Marie Maunick a offert 166 fauteuils roulants aux enfants autrement capables de Maurice et de Rodrigues. Un don rendu possible grâce au soutien du Rotary Club de Scarborough, de l’usine de Wheelchair for Kids en Australie et de ses amis. Ensemble, ils ont créé Oziles, une association qui vient en aide aux plus vulnérables.

“Je veux apporter mon aide aux enfants grabataires pour qu’on puisse les tirer de leurs lits et les mettre dans des fauteuils”, confie Marie Maunick à Scope. Elle a offert 166 fauteuils roulants aux enfants handicapés de Maurice et de Rodrigues. Des chaises comprenant des supports pour la tête, le cou, les épaules et le torse pour des enfants qui sont atteints de paralysie cérébrale, de spina-bifida, une malformation liée à un défaut de fermeture du tube neural et de dystrophie musculaire. Elles sont faites spécialement pour le confort des enfants.

“J’ai constaté qu’il y avait une demande pour les enfants handicapés. J’ai essayé de monter un projet pour les venir en aide.” Marie Maunick, 73 ans, décide de prendre les devants pour aider les enfants handicapés dans leur vie quotidienne, d’autant que les initiatives dans ce domaine sont plutôt rares. “Je viens d’une famille où j’ai appris à donner au lieu de prendre. Mes parents, mes frères, mes sœurs et moi étions tous dans le social. Ma famille a beaucoup lutté dans les années 50 et 60 pour pouvoir faire du chemin”, confie la sœur d’Edouard Maunick.

Quatre ans pour le projet.

Ce projet a vu le jour grâce au soutien de ses amis. “Nous sommes tous sur la même longueur d’onde. Nous voulons aider les autres et ne pas en tirer une gloire personnelle.” Ensemble, ils ont créé une association, Oziles. “Oz est le diminutif de l’Australie et “îles” fait référence aux petites îles comme Maurice et Rodrigues.” La bénévole travaille avec cinq ONG à Maurice : APEIM, APRIM, Global Rainbow Foundation, Muscular Dystrophy Association et Epilepsy Group. “Je suis entrée en contact avec les responsables des ONG et leur ai expliqué mon projet. Ils se sont montrés très intéressés. Le centre de lupus à Port-Louis nous a aussi contactés.” Avec son équipe, elle travaille également avec The Air Mauritius Foundation. “La fondation a offert un billet à une physiothérapeute.” Cette dernière sera à Maurice cette semaine pour montrer aux physiothérapeutes mauriciens et aides-soignants des ONG comment assembler, maintenir les fauteuils roulants et comment éduquer l’enfant à l’utiliser.

“J’ai nagé à contre-courant malgré le fait que je ne sais pas nager. Je suis venue pour présenter mon idée au département de la santé et aussi pour voir les ministres. Ils m’ont tous dit non. Je leur ai dit qu’en Australie, beaucoup de personnes me font confiance.” Marie Maunick a rencontré beaucoup de difficultés avant de pouvoir réaliser son projet. Il lui a fallu quatre ans. Mais face aux obstacles, elle ne s’est pas découragée. “Cela aurait dû se faire en douze mois. Je ne blâme personne. Je suis chagrine que les enfants aient dû attendre quatre ans pour avoir leurs chaises”, confie celle qui a travaillé pour Caritas en Australie et un peu pour Caritas Maurice.

“Pa get enn andikape traver”.

Sans l’aide du Rotary Club de Scarborough en Australie de l’ouest, il n’aurait pas été possible d’avoir les 166 fauteuils roulants. L’usine de Wheelchair for Kids en Australie a fabriqué ces fauteuils gratuitement. “L’usine m’a énormément aidée.” Pour faire venir les chaises à Maurice, Marie Maunick a eu recours à des levées de fonds. “J’ai travaillé avec eux pour d’autres pays et je voulais en faire profiter Maurice. Toutefois, je ne savais pas qu’on allait me mettre des bâtons dans les roues”, relate celle qui a d’abord travaillé comme vendeuse en Australie pour ensuite devenir responsable des magasins d’une firme.

Marie Maunick souligne que les infirmes doivent faire face à des difficultés parce qu’ils ne sont pas reconnus. Ils subissent le regard de la société. “C’est dur d’être handicapé à Maurice. J’essaie d’enlever cette idée noire que quand un enfant est né handicapé, sa ve dir fami-la inn gagn malediksion.Il y a toujours des familles qui ne veulent pas sortir avec leurs enfants handicapés. Elles ont honte d’eux et refusent d’en parler. Ce n’est pas évident de vivre avec une paralysie. Pa get enn andikape traver. Pa amerde kan ou pe marse deryer enn sez roulan. Une personne peut avoir plusieurs diplômes, mais si elle manque de savoir-vivre, cela ne sert à rien.”

Marie Maunick ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. “J’ai fait une demande auprès de la mairie de Port-Louis pour mettre en place des rampes pour faciliter ceux qui sont en chaise roulante.” Elle souhaite apporter son soutien aux enfants handicapés de Madagascar, des Comores et des autres îles de l’océan Indien. Elle rêve de terminer son projet à Soweto, en Afrique du Sud. “J’ai confiance en l’être humain pour aider les enfants.”