Entre quinze mille et vingt mille personnes des quatre coins de l’île ont participé, le samedi soir du 11 mars, à la fête culturelle nationale organisée par la municipalité de Port-Louis.
Placée sous le thème « Un seul peuple, une seule nation », cette fête a été en même temps activité municipale financée par l’État, donc ouverte à tous les citadins, et activité de parti, en l’occurrence le Mouvement Militant Mauricien.

La fête a débuté par un défilé des personnages de l’histoire partant de la station des pompes municipales, passant par la rue Jules Koenig, pour s’arrêter à la place Sookdeo Bissoondoyal où était donné un spectacle idéologique animé par la troupe « Kiltir Morisien »
Le lord-maire, Mathieu Laclé, précédait les « esclaves » vêtus de gonis. Suivaient dans l’ordre, les « coolies » de l’engagement, une troupe de séga traditionnel dirigée par le ségatier Fan Fan battant la mesure à l’Afrique, les chanteurs de bhojpuri, le loup chinois et les pompiers de la ville.

Les travailleurs et les femmes en revendication étaient également du nombre, scandant des slogans pour leur libération. « L’Indépendance de Maurice est sur papier seulement. Il nous reste maintenant à lutter pour l’indépendance économique, culturelle et sociale », a dit Mathieu Laclé, à la place Sookdeo Bissoondoyal.

Le lord-maire a rendu hommage au public port-louisien pour n’avoir pas hésité de porter un travailleur à la tête de la mairie. Pour Mathieu Laclé, il faut en finir avec les divisions communales : « La lutte pour la vraie indépendance commence à partir de minuit ce soir »
A minuit précis, les feux des projecteurs étaient éteints pour permettre à Anerood Jugnauth, le président du Mouvement Militant Mauricien, de hisser le drapeau mauricien au son de l’hymne national. On ne sait comment cela a pu arriver.


Toujours est-il que « La Marseillaise »,  l’hymne national français, pays très critiqué au cours du spectacle pour sa mainmise sur l’île Tromelin, a suivi immédiatement le « Motherland ». Une petite confusion de la sonorisation sans plus.

Un défilé original, un spectacle culturel moins bon, une énorme participation, de toutes les couches sociales de la population de la capitale.
Dans l’ensemble, une fête réussie.