Avant que le kreol morisien ne fasse son entrée dans les classes de Std I comme matière optionnelle à partir de 2012, cette langue aura traversé des zones de turbulences. À quelques mois du pas historique que représente l’introduction de la langue kreol à l’école, la question de Rodrigues fait l’objet de débats passionnés, tant au Parlement que dans la société civile, ici et surtout à Port-Mathurin. Par ailleurs, le curriculum et le manuel de Std I pour le kreol ont été lancés lundi dernier sur fond de malaise.
L’entente ne serait pas au beau fixe entre certains membres de l’Akademi Kreol Morisien (AKM) et le ministère de l’Éducation. Le malaise qui existe a fait tache au lancement du curriculum et du premier manuel de Std I pour le kreol morisien, lundi dernier. D’ailleurs, l’absence de certains membres de l’AKM au lancement du manuel s’explique par un autre « oubli ». En effet, ce n’est que quelques jours avant la présentation officielle du curriculum que des membres de l’académie prennent connaissance de cet événement. Ils digèrent mal le fait d’avoir été mis à l’écart de ce lancement, d’autant qu’ils ont été impliqués dans la mise en route de l’introduction du kreol à l’école. Jean-Marie Richard, membre de l’AKM, est monté au créneau ces derniers temps pour déplorer, d’une part, l’absence de consultations entre le ministère de l’Éducation et ses partenaires sur le dossier de la langue kreol, et d’autre part, sur la question de Rodrigues. Il regrette que des aspects relatifs à l’identité, la culture et l’histoire aient été occulté dans la préparation du curriculum. Cet oubli serait la conséquence d’un manque de communication entre les partenaires.
Dans une correspondance qu’a adressée Jean-Marie Richard, qui est aussi le président du Groupman Larkansiel Kreol, au ministre de l’Éducation, Vasant Bunwaree, il lui a fait part de son opinion sur la question identitaire. Jean-Marie Richard lui rappelle que : « Limiting consultation to technicians, however learned they could be, resulted into restricting the debate out of the socio-cultural and historical backdrop of Kreol Morisien and its civilization aspects. It appears that in spite of our above mentioned inputs for this historical breakthrough which we fully support, our views have not been integrated in the process, at least not to our knowledge. » Il a aussi fait la demande formelle pour que cet atelier de travail accueille tous les membres de l’AKM « who feel concerned by this important exercise which in our opinion, should NOT be confined only to curriculum development practitioners ». Jean-Marie Richard voudrait également discuter de la question de Rodrigues avec le ministère de l’Éducation.