Le Blue Penny Museum présente du 24 juin au 20 août, l’oeuvre naturaliste et botanique de Malcy de Chazal, sous le titre Botanika. La MCB, propriétaire du musée, avait acquis il y a environ 25 ans, une collection de soixante-six aquarelles de cette peintre d’exception. Entièrement consacrée aux plantes médicinales, cette exposition montre aussi bien des espèces endémiques qu’adventices, allant du baume de l’île Plate au badamier en passant par le pied Mouroungue. Les qualités artistiques des oeuvres s’ajoutent à leur intérêt scientifique, tant botanique que médicinal.
Inspirée par ses promenades dans l’île Maurice du XIXe siècle, Malcy Moon de Chazal a traité la nature en artiste, mettant la finesse de grain, les nuances de couleur et les transparences de l’aquarelle, au service des plantes qu’elle représente. Les soixante-six aquarelles que présente le musée du Blue Penny du 24 juin au 20 août, sont accompagnées de compléments d’information qui permettent aussi d’en mesurer la précision et la valeur scientifique.
Des explications sur leurs propriétés médicinales les accompagnent, ainsi que des photographies des mêmes espèces dans leur milieu naturel. Des vitrines vont également présenter des spécimens herborisés et séchés pour les besoins de la collection. Aussi ces planches sont-elles présentées dans des cadres spécialement conçus en fonction des plantes exposées. Le livre que la Société Royale des Arts et des sciences avait édité dans le passé sur cette collection va à cette occasion être à nouveau mis en vente.
Née dans les Plaines-Wilhems en 1804, Malcy de Chazal grandit sur la propriété de son père au Mondrain et y reçoit une éducation où l’étude des plantes occupe une place de prédilection. À 17 ans, elle réalise sa première aquarelle sur le premier Hibiscus genevii qu’elle a vu de ses yeux. L’expérience lui plaît tellement qu’elle décide de la poursuivre, avec le succès qu’on lui connaîtra ensuite.
Le goût pour l’aquarelle vient à l’époque d’Angleterre et l’on imagine aisément la jeune femme partir en promenade dans la nature avec ses boîtes de couleurs, battant la campagne en quête de plantes. Aux côtés des botanistes de son temps tels que Louis Bouton, botaniste de renom qui a notamment découvert un trochetia, ou de James Caldwell, professeur érudit du Collège Royal, elle explore la région de Mondrain, près d’Henrietta, dont elle tirera une grande partie de son oeuvre, produisant des planches de botanique particulièrement esthétiques et d’une grande précision. Plus tard, elle élargira sa zone de prospection à Curepipe, à la Mare aux Vacoas ou encore la Rosalie, restant cependant toujours fidèle à sa région.