Dix-neuf ans après la nuit sanglante du 26 octobre 1996, le triple assassinat perpétré à la rue Gorah Issac revient sur le devant de l’actualité. Shakeel Mohamed, dont le nom avait été évoqué dans le cadre de cette affaire dès le lendemain et plus tard en 2001, a été arrêté et inculpé sous quatre chefs d’accusation le lundi 23 novembre, avant d’être libéré sous caution par le Bail and Remand Court, tard dans la soirée. Il a ainsi pu éviter la prison. Comme un cauchemar jamais exorcisé, l’Affaire Gorah Issac, qui a connu des épisodes troublants au fil des années, continue à hanter le pays.
Le dernier épisode qui a éclaté cette semaine est donc l’inculpation de Shakeel Mohamed dans cette fusillade de la rue Gorah Issac à Port-Louis, le 26 octobre 1996. Dix-neuf ans après, le chef de file du PTr au Parlement a été arrêté le lundi 23 novembre et quatre chefs d’accusation ont été logés contre lui. Le fils aîné de Yusuf Mohamed a été libéré tard dans la soirée après avoir fourni deux cautions totalisant Rs 120,000 et avoir signé une reconnaissance de dettes de Rs 1 million. Auparavant, la police avait perquisitionné en vain son domicile, comme ce fut le cas en 2001 lorsqu’elle s’était rendue chez lui dans sa voiture personnelle.
L’enquête a été rouverte après une déposition faite le 9 novembre par la veuve de Babal Joomun, Swaleha Joomun. Celle-ci a remis à la police des éléments qui pointent du doigt plusieurs personnalités.
Lundi soir, des sympathisants de l’ex-ministre, ses proches, Navin Ramgoolam ainsi que d’autres personnalités du PTr sont venus apporter leur soutien à Shakeel Mohamed. L’opposition crie au complot, en associant cette arrestation à celles d’Anil Baichoo, inquiété par la police dans le cadre de l’enquête sur les contrats alloués à la NDU, et de Navin Ramgoolam.
Shakeel Mohamed était membre du MSM de SAJ au moment de l’assassinat de trois activistes de l’alliance PTr-MMM, Babal Joomun, Zulfeekar Bheeky et Yousuf Moorad. Son nom a été associé à cette affaire dès le lendemain du drame par, entre autres, Paul Bérenger, alors en alliance avec Navin Ramgoolam. En 2001, alors que SAJ était Premier ministre, Shakeel Mohamed avait été interrogé relativement à l’attaque contre l’architecte Wiehe, imputée à l’escadron de la mort.