Condamné à 25 ans de prison pour le meurtre de sa petite amie Devika Damry, Shahedeen Baccarally, un laboureur de 32 ans, avait été condamné le 23 janvier à 25 ans de prison. Il avait interjeté appel, estimant que la sentence qui lui avait été infligée était « trop sévère et injuste » et que le juge n’avait pas pris en considération les facteurs atténuants dans le procès. Son appel a été entendu aujourd’hui devant le Full Bench de la Cour suprême, composé du chef juge Keshoe Parsad Matadeen et des juges David Chan Kan Choeng et Gaytree Jugessur-Manna.
En appel, Shahedeen Baccarally conteste la sentence qui lui a été infligée. Il estime qu’après avoir plaidé coupable et fait preuve de remords, la cour aurait dû être « plus clémente ». Il souligne aussi le fait que le juge, en prononçant le jugement, n’a pas pris en considération plusieurs facteurs jouant en sa faveur, principalement le fait qu’il souffrait de troubles mentaux.
Le 17 juillet 2007, l’accusé avait agressé son ex-petite amie, alors âgée de 18 ans, avec un cutter. Plaidant coupable, il avait indiqué en cour qu’il ne voulait pas la tuer, mais « seulement lui taillader le visage ». Le juge, en prononçant sa sentence, avait fait ressortir : « The blade of the cutter was broken during the assault and was secured in front of the house by the police. This is indicative of a rather violent blow having been dealt by the accused. »
Lors des plaidoiries, l’avocat de la défense avait avancé plusieurs points pour démontrer que son client n’avait aucune intention de tuer sa petite amie et qu’il était « quelqu’un qui souffrait de troubles mentaux ». Toutefois, le juge Prithviraj Fekna avait fait ressortir que la gravité et l’emplacement de la blessure démontrent l’intention de tuer. « The place where the victim was wounded is highly indicative of the intention to kill. The blade of the cutter was broken during the assault and was secured in front of the house by the police. This is indicative of a rather violent blow having been dealt by the accused. Dr Boolell stated that the wound started from the left and was situated about 11 cms above the Adam’s apple. » Le juge avait aussi souligné le fait que l’accusé avait lui-même indiqué à la police qu’il avait « flank enn kout cutter kot so likou ». Le juge avait ainsi écrit : « The creole word “flanke” carries with it the pejorative meaning of brutally lashing out at a target, which target according to the accused was the neck of the deceased. » En prononçant la sentence, la cour a toutefois considéré le fait que l’accusé avait plaidé coupable et exprimé des remords. Les sept années qu’il a passées en “remand” seront déduites de la sentence.
Devika Damry, âgée de 18 ans, venait de rompre avec Mauhammad Shahedeen Baccarally, 25 ans au moment des faits. L’accusé n’avait pas supporté cette situation et, après maintes menaces, il avait fini par égorger la jeune femme le 17 juillet 2007 non loin de son domicile, à Triolet. Dans sa déposition, Shahedeen Baccarally avait indiqué qu’il travaillait alors comme électricien avec son père et qu’il avait des difficultés financières. Le jour du drame, il était supposé travailler chez deux clients différents et avait, à cette occasion, acheté des outils, notamment un cutter. Depuis quelques mois, les relations étaient tendues entre sa petite amie et lui, et de violentes disputes éclataient régulièrement, poussant sa petite amie à le quitter. En outre, l’accusé aurait reçu plusieurs appels l’informant que Devika Damry entretenait une liaison avec un de ses amis. Le Dr Naga, le consultant en charge à l’hôpital Brown Sequard qui avait examiné l’accusé après son arrestation, avait pour sa part indiqué que Shahedeen Baccarally ne souffrait « d’aucun trouble mental » et que celui-ci avait, dans le passé, suivi un traitement dans ce même hôpital, car il était dépressif et avait des tendances suicidaires.