La bataille des ex-employés de l’AHPI prend de nouvelles proportions. Non seulement le mouvement de grève entamé le 1er mai se poursuit sur une base de rotation avec trois nouvelles grévistes qui rejoindront le groupe cet après-midi au Jardin de la Compagnie mais également avec le soutien des syndicalistes regroupés au sein du Comité de Soutien aux Travailleurs du Foyer Namasté.
Lors de la veillée de mardi dernier, les syndicalistes présents ont pris note des revendications et de la situation des grévistes de la faim, ex-employés de l’Association d’Hébergement pour les Personnes Inadaptées (AHPI), également connu comme le Foyer Namasté. Les rencontrant une nouvelle fois samedi soir au Jardin de la Compagnie sur la Place des Droits de l’homme, ces derniers, rejoignant les membres du Comité de Soutien aux Travailleurs du Foyer Namasté, ont décidé d’apporter leur appui à cet acte protestataire. Dans une lettre envoyée aujourd’hui au Premier ministre Navin Ramgoolam, ils expliquent la raison de l’unification des syndicalistes et travailleurs sociaux pour cette cause. « It must be very difficult for these workers, mostly women, to be without a job du jour au lendemain and without any avenue of having their case being heard before competent authorities », expliquent-ils. C’est pourquoi ils réclament une rencontre avec le PM afin de faire part des doléances des grévistes et trouver une solution à cette situation.
Rappelons que les ex-employés de l’Association d’Hébergement pour les Personnes Inadaptées (AHPI) en sont à leur treizième jour de grève de la faim. Toutefois, cet acte se poursuit désormais sur une « base rotative », la grève de la faim étant observée à tour de rôle. Le groupe de onze grévistes du départ est désormais réduit à sept, selon Georges Ah-Yan, porte-parole des grévistes et membre du Forum Citoyens Libres (FCL). « Trois ex-employées devront se joindre au mouvement cet après-midi », assure-t-il. Mais Le Mauricien, présent au Jardin de la Compagnie ce matin, a constaté la présence de seulement trois personnes au kiosque du Jardin. L’entrée, bloquée par un barrage en bois, ne permettait pas l’accès aux grévistes. Interrogées, deux femmes qui ont participé à la grève de la faim, assises à côté du kiosque, devaient refuser de faire des commentaires. Questionnée sur le nombre de personnes présentes ce matin, l’une d’entre elle a tout simplement rétorqué : « Nou pa kapav reponn ou. Ou bizin get port-parol. »
Georges Ah-Yan maintient pour sa part ses revendications concernant la réouverture des quatre centres de l’AHPI jusqu’à la fin de l’enquête policière sur des allégations d’abus sexuels. Pour lui, cela représente l’unique solution pour décanter la situation. Répondant à Mireille Martin, la ministre du Développement de l’Enfant, qui rejette la responsabilité de son ministère sur la situation des 52 ex-employés de l’AHPI, il la somme de le poursuivre en diffamation. « Si j’induis réellement le public en erreur, que la ministre aille de l’avant et fasse une déclaration à la police », lance-t-il. Selon notre interlocuteur, le permis de Place of safety octroyé aux centres est primordial afin qu’ils puissent opérer en toute légalité. « Si ti bizin tir permi, ti bizin fer li letan lanket fini », insiste-t-il.