Une vue des deux nouveaux quais

Puisés dans nos archives, ces extraits se proposent de faire revivre aux uns et découvrir aux autres, chaque dimanche, les faits marquants qui ont fait la UNE de notre hebdomadaire il y a quarante ans, tels qu’ils furent rapportés alors dans nos colonnes.

Dimanche 6 janvier 1979—Actualité politique : Nouveaux quais en eau profonde

Enfin, doit-on le dire au sujet de l’accord intervenu entre la Mauritius Marine Authority (MMA), et l’Association des Employeurs du port, et la Port-Louis Harbour and Docks Workers Union (PLHDWU) sur les conditions de travail aux deux nouveaux quais en eau profonde ? Treize points importants ont été réglés à la satisfaction des parties concernées. Ainsi, après plusieurs semaines de difficiles négociations — patronnat et syndicat restant sur leurs positions respectives — il a été décidé, après l’intervention du président de la MMA, appelé à arbitrer, sur les winchmen toucheront Rs 2 000 par mois, les ti colis et les grandes bandes Rs 1 800 et les stevedores Rs 1 500. Cette intervention de la MMA a été rendue nécessaire afin de débloquer la situation.

Avant l’intervention de la MMA, la proposition finale des employeurs était de Rs 1 400 pour les stevedores et Rs 1 800 pour les travailleurs affectés aux quais et les stevedores spécialisés. Le syndicat, lui, maintenait la proposition suivante Rs 1 500 pour les premiers et Rs 2 000 pour les seconds.

La PLHDWU, qui se réunit aujourd’hui en assemblée spéciale, approuvera très certainement la décision prise par la MMA. Après quoi, un accord formel sera signé entre les rois parties, mardi. Toute laisse croire que les deux nouveaux quais en eau profonde commenceront à fonctionner vers la mi- janvier au cas où la congestion portuaire persisterait.
Autrement, ce ne sera chose faite que vers la fin du mois.

Le MMM prêt à placer l’intérêt du pays avant tout

1979 sera-t-elle l’année de la décrispation politique entre l’opposition et le gouvernement ? C’est la question à laquelle le comité central du MMM a répondu hier. Il n’existe aucune indication que le gouvernement oeuvre en faveur de la “trêve” réclamée par le ministre des Finances, le 31 décembre, a conclu le comité central. 

Cependant, le MMM s’est déclaré conscient de la gravité de la situation économique du pays, a estimé que la crise s’approfondira dans le courant de l’année et que la présente situation nécessite une attitude ‘sérieuse et responsable’ de la part des politiciens.
Paul Bérenger, secrétaire-général du MMM, déclarait hier, à Week-End, que son parti « est prêt à jouer pleinement son rôle et à placer l’intérêt du pays avant tout. Mais ceux qui tiennent les rênes du pouvoir doivent faire le premier pas ».

Le comité central a, d’autre part, tenu à préciser qu’il n’existe actuellement aucun contact entre le MMM et le PTr en vue de la formation d’un gouvernement de coalition. Selon les informations parvenues au parti, de nouvelles élections générales ne seront pas tenues de si tôt, la principale préoccupation de sir Seewoosagur Ramgoolam étant de se retirer après avoir instauré le régime républicain à l’île Maurice.

En ce qui concerne le point principal à l’ordre du jour de la réunion d’hier, “la trêve politique” réclamée par le ministre des Finances “afin de ne pas perturber l’équilibre économique et social du pays”, le MMM pense que la chose serait rendue possible si le gouvernement éliminait les causes d’affrontements et évitait les provocations; la MBC-TV devrait être démocratisée, donc ouverte à toutes les forces politiques du pays; l’industriel Relations Act et la Public Order Actdevraient être révoquées; les élections partielles devraient être rétablies; l’occasion devrait être donnée à l’opposition de jouer pleinement son rôle à l’Assemblée législative; les provocations devraient cesser dans le transport public et dans le port.

