J. ROLAND PIERRUS

2018 a fait place à 2019 dans le crépitement des pétards et les lumières des feux d’artifice illuminant le ciel comme pour lui demander sa bénédiction et sa protection durant cette nouvelle année. Comme partout dans le monde, les couples, les membres de la famille et les amis réunis pour l’occasion se sont au coup de minuit embrassés ou serrés les mains avec une émotion intense tout en se la souhaitant bonne et heureuse sur tous les plans. Les absents tout comme les chers disparus avaient aussi leur place dans nos pensées, tant était solennel le moment.

 Alors que se dissipaient les fumées et l’âcre odeur de la poudre, et que se vidaient les coupes et les verres certains parlaient ouvertement des projets qu’ils espèrent réaliser ou alors voir se réaliser à l’échelle du pays. D’autres, non moins loquaces, exprimaient leurs points de vue et leurs appréhensions d’une année qui s’annonce difficile étant celle des élections générales. Quel Mauricien peut en effet prétendre ne pas s’en soucier et n’être guère affecté par tout le folklore entourant l’exercice? Parti de revanche pour les groupements ayant mordu la poussière en 2014 et soucis pour les vainqueurs aux élections de cette année-là, de conserver cette fois encore leur majorité au Parlement.

 Plus d’un s’est étonné qu’aux promesses pas toujours tenues on en ajoute soudainement d’autres plus mirifiques encore. Enchères et surenchères, toutes les stratégies sont de mise pour obtenir des suffrages. Toutes les couches de la société y trouvent leur part d’attention. Étudiants, surtout ceux du tertiaire, jeunes au chômage, familles en quête d’un toit, malades nécessitant des soins bien plus spécialisés que ceux dispensés aujourd’hui dans nos hôpitaux, marchands de rues, gens de maison, retraités, victimes de toutes les formes de violences, la veuve et l’orphelin, bref, à toutes et à tous est promise la lune. Attendons d’en voir la face cachée.

 Un strident et inutile coup de klaxon provenant d’une voiture qui passait, conduite par un chauffard, nous signifia que l’année nouvelle ne verra probablement aucun changement dans le comportement du Mauricien. Plus il acquiert de l’instruction moins il fait preuve de bonne éducation. Il s’autorise même à être menaçant, voire grossier, dès qu’il s’imagine qu’on lui manque du respect alors que lui-même ne respecte rien ni personne. Peut-être n’est-il pas en faute car la gentillesse et la courtoisie ne lui ont jamais été enseignées. Dans notre société d’aujourd’hui prime la course aux diplômes, ce n’est plus la vocation mais la recherche de gros salaires qui détermine le choix d’une profession. L’argent et tout ce que procurent la richesse et le pouvoir ont hélas tout perverti!

 Face à tous ces maux, gardons-nous de changer nos principes, changeons plutôt nos stratégies. Face à l’adversité, ne demeurons pas inactifs. Mettons-nous en route et soyons des messagers de la bonne parole afin que se produise le changement que nous voulons voir et que mérite notre pays. Plus de discipline et de sécurité sur nos routes, que disparaissent orgueil et arrogance chez nos concitoyens, qu’enfin règne une vraie justice sociale, que les démunis et les moins favorisés soient mieux pris en compte, que la vérité prime sur la démagogie, davantage de sourires sur les visages et moins d’agressivité dans les comportements, tels sont les vœux que nous formons  à l’aube de cette nouvelle année.