grâce à eux que certains représentants de certaines îles peuvent participer à cet événement ô combien important pour l’avancement de notre lutte commune. » Lors de l’ouverture du colloque, mercredi, Nicolas Ritter devait, d’ailleurs, dans son allocution, souligner le fait que « il a fallu de peu pour que ce colloque n’ait pas lieu… Mais des fonds ont heureusement pu être débloqués, à temps. » Or, continuent nos interlocuteurs, « s’il y a un problème, il faut que la COI communique avec nous ! En gardant le silence et en s’absentant, c’est un impair diplomatique qui a été provoqué ! Parce qu’il ne s’agit pas que des représentants d’une île, mais de toutes les îles de la région ! Ce manque d’égard est un manque de respect envers toutes les îles. Et de la part de la COI, c’est très inélégant ! »
Nicolas Ritter ajoute, par ailleurs, que « cet incident est un très mauvais signal de la part de la COI ! Et, en espérant que je me trompe, l’absence de la COI vient prouver que pour elle, le sida n’est pas une maladie importante et que ses malades n’ont aucune importance. Nous sommes tout à fait d’accord que la COI a beaucoup d’autres priorités et que le sida n’est peut-être pas la plus importante. Cependant, en toute humanité et par décence, nous nous attendions à sa participation, à nos côtés, dans cette lutte, par le biais d’au moins un représentant de l’organisme à cet atelier où il devait être question, justement, d’identifier des moyens pour soutenir les actions prochaines en matière de lutte contre le sida dans la région. C’est une occasion ratée, très triste pour la COI. »
L’année prochaine, le colloque VIH & Sida OI se tiendra à l’île de la Réunion.