General Workers Federation, Rezistans ek Alternativ, Aret Kokin Nou Laplaz, CARES
Les initiateurs de la Déclaration de Pomponette

Nous sommes ici pour célébrer la vie et la nature; nous réclamons en ce jour notre droit aux loisirs, et nous défendons d’une seule voix notre héritage commun.

Nous, les différentes organisations et citoyens engagés, travailleurs, familles mauriciennes sommes rassemblés sur la plage de Pomponette à l’occasion des célébrations des 80 ans de la fête du Travail. Nous affirmons que nous n’avons d’autres richesses que :

•notre terre, notre littoral, nos plages, l’océan qui nous entoure,

•notre travail et notre courage,

•et tous les organismes vivants de notre territoire, faisant partie de l’écosystème planétaire.

Nous sommes à Pomponette ce 1er mai pour dire que:

•Nous voulons d’une île Maurice, où il fait bon vivre pour TOUS

•Nous voulons une République de Maurice, où les gens puissent aspirer à une vie plus harmonieuse et que la Nature qui nous entoure soit respectée

•Nous voulons d’un pays, où les droits de chacun sont garantis dans notre Constitution, pour notre épanouissement en tant que citoyens égaux.

•Nous voulons plus de respect pour les travailleurs de notre pays, un salaire décent pour une vie décente, l’accès à des loisirs de qualité. Pour plus de Justice sociale!

•Nous voulons d’un pays, où les Droits de la Nature — “Nature Rights” — soient protégés dans la Constitution. D’autres pays se sont déjà engagés dans ce sens.

•Nous voulons que notre littoral, nos plages, l’océan qui nous entoure, et notre biodiversité soient décrétés comme étant des biens communs “commons” dans notre Constitution.

Nous sommes à Pomponette ce 1er mai 2018, pour dire que nous ne sommes pas d’accord avec ce modèle de développement imposé par les élites capitalistes et les gouvernements successifs.

Un modèle favorisant cette poignée qui constitue les grosses fortunes locales/internationales. La grande majorité de la population, les travailleurs de notre pays, et surtout les plus démunis, sont de plus en plus exclus de ce que nos dirigeants appellent, le « développement ». Les salaires sont insuffisants pour beaucoup, par rapport au coût de la vie qui ne cesse d’augmenter. Certains travaillent du matin jusqu’au soir pour arriver à joindre les deux bouts. À côté de cela, les espaces de loisirs de qualité se font rares. Nous avons le sentiment d’être des citoyens de seconde catégorie dans notre pays.

Ce modèle de développement ouvre la porte aux abus; la destruction et le pillage de nos richesses naturelles. Les plus fortunés, les gros bonnets sont les favorisés de ce système.

Nous avons choisi Pomponette pour commémorer les 80 ans de la fête du Travail, car elle est devenue aujourd’hui le symbole de la lutte contre l’accaparement des plages à Maurice. Les gouvernements, qui se sont succédé, sont tous coupables! Les différents partis politiques, qui nous représentent à l’Assemblée, nous ont tous trahis sur cette question. Le gouvernement autoproclamé “LEPEP” a permis qu’un barrage soit érigé sur la plage de Pomponette, nous aliénant de ce dernier bout de paradis. Elle a été déproclamée, cédée à bail pour que des capitalistes sud-africains puissent l’exploiter à leur guise. Et malgré de multiples protestations citoyennes, le Gouvernement “LEPEP” n’a pas daigné nous écouter, nous rencontrer. Nous comptons beaucoup sur la mobilisation citoyenne, le pouvoir du Peuple uni et c’est dans cet esprit que nous sommes ici pour unir notre force et porter encore plus loin ce combat juste. Nous ne pouvons plus cautionner la privatisation de nos biens communs et le peu d’égard pour ce loisir que nous affectionnons et qui est accessible à tous.

La Nature, qui nous a vus naître, fait partie de nous. Les Mauriciens sont attachés à leurs plages!

Nous dénonçons la braderie de nos richesses naturelles et, au-delà, la braderie de notre pays!

Ce 1er mai à Pomponette nous disons tous « ARET KOKIN NOU, ARET KOKIN TOU, ARET KOKIN NOU LAPLAZ ». Nous réclamons :

– Le barrage érigé à Pomponette doit être enlevé au plus vite. Nous demandons la LIBÉRATION de notre plage et qu’elle soit proclamée publique à nouveau.

– En parallèle, que les projets d’hôtels en prévision soient suspendus,

– Cela doit aller de pair avec la mise sur pied d’une Coastal land and Tourism Audit Commission afin de replanifier, revoir le modèle de développement autour du tourisme. Il est grand temps que l’Integrated Coastal Zone Management soit mis en place. Nous devons pouvoir évaluer tous ces projets de Smart Cities, immobiliers de luxe et faire reculer, arrêter ces constructions qui empiètent sur notre littoral déjà bien abimé et réduit.

– Il ne faut plus construire d’hôtels sur nos plages. Que cela soit fait à l’intérieur des terres.

– Tout le monde doit pouvoir profiter du secteur florissant du tourisme: favorisons davantage les petites entreprises de Tourisme chez l’Habitant de qualité. L’éco-tourisme connaît un véritable succès ailleurs, pourquoi pas à Maurice? L’Habitant peut pourvoir à cette demande, dans un esprit de partage, et de mise en valeur de l’authenticité de notre île.

– Les conditions de travail dans l’hôtellerie doivent être revues.

– Des lois qui doivent arriver le plus vite afin de préserver des Zones sensibles gravement menacées par les développements “sauvages” sur ces sites et autour. (Ex: “wetlands”, dunes de sable…)

– Les voies de recours légales concernant les permis EIA doivent être revues afin de donner plus de possibilités aux citoyens d’intervenir pour la protection de notre environnement et de nos ressources naturelles.

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Credit Photo : JB Urbini