Ces deux secteurs doivent être nationalisés “dans le plus bref délai”. Le scandale que représentent  les nominations de conseillers d’ambassades, l’extension des privilèges duty free, la nomination de Harish Ramphul comme secrétaire parlementaire doit également cesser. Le gouvernement devrait finalement, mettre en application une véritable politique prix-salaires avant le 1er juillet 1979.
C’est à de telles conditions qu’un nouveau climat pourra s’installer dans le pays, mais le MMM ne croit pas que le gouvernement oeuvre dans cette direction. Le thème sera abordé longuement au cours d’une conférence de presse jeudi prochain.

MÉTÉO—BENJAMINE MENACE MAURICE

Déjà deux cyclones se sont manifestés en 1979, vieux déjà d’une semaine dans cette partie de l’océan Indien. Le premier, Angèle, est venu bien avant le Nouvel An et a ravagé la côte sud-ouest de Madagascar le lendemain de Noël après avoir vadrouillé entre la côte de l’Est-Afrique et le canal de Mozambique où il s’était formé. Bilan lourd: environ 25 morts et des dégâts matériels importants. Les rafales ont atteint, selon la radio malgache, 200 km/h dans certaines régions de la Grande-Île.

Le deuxième cyclone, Benjamine, de diamètre moyen, constitue depuis vendredi après-midi, une menace pour Maurice. Un premier avis de cyclone de classe 1 avait été émis par la météo de Vacoas à 14 hrs 45, avant-hier, suivi d’un avis de classe 2 hier, à 14 h 15.
‘Benjamine’ est née d’une formation de nuages troublée à mi-chemin entre le nord de Madascar et Agaléga, mercredi, il a été nommé le lendemain conjointement par les services météorologiques de Madagascar et de Maurice, qui surveillaient son évolution de très près.
Il était alors situé aux environs des points 10 degrés sud latitude et 53 degrés est longitude et avançait à une vitesse de cinq milles à l’heure. Benjamine devait d’abord réduire sa vitesse à trois à l’heure et ensuite accélérer légèrement à huit milles.

Le cyclone a maintenu sa trajectoire en direction du sur-sud-est et se trouvait aux points suivants 10 degrés sud – 53 degrés est jeudi; 13,5 degrés sud, 54 degrés est à 13 hrs vendredi, soit 450 milles au nord-nord-ouest de Maurice et de 15 degrés sud et 55 degrés est à 10 hrs hier matin. Benjamine est passé à 60 milles à l’est de l’île Tromelin vers 14 hrs hier.
Une photo reçue par satellite à 17 h 15 montre qu’à 15 h 30 la forte dépression  tropicale ‘Benjamine’ s’est mieux organisée et s’est jointe à un système frontal venant du sud-est.
À 17 h 00, Benjamine était centré à 260 milles au nord-ouest de Maurice en latitude de 16, 3 degré sud et longitude 55,5 degré Est et se dirigeait en une direction du sud-sud-est avec une vélocité de 8 à 10 milles à l’heure. Il continue de s’approcher de la côte ouest de Maurice, et les rafales, qui atteindront 60 milles à l’heure tôt cet après-midi, iront s’augmentant.

Le temps restera pluvieux et la mer grosse. Un avertissement de cyclone de classe II reste en vigueur à Maurice.

La température enregistrée durant la semaine a été en divers points de l’île, supérieure à la normale saisonnière environ 4 degrés. Cette normale se situe généralement en dessous de 27 degrés  centigrades à Plaisance et 25 degrés centigrades à Vacoas.

La météo a prélevé, pour le lundi 1er janvier, une température maximale de l’ordre 31.8 degrés centigrades à Plaisance et 29.2 degrés centigrades à Vacoas. Les jours suivants, la température a subi une baisse insignifiante, variant de 1 à 2 degrés dans les régions précitées.

Etait-ce, comme le veut la croyance populaire, d’ailleurs confirmée par certains scientifiques, le signe précurseur qu’un cyclone allait tomber sur nous?

Quoi qu’il en soit, malgré la frayeur qu’inspire l’intensité de Benjamine, la venue de ce cyclone dans nos parages est souhaitée par une large section de la population. Il nus apporterait un peu de pluie, dont le volume a été en dessus de la moyenne jusqu’ici, et chasserait les bouffées d’air chaud, qui rendent pénible le début d’année 79.
Mais, un cyclone demeure un cyclone avec tous les risques et la désolation qu’il peut entraîner.