Harish Boodhoo a fait taire toutes les rumeurs et spéculations voulant faire croire qu’il sera l’invité surprise annoncé par Navin Ramgoolam au rassemblement du Ptr/PMSD mardi 1er mai à Vacoas. Toutefois, il annonce qu’il sera présent à ce meeting, mais « dans la foule ». Par contre, il ne compte pas se rendre à Port-Louis, « pour ne pas voir les Jugnauth », qu’il considère comme dangereux pour le pays.
Réunissant la presse chez lui à Belle-Terre, Harish Boodhoo rappelle d’abord que c’est à la suite de la déposition qu’il a consignée à l’ICAC que celle-ci a débuté son enquête sur l’affaire MedPoint. « Dan mo lanket, mo finn etal tou ban risess ki Pravind fin akimile », dit-il. Il allègue que « les Jugnauth possèdent aujourd’hui une telle fortune qu’on peut aisément évaluer par milliards. Il y a le Sun Trust, les complexes hôteliers, etc. », allègue-t-il.
Harish Boodhoo trouve qu’il n’est pas trop tard pour que son ami Paul Bérenger lâche les Jugnauth et le MSM, qui ont pour but unique de sauver la peau des membres du clan, dit-il. « Sa lalians la malere pou nou pei. Pa akoz finn trap Pravind ek Maya ki MMM bizin sove zot lapo, prefer inyor Ashock ek Guimbeau, de lalie sinser, pou al ar Jugnauth, aksepte 30-30, ki plizir militan trouv frustran ».
l’ancien politicien trouve pire les menaces à l’égard du DPP et se demande pourquoi ce dernier n’initie pas une action contre celui qui a été un membre du Parquet, un ancien magistrat et qui est également un Queen’s Counsel, « comme si la loi est faite seulement pour sévir contre des gens comme moi, Harish Boodhoo ». Au lieu de conclure une alliance avec le MSM, estime Harish Boodhoo, Paul Bérenger aurait mieux fait d’envisager une course à trois. Ainsi, il aurait eu des chances de premier ordre de gagner les élections, « et il aurait bénéficié de mon soutien s’il choisissait des candidats autres que des transfuges tels que Ramjuttun, Dulloo et autres ».
Revenant au thème principal de sa conférence de presse, l’ancien leader politique, qui, en 1982-83, était le Deputy Prime Minister, poste qui lui a permis d’agir comme Acting PM, fait ressortir que ce n’est pas parce qu’il est anti-Jugnauth qu’il est nécessairement pro-Ramgoolam. Il se considère être un pur travailliste, mais il déplore que le Ptr d’aujourd’hui n’ait plus cette flamme qui était la sienne en 1936 et 1967.
Harish Boodhoo ajoutera que la pire erreur de sa carrière de politicien, il l’a commise en 1991, quand il a accepté l’investiture du Ptr pour briguer les suffrages au N° 12, qui état celle des Badry, Walter Ramsahok Poonith, des personnes qu’il a combattues soit parce qu’elles étaient mêlées à la drogue soit pour une affaire de corruption. « Mo finn dir Navin donn mwa enn lot sirkonskription, me li reponn mwa swa ou aksepte swa ou alle », explique-t-il. En outre, on ne l’a pas laissé intervenir lors des grands meetings, alors que l’on s’accorde à dire qu’il a des talents oratoires à même de faire vibrer une foule.
Et, si on l’invite à prendre la parole mardi à Vacoas ? Au journaliste qui lui pose la question, il répond : « Ki pou kapav oz invit mwa ? Zot kone ki mo kapav koz kont zot osi ». Ce qu’il reproche à la classe politique actuelle, c’est qu’alors que personne ne peut se targuer d’être totalement propre, l’on ose montrer du doigt ses adversaires. Mais il insiste sur un fait : c’est comme si toutes les forces politiques ont conclu une alliance secrète, selon laquelle nul n’évoquera la richesse illégale de son prochain.
M. Boodhoo cite l’exemple du Bihar et de la Colombie, où il n’a fallu que quelques années pour que les dirigeants mettent de l’ordre à la corruption (dans le cas du Bihar) et finir avec le règne de la mafia de la drogue. C’est pour cela qu’il aimerait que gouvernement et opposition s’entendent sur un point : nommer une commission d’enquête sur la drogue et une autre sur les richesses illégales.