Alors que prend fin le second trimestre scolaire, le sort des ‘repeaters’ du CPE se trouvant en première année de la filière prévocationnelle ne s’est guère amélioré. Dans la grande majorité des collèges, l’enseignement ne s’est pas déroulé dans de bonnes conditions, faute d’un programme d’études, de ‘teaching aids’ et d’enseignants formés spécifiquement pour dispenser ces cours. Une situation qui contraste avec les promesses du ministre de l’Éducation en décembre dernier. Son ministère demande à présent aux collèges d’organiser des ‘remedial classes’ pendant les vacances.
Depuis le début de l’année, ils attendaient que le ministère de l’Éducation leur fournisse un programme d’études pour préparer leurs élèves à repasser le CPE. Or, ces enseignants de la filière prévocationnelle ont été surpris de recevoir vendredi dernier des workbooks pour deux matières, à savoir l’anglais et les mathématiques. Cependant, ils ne savent pas qu’en faire, puisqu’il n’y a eu aucune communication précise à ce sujet. Le cafouillage déploré en début d’année par les chefs d’établissement concernant l’organisation des cours destinés aux 1st time repeaters CPE perdure en effet. « J’ai cru comprendre qu’il fallait remettre ces workbooks aux enfants pour qu’ils fassent des devoirs à domicile pendant les vacances et qu’à la rentrée, les profs les corrigeraient », dit un recteur. Mais, selon un autre directeur, ces workbooks serviront pour les classes de rattrapage que le ministère s’apprête à organiser pendant les vacances d’hiver, qui débutent lundi prochain. La requête pour la tenue de ces cours a été formulée verbalement la semaine dernière à quelques collèges.  « Les officiers du ministère nous ont appelé  la semaine dernière pour nous demander de voir comment organiser des remedial classes pendant les vacances afin de combler les lacunes », affirme le directeur d’un collège privé. Mais ce matin, un grand nombre d’établissements n’étaient toujours pas informés de cette demande spécifique du ministère. « De quelles lacunes parle le ministère. Et qui en sont responsables ? Ce ne sont certainement pas les collèges, ni les profs, et encore moins les élèves », réagit avec colère le chef d’établissement d’un collège de la capitale.  
Après être resté silencieux pendant deux trimestres sur le dossier « 1st Time CPE Failures », le ministère se mobilise en cette fin de trimestre. Selon nos informations, une réunion est prévue cet après-midi au ministère avec des recteurs concernant cette idée de classes de rattrapage pendant les vacances. Si certains enseignants de la filière prevoc affirment avoir fait des efforts pour pallier les manquements,  d’autres avouent carrément « n’avoir pas fait grand chose » durant les deux premiers trimestre et tenir le ministère de l’Éducation pour responsable de ce manque de motivation. « Minister met zanfan CPE dan kolez e apre li pa kapav donn ankadreman », lance ainsi le recteur d’un collège privé.
Au début du second trimestre, le ministère avait promis d’envoyer quelques enseignants du primaire dans des collèges privés, car « familiers » au programme d’études du CPE. Mais la plupart des enseignants sollicités ont refusé de s’y rendre, et jusqu’à l’heure, des collèges se plaignent de l’absence d’un personnel spécialisé pour le CPE.
Par ailleurs, il est bon de savoir que la majorité de ces 1st time CPE Repeaters,  qui sont admis dans la filière « Pre-vocational Education » des collèges, avaient auparavant fréquenté une école du gouvernement. Cette décision du ministère d’accueillir, depuis le début de l’année, cette catégorie d’élèves dans le prévocationnel fait suite à certaines requêtes insistantes des syndicats du primaire, dont la Mauritius Head Teachers Association, qui ne souhaitaient plus de redoublants CPE au primaire. Moonsamy Sunnassee, président du syndicat des Head Teachers, précise : « Nous n’avons pas dit qu’il fallait envoyer tous les enfants ayant échoué au CPE au secondaire. Nous avons dit qu’il fallait établir des critères pour ceux qui pouvaient être admis dans le prevoc et ceux qui doivent obligatoirement rester au primaire pour une deuxième tentative au CPE. Mais le ministère ne l’a pas fait et a choisi la voie facile. »
En revanche, les responsables des écoles RCA avaient encouragé les parents dont les enfants ont échoué au CPE une première fois, à rester à l’école primaire pour leur préparation à une deuxième tentative.