Des artistes ont créé une nouvelle association pour revendiquer leurs droits et réclamer un peu plus de considération. À travers l’Association Auteur Compositeur Mauricien (AACM), ils veulent faire entendre leurs voix. Ils savent qu’ils sont un maillon clé dans le monde de l’industrie musicale. Ces artistes recherchent l’adhésion du public en prenant plusieurs initiatives : une pétition déjà en circulation, ainsi qu’une marche pacifique et un grand concert, qui auront lieu le 23 juin.
Le 23 juin, rendez-vous est donné à midi devant les locaux de la MASA à Beau Bassin. Artistes et membres du public sympathisants se dirigeront vers le Plaza à Rose-Hill. Mobilisés au sein de l’AACM, les artistes souhaitent plus de reconnaissance et veulent que l’on comprenne qu’ils ne sont pas que des “tamtameurs”. Que derrière chaque création artistique, il y a un dur labeur, des sacrifices et un investissement personnel et financier. “Nous voulons que notre statut de travailleur soit reconnu”, clame Zanzak Arjoon.
Sauver l’art et la culture.
Plus amer, Bruno Raya, PRO de l’association, déclare : “Tous les gouvernements qui se sont succédé n’ont pas accordé une grande importance à la culture. Dans leurs discours, ils disent que la culture est l’âme du pays et qu’elle a contribué à son progrès. Mais aujourd’hui, les artistes sont traités comme des moins que rien. Zot pa pran kont seki fer nou dimal, kouma piratri.”
L’AACM veut faire du lobbying auprès des autorités pour que ses recommandations soient prises en compte. L’association fait circuler une pétition sur son site (aacmauricien.com), mais aussi dans tous les coins du pays. “Nous croyons que la voix du peuple, c’est la voix de Dieu. Nous croyons dans la démocratie et nous pensons que nos demandes sont justes et légitimes”, souligne Zanzak Arjoon. Il espère que leurs revendications trouveront écho auprès des autorités et souhaite que le ministre des Arts et de la Culture, Mookhesswur Choonee, demeure constant dans ses engagements et respecte ses promesses.
Pour Bruno Raya, les lois sont là mais il faut les appliquer dans toute leur rigueur, quitte à voter des amendements lorsque cela s’avère nécessaire. Des solutions sont attendues pour sauver l’art et la culture. “Si le public veut toujours voir les artistes se produire, il doit se rallier à notre cause.”
Baisse.
Pour leur part, Gérard Louis et Mario Armel soulignent que la vente de CD a notablement chuté, causant, selon le premier nommé, une baisse de revenus s’élevant jusqu’à 80%. Ils pointent du doigt le piratage et les téléchargements sur différents sites présents sur le web.
De son côté, Marclaine Antoine déplore le fait que certains artistes soient devenus des Jack of all trades. “Zot fer tou zot mem : konpoze, edite, fer marketing. S’il y a des contraintes et des injustices, c’est bien à cause de cela.” Il souhaite la mise en place d’une véritable maison d’édition.
Par ailleurs, l’organisation de concerts pose problème. Il y a peu d’endroits disponibles et les autorisations ne sont pas faciles à obtenir, s’accordent à dire Bruno Raya et Gérard Louis. Ce dernier souligne qu’à La Réunion, il y a un one stop shop pour organiser un concert. “À Maurice, il faut parcourir le pays pour le faire.” Il estime que le ministère des Arts et de la Culture est un leurre. “Il ne défend pas la culture et il n’y a pas de projets pour faire avancer les choses rapidement.”
C’est donc résignés que les artistes vont se retrouver sur une même plate-forme, le samedi 23 juin, pour faire entendre leurs voix, en espérant que cela fasse bouger les choses dans la bonne direction.