La cérémonie de commémoration du 180e anniversaire de l’abolition de l’esclavage à Maurice, hier au Morne, a été marquée par un discours du Premier ministre. Sir Anerood Jugnauth a en effet lancé un appel à la solidarité qui, selon lui, est « indispensable pour la construction d’une société unie et prospère ». De son côté, le Premier ministre adjoint, Xavier-Luc Duval, a souhaité que la population « se débarrasse des préjugés entretenus sur les descendants d’Africains » à Maurice. Quant au président de la République, Kailash Purryag, il a insisté sur l’importance de « se libérer de tout ce qui caractérise l’esclavage des temps modernes » et a plaidé en faveur de l’éducation. Une minute de silence a été observée en mémoire d’un des chantres du séga typique mauricien, à savoir Michel Legris, décédé vendredi. Les principaux intervenants lui ont également rendu un vibrant hommage.
La cérémonie d’hier a vu le dévoilement d’une sculpture réalisée par l’artiste français Lionel Sabatté et intitulée “Le Phoenix rouge” dans le cadre de la route des esclaves. Un CD et un DVD sur les chansons d’antan a également été lancé.
Dans son discours, Sir Anerood Jugnauth a rendu hommage aussi bien aux esclaves qu’aux travailleurs engagés grâce aux sacrifices grâce auxquels « nous sommes en mesure de construire une île Maurice où il existe la dignité ». Poursuivant que « le sang et la sueur de nos ancêtres ont béni le pays », il a rappelé qu’il était Premier ministre lorsque le 1er février et le 2 novembre ont été proclamés jours fériés afin de rendre hommage aux esclaves et aux travailleurs engagés. Aujourd’hui, a-t-il souligné, Le Morne est devenu « un lieu de mémoire universel » et a été classé sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, « ce qui fait de la montagne du Morne  une fierté » nationale. « Cette montagne est aussi sacrée qu’un lieu saint. On ne peut ignorer l’intérêt économique de ce site. Mon gouvernement ne s’épargnera aucun effort pour maintenir ce site et pour promouvoir activement son caractère historique et culturel », a-t-il lancé avant d’annoncer, dans le même souffle, la création d’un musée qui montrera, entre autres, les étapes du peuplement du pays.
Le Premier ministre a évoqué le combat mené par son gouvernement contre la pauvreté et pour la justice sociale, les chances égales pour tous et la méritocratie. Et de citer en exemples la hausse des allocations de pension de vieillesse, des veuves et des handicapés ainsi que la compensation salariale.
C’est dans le but d’apporter un « soutien spécial aux compatriotes les plus démunis » que le gouvernement, dit-il, compte introduire « un plan Marshall pour combattre la pauvreté ». De plus, la NEF sera restructurée afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle. L’éducation, la formation et l’emploi en sont les éléments fondamentaux, a-t-il fait comprendre. SAJ a également lancé un appel à la population en lui demandant de « tirer les leçons du passé pour construire un meilleur avenir ». Et de poursuivre : « Il faut agir dans la solidarité comme un seul peuple. C’est à cette condition, ainsi qu’en serrant les rangs comme une nation et en pratiquant une ouverture d’esprit que nous pourrons accomplir notre mission de créer une société unie et prospère où tout le monde aura sa part du gâteau. »
SAJ dit croire dans « le génie mauricien ». Chaque communauté représente, pour lui, « un diamant dans le bijou qu’est le peuple mauricien ». Il s’est ainsi dit « certain de réussir », dans ces conditions, le 2e miracle économique après celui ayant marqué les années 80’. Le président de la République, Kailash Purryag, a pour sa part insisté sur l’importance de l’éducation et de la connaissance. Et de citer l’évêque de Port-Louis, Maurice Piat, qui a insisté sur l’importance de la famille, ainsi que le pape François, qui a dénoncé l’esclavage des temps modernes.