À pratiquement deux semaines du traditionnel rassemblement du 1er-Mai dans le cadre de la fête du Travail, le front commun politico-syndical constituant le comité organisateur met les bouchées doubles pour ce rendez-vous majeur dans le calendrier de la classe syndicale. Le thème retenu est « Rupture : vers une nouvelle République, respectueuse des droits des travailleurs ». Les orateurs aborderont ainsi plusieurs sujets importants et d’ordre socio-économique, dont la privatisation et les amendements aux deux lois du travail l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act.
En attendant son point de presse mercredi au centre social Marie Reine de la paix, le comité organisateur – qui regroupe la General Workers Federation, la Fédération des travailleurs unis, la Federation of Progressive Union, le Muvman Premye Me de Jack Bizlall et Rezistans ek Alternativ – confirme que le rassemblement du 1er-Mai se fera comme les années précédentes sur la Place Taxis et au jardin Bijoux à Beau-Bassin. L’on annonce déjà que la célébration sera en contraste avec celle des partis politiques compte tenu des messages, d’une durée d’environ 1 heure et 15 minutes, s’articulant autour de trois sujets cruciaux dans la conjoncture : la privatisation des institutions, la révision des deux lois du travail et un projet de société pour une nouvelle Constitution.
« C’est un jour où le travail des gens est valorisé et respecté. Une journée dédiée surtout aux luttes pour s’émanciper de toutes formes d’exploitation… Cette fête concerne environ 700 000 Mauriciens qui n’ont pas d’autres moyens, autres que leur travail, pour subsister », explique Ashok Subron, animateur de la General Workers Federation et de Rezistans ek Alternativ. Et d’ajouter : « Malheureusement, cette journée historique a été détournée et vidée de tout son sens. De nombreux syndicats, organisations progressistes et citoyens veulent créer les conditions pour ceux qui travaillent afin de se réapproprier cette journée historique. »
La question de privatisation sera largement abordée par les principaux orateurs lors du rassemblement du mardi 1er mai vu la « menace » d’une telle manoeuvre dans les corps para-étatiques dont Air Mauritius, Casinos de Maurice, la Cargo Handling Corporation, le Central Electricity Board et la Central Water Authority.
Comme en 2011, l’amendement des lois du travail occupera une place de choix au rassemblement du 1er-Mai. Les syndicalistes avaient lancé l’année dernière un ultimatum de 30 jours au ministre du Travail Shakeel Mohamed en vue de revoir l’Employment Relations Act et l’Employment Rights Act. À l’expiration du délai, les syndicats menaçaient de déclencher une grève générale. Mais depuis, plusieurs développements sont intervenus et à l’heure actuelle, le dossier est au stade d’approval par le comité ministériel institué. Devant ce « retard », une pluie de critiques est à prévoir.
« Nous procédons aux célébrations de la fête du Travail cette année alors que nous sommes à un tournant historique pour notre société et la classe ouvrière. Les partis politiques démontrent leur incapacité à relever les défis majeurs. Ils sont dans une impasse. Dans leur blocage, ils empêchent l’évolution de la société. Le premier défi consiste à créer un modèle économique alternatif pour faire face à la crise du capitalisme global. De plus, ils ne sont pas en mesure de séparer les partis politiques du communalisme. Il nous faut démontrer qu’il y a une rupture avec des idées politiques dépassées », poursuit Ashok Subron.
La campagne de mobilisation en vue de rallier le plus grand nombre de travailleurs débutera cette semaine. Avec le litige dans l’industrie sucrière et la menace de l’arrivée du privé dans le port, les organisateurs s’attendent à ce que les ouvriers des deux secteurs participent activement au rassemblement du 1er-Mai.