?Trois adolescentes qui disparaissent d’un dortoir, en robe de chambre. L’histoire est peu banale. C’est pourtant ce qui s’est produit au dortoir du Centre d’Education et de Développement pour les Enfants Mauriciens (CEDEM), sis à Beetun Lane, Floréal, le 14 août dernier. Vingt-et-un jours se sont écoulés depuis sans que ces trois filles n’ont pas donné de signe de vie. Une enquête policière serrée a été placée sous la supervision de l’assistant surintendant Pèdre, de la Central Division.
Selon les indications recueillies par Week-End autour de cette étrange affaire, une des directrices du CEDEM a consigné une déposition y relative au poste de police de Floréal quelques heures après que la disparition des filles a été constatée. Selon sa version des faits, c’est aux alentours de 4h du matin que leur absence du dortoir a été remarquée. Les trois filles sont: Priscilla Begué, 15 ans, de teint brun, cheveux noirs et de mince corpulence, mesurant 1m50 ; Charlène Delphine, 16 ans, de teint brun, cheveux noirs, bien bâtie et mesurant 1m65 et Anoushka Utile, 15 ans, de teint clair, cheveux noirs, bien bâtie et mesurant 1m60. La dernière fois qu’elles avaient été aperçues au dortoir, elles portaient toutes trois des robes de chambre, dont les couleurs n’ont pu être communiquées à la police.
Depuis, les recherches policières se sont avérées vaines, en dépit d’innombrables tentatives. Selon certaines sources policières proches du dossier, il n’est pas à écarter que les adolescentes en question ont bénéficié de complicité d’externe. De fortes appréhensions existent à l’effet qu’elles ont été aidées « par de mauvaises personnes ».
Les enquêteurs comptent beaucoup sur l’aide du public pour retrouver les filles. « Toute information qui pourrait nous permettre de retrouver ces filles est la bienvenue. Nous lançons un pressant appel au public afin de nous aider. Leur vie est peut-être en danger », indiquait-on, hier, à ce propos, aux Casernes centrales.
Cette triple fugue vient malheureusement discréditer l’excellent travail accompli par le CEDEM, qui est une des principales ONG du pays en matière de protection, du développement et du respect des droits de l’enfant. Des questions restent posées quant aux circonstances de cette triple disparition, des moyens utilisés par les adolescentes pour sortir de leur dortoir à l’insu de tout le monde et quant aux dispositions existantes sur place afin de prévenir ce genre de mésaventure.
Depuis sa fondation, en 1984, le CEDEM oeuvre d’arrache-pied afin d’améliorer le sort des enfants les plus démunis du pays. Le centre dispose aussi d’un service d’éducation destiné aux enfants normaux et handicapés en bas âge, d’une école primaire et d’un collège spécialisés, d’un service-conseil destiné aux familles, d’une unité d’animation, d’une unité de publication de contes pour enfants, d’un projet de développement communautaire dans des quartiers défavorisés, d’un programme de formation à l’intention des parents, ainsi que de deux maisons d’enfants. Les enfants et adolescents pris en charge par le CEDEM sont âgés entre 3 et 20 ans.
Week-End n’a pas été en mesure d’obtenir le commentaire d’un responsable du CEDEM au sujet de cette triple disparition.