Tant le gouvernement que l’opposition devraient revoir leur façon de célébrer le 1er mai, estime Lutchmeeparsad Ramsahok. Le leader du Parti Action Libéral (PAL) s’exprimait lors d’une assemblée des délégués des 62 branches de son parti, dimanche à Rose-Belle.
Pour M. Ramsahok, le 1er mai, fête incontournable pour les travailleurs célébrée depuis 120 ans, « est fait pour réfléchir et discuter des stratégies à suivre concernant les lois du travail et le bien-être des travailleurs ». Il ajoute que « depi boukou lane bann desider politik ek lopozision inn finn hijack sa zour-la pou fer tam-tam politik. Zot bribe bann dimounn san kont bann milion depans ki zot pe fer. 90 % dimounn ki al meeting pe al zis montre figir ! »
S’il trouve honorable la décision prise cette année par Navin Ramgoolam de ne pas tenir de meeting, Lutchmeeparsad Ramsahok regrette que ce ne soit que pour cette année. « La fête du travail est un jour de repos pour tous et l’occasion de changement ; ressasser le passé et réveiller les morts, cela ne respecte pas la vraie valeur de ce jour particulier. Le peuple se lassera petit à petit ».
M. Ramsahok a aussi fait mention du taux de chômage élevé à Maurice. Selon les dernières statistiques, relève-t-il, 539 700 des 1 236 817 Mauriciens ont un emploi alors que 47 100 personnes sont au chômage. Tous les ans, à peu près 3 000 étudiants arrivent sur le marché du travail et très peu trouvent un emploi. Solutionner le taux élevé de chômage à Maurice devrait être la priorité du gouvernement, soutient Lutchmeeparsad Ramsahok. Il fait aussi appel au leader historique du MMM Paul Bérenger : « Avec tout le respect que j’ai pour lui, je trouve qu’il ne devrait pas parler au meeting. Sa santé est primordiale. »
Pour le leader du PAL, les salaires des travailleurs devraient être rehaussés. Il souligne que « des 539 700 travailleurs, 450 000 sont dans le secteur privé alors que les autres sont des fonctionnaires. Mais dans tout cela, quels sont ceux qui font la richesse du pays ? Le secteur touristique, le textile, l’industrie sucrière, les usines et la construction font notre richesse ; alors pourquoi est-ce que les salaires de ces personnes-là ne dépassent pas Rs 10 000 ? Pourquoi est-ce que ce sont les employeurs et le gouvernement qui s’enrichissent du travail accompli par les autres ? » L’Equal Opportunity Act, selon lui, devrait être revue parce qu’il est temps également de redistribuer les revenus. Il propose qu’à la place du Pay Research Bureau (PRB) et du National Remuneration Board (NRB), soit instituée une National Salary Commission (NSC) qui engloberait les deux.
Lutchmeeparsad Ramsahok a aussi évoqué les divergences entre syndicats, qui « au lieu de s’unir en faveur des travailleurs, passent leur temps à s’autodétruire. Il y a 350 syndicats dans un petit pays comme Maurice, seulement deux auraient largement suffi ».
Par ailleurs, M. Ramsahok a appelé les travailleurs à faire attention avant de faire une grève car « les richesses de Maurice proviennent des touristes, du textile et de l’industrie sucrière ». « Nou ena zis lintelizans ek teknolozi ici. Nou bizin ki bann investiser vini pou ki dimoun gagn travay ». Les grèves, dit-il, font office de repoussoir pour les investisseurs internationaux. Le leader du PAL a conclu son intervention en condamnant ceux qui « utilisent la religion pour diviser le pays ».