Harish Boodhoo dément formellement que c’est lui qui serait l’invité spécial auquel Navin Ramgoolam a fait allusion pour parler de l’affaire MedPoint sur la plate-forme de l’alliance gouvernementale à Vacoas, mardi, à l’occasion du rassemblement du 1er-Mai. Il estime, néanmoins, qu’il n’est « pas trop tard » pour Paul Bérenger de « largue lipié Anerood Jugnauth » dont « l’empire » représente, selon lui, un « danger » pour le pays. Aussi, même s’il ne sera pas sur l’estrade PTr, M. Boodhoo annonce qu’il sera à Vacoas, mais perdu dans la foule « rien que pour dire à ceux qui croient encore en moi que cette alliance MSM/MMM ne doit pas durer. »
M. Boodhoo dit ne pas comprendre cette « alliance du MMM avec le Sun Trust. » Pour lui, il n’est surtout « pas question » de ramener SAJ à la tête du gouvernement. Il met en garde Paul Bérenger avec qui il avoue maintenir « une ligne de communication » contre le partage décidé de 30 tickets avec le MSM en expliquant que dans ces 30 tickets restants, le MMM comptera 12 « transfuges ».
S’il déclare être demeuré un « travailliste pur sang de 1967 », Harish Boodhoo ne se reconnait, toutefois, pas dans le PTr d’aujourd’hui avec ses « transfuges ». Aussi, repousse-t-il d’un revers de main l’accusation de « certains » qui laissent entendre, dit-il, que puisqu’il est contre « la famille Jugnauth » et la nouvelle alliance du MMM avec le MSM, il doit être, nécessairement « pro-Navin Ramgoolam ». Il ne manque pas de rappeler, au passage, que Navin Ramgoolam a « fait fermer » son journal, Sunday Vani.
Pour lui, SAJ n’a toujours eu qu’un seul but en tête: faire de son fils Pravind le Premier ministre. Si M. Boodhoo reconnaît ne pas être dépourvu de défauts, il assure, en revanche, qu’en matière de lutte contre la fraude et la corruption, nul ne peut lui pointer du doigt. Aussi défie-t-il gouvernement et Opposition d’instituer une Commission d’enquête sur la fraude et la corruption. Pour lui, une telle chose ne se réalisera jamais car, affirme-t-il, il y aurait comme une « alliance occulte » entre eux pour que l’on ne se dénonce pas mutuellement.
Harish Boodhoo cite les exemples de l’Etat indien du Bihar et de la Colombie où, dit-il, l’on procède, depuis ces dernières années, à un véritable « nettoyage » dans la lutte contre la fraude et la corruption, d’une part, et contre le trafic de drogue, d’autre part. Il soutient que c’est, en fait, à son initiative et non à celle de SAJ qu’une Commission d’enquête avait, à l’époque, été instituée pour faire la lumière sur le trafic de drogue à Maurice. Toutefois, selon lui, celui qui avait été désigné pour présider cette Commission, en l’occurrence sir Maurice Rault, même s’il était une personne « respectée », était « un anti-MMM ».
Sa plus grande « erreur »: candidat PTr en 1991
M. Boodhoo dément formellement que ce serait lui qui serait l’invité surprise sur l’estrade de l’alliance gouvernementale à Vacoas, mardi, pour le rassemblement de la Fête du Travail. « Jamais de la vie! », dit-il. Il explique que la plus grande « erreur » de sa vie a été d’accepter un ticket travailliste aux élections de 1991.
A l’époque, selon lui, Navin Ramgoolam avait tout fait « pou met lak avek moi ». Candidat, alors, à Mahébourg/Plaine-Magnien — ancienne circonscription, entre autres, de sir Harold Walter, Lutchmeeparsad Badry et Lutchmeeparsag Ramsahok qu’il avait rudement combattu —, son « adversaire » était le MMM mais son « ennemi » se trouvait « à l’intérieur du PTr ».
Revenant à la nouvelle alliance MSM/MMM, Harish Boodhoo estime qu’il n’est « pas trop tard » pour Paul Bérenger de « largue lipié Anerood Jugnauth » dont « l’empire » représente, selon lui, un « danger » pour le pays. Il se dit même « attristé » pour le leader du MMM « qui a beaucoup fait pour les travailleurs » en subissant « la repression » jusqu’à être « emprisonné ». « Mais il fait trop de zigzag ».
S’il n’entend ni être sur la plate-forme du PTr le 1er-Mai ni aider le PTr, Harish Boodhoo déclare néanmoins qu’il sera, mardi, dans la foule à Vacoas non pas parcequ’il « aime » Navin Ramgoolam mais « rien que pour dire à ceux qui croient encore en moi que cette alliance MSM/MMM ne doit pas durer. »
« Il est dans l’intérêt du pays que chaque parti aille de son côté aux élections », selon M. Boodhoo. Pour lui, les meilleures équipes qui pourraient alors s’affronter sont « un MMM de 1969 et un PTr de 1936. » Selon lui, il est tout à fait possible qu’un Paul Bérenger redevienne Premier ministre en 2012. « Qui a été à la base de la première alliance MSM/MMM de 2000 et a permis à Paul Bérenger de devenir, une première fois, Premier ministre? Qui avait permis, à l’époque, à sir Gaëtan Duval de devenir vice-PM? », se demande-t-il, suggérant que ce n’était nul autre que lui.