Le Front commun des marchands ambulants insiste pour la réouverture des négociations avec le ministère des Collectivités locales et la mairie de Port-Louis concernant leur relogement dans la capitale. Il compte ainsi maintenir la pression, a-t-il fait savoir lors d’un rassemblement à Plaine-Verte hier. De son côté, un des avocats du Front commun, Me Rama Valayden, a demandé aux colporteurs ne pas opter pour une grève de la faim pour le moment, et d’espérer que les autorités rouvrent le dialogue.
À la fin de ce meeting public, Me Rama Valayden a envoyé une lettre officielle au ministre Anwar Husnoo pour réclamer une rencontre urgente avec les avocats du Front commun et ses membres, en précisant qu’il s’agit de droits humains. Il a fait référence, dans sa correspondance, au discours prononcé par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, hier à Vacoas, en espérant que « humanism will be at the centre of any reply ».
Le Front commun des marchands ambulants avait donné rendez-vous hier à la communauté des colporteurs pour un rassemblement spécial à Plaine-Verte, durant lequel sont intervenus la députée indépendante Danielle Selvon, Mes Anoup Goodary et Rama Valayden et plusieurs marchands ambulants. Les députés travaillistes Shakeel Mohamed et Osman Mahomed étaient également présents sur la plateforme.
C’est la première fois que le Front commun rassemble ses troupes à l’occasion de la Fête du Travail. Selon Danielle Selvon, « la communauté des marchands ambulants est en deuil en ce 1er mai ». Les intervenants ont demandé à leurs collègues de rester soudés. Ils affirment avoir été blessés par les propos du Premier ministre cette semaine, lorsque ce dernier était interrogé par des journalistes sur la question des colporteurs. Ce qui a alimenté plusieurs jeux de mots hier au meeting. « Nou pa zanimo pou anvole nou », a déclaré Me Anoup Goodary, un des avocats ayant représenté les différents marchands ambulants arrêtés cette semaine par la CID de Port-Louis Sud pour avoir participé à la manifestation du 19 avril dernier au Renganaden Seeneevassen Building.
Tandis que la députée Danielle Selvon est revenue sur la manifestation des colporteurs et les arrestations qui ont suivi en qualifiant les charges retenues contre eux de « lalwa esklavaz », Me Rama Valayden, lui, s’est défendu de faire de la récupération politique en prêtant main-forte aux marchands de rue. « Je n’ai de compte à rendre à personne », a déclaré l’homme de loi. Pour lui, le ministre Anwar Husnoo doit rouvrir les négociations : « Mo dimann Hyder enn tiginn patians. Mo kone li pe anvi al ver enn lagrev lafin, me atann parski la nou pou dimann ouver negosiasion. » Me Valayden a lancé un appel aux leaders politiques et au ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun, pour qu’ils soient à l’écoute des doléances et des demandes des marchands ambulants. « Mo dimann Xavier-Luc Duval ek Ivan Collendavelloo pa less enn kriz sosial eklate ».
Hyder Raman, président du Front commun, qui s’est exprimé en dernier, a déploré que le ministre Anwar Husnoo ait « refusé tout dialogue ». Il a également pointé du doigt le Lord-maire, Oomar Khooleegan, qui, pour lui, « ne maîtrise pas le dossier des marchands ambulants correctement ». Hyder Raman a réaffirmé sa position : « La question de quitter les rues de Port-Louis ne se pose pas, nous voulons que les autorités reconsidèrent l’espace alloué ainsi que les infrastructures sur place », a-t-il fait comprendre.