30  mars 2013 – Samedi noir pour un peuple qui, à la veille d’un dimanche de Pâques tant attendu, se plaisait à faire ses derniers achats avant de « kas Karem » et à se rendre au Champ de Mars, pour le premier Classique hippique de la saison. Rien ne présageait l’horreur d’un Port-Louis qui allait se transformer en piège à rats pour plus d’une dizaine de mauriciens. Et si comme en 2012, le 30 mars tombait un vendredi ?
152 – le nombre de millimètres de pluies qui sont tombés sur Port-Louis en 2-3 heures. Nous avons connu pire ! Je me souviens de ces pluies torrentielles qui du ciel, tombaient tout d’un coup alors, que collégiens, nous jouions au football, heureux de voir se mouvoir des trombes d’eau, comme dans un ballet presque magique. Mais personne ne mourrait, les eaux ne montaient pas de manière disproportionnée et ne descendaient pas des montagnes comme une vague boueuse haute de 2 mètres qui défonce les murs et déplace des camions et des voitures. Et quand il y avait mort d’homme (néanmoins très peu), c’était généralement par électrocution, ou quelqu’un sur une berge, toujours des accidents, mais jamais à ma connaissance en plein centre-ville.
11 – C’est le nombre d’innocents mauriciens qui ont payé de leur vie, le lourd prix de l’incompétence « institutionnalisée ». Cet incommensurable sacrifice humain doit servir à quelque chose. L’eau, on le sait, a un pouvoir de purification !
Nous, Peuple de Maurice, Nous avons le devoir d’honorer la mémoire de Sylvia Wright, Jeffrey Wright, Trishul Tiwari, Amrish Tiwari, Keshav Ramdhary, Toolsiram Rendharee, Vikesh Khoosye, Retnon Sithanen, Christabelle Moorghen, Stevenson Henriette, Ravindranath Bhowany…
Oublier de rappeler que ceux qui en sont responsables doivent rendre des comptes, oublier de demander au gouvernement incompétent de vider les lieux, équivaudrait à oublier que 11 des nôtres sont partis bien trop tôt, eux.
13 – Comme dans 13 février dernier. Presque un mois et demi avant notre Samedi Noir, 50 mm de pluie paralysèrent le pays, dont la capitale. Semonces et Avertissement sans grand frais heureusement, mais ô combien révélateur 45 jours après, de l’incapacité du Disaster Committee de prendre des mesures pertinemment nécessaires pour que, justement, il n’y ait pas mort d’homme, plus tard.
D’autres situations restent ainsi dans une position d’épée de Damoclès qui pourrait à tout moment nous tomber avec fracas, sur la tête. Depuis 2004, les zones de Canal Dayot, Anse Courtois, Pailles, avec plus de 300 autres sites du territoire, sont classées, par le rapport GIBB, comme inondables. Ce n’est qu’aujourd’hui 2013, soit 9 ans après, que le gouvernement s’est rendu compte que c’était vrai, que la vie de plusieurs milliers de nos compatriotes est en danger. Tro Tar Kamarad ! Dan plas 11 mor ti kapav gagn 1100… si sa inondasyon la ti pass a swar !
500 – Autant de millions utilisés pour “supposément” régler une problématique infra-structurelle révélée lors des pluies torrentielles du 13 février dernier. 500 Millions ? Pourquoi 500 millions pour des travaux ailleurs qu’à Port-Louis ? Qui sont ceux qui ont entrepris des travaux d’un demi-milliard de roupies ? Même si l’urgence permettait de passer outre les appels d’offres, il est aujourd’hui plus qu’essentiel pour que le gouvernement nous donne officiellement les réponses à ces questions qui permettraient de situer les vraies responsabilités et de situer les manquements au niveau de la gestion de l’argent public dans le contexte du Samedi Noir.
60 – Encore des millions, mais cette fois, nos yeux se tournent vers Vacoas. Ce pays, “supposément” hyper moderne, tête de proue de la région indo-océanique à l’économie résiliente, n’a pas 60 millions de roupies pour changer un Radar Météo défectueux… depuis 2004 ? Comment peut-on prévoir des pluies torrentielles quand on ne possède pas les outils pour déterminer ce qui se trame dans les nuages ? C’est que ce radar qui faisait à l’époque la fierté du pays dans la région, n’était plus opérationnel depuis 2004. Ces irresponsables auront ainsi dirigé l’Île Maurice, en toute connaissance de cause durant 9 ans, en aveugle ! N’y a-t-il pas là mise en danger volontaire de tout un peuple ?
100 – lor 100. Lepep Moris, yerr premye avril to finn pass to test.
Tonn prouve ki kan to oule, to konn blye to relizyon, to ras, to koulerr ek to nivo sosyal. Tonn prouve ki nou larkansyel ankor byin vivan. Zordi Kanal Dayott, dimin dan Fon di Sak, apre dan Semin Grenye, nou kone ki nou kapav kont lor solidarite morisyin. Dan la bous tou bann dimounn ki ti lor terin, ti ena zis sa trwa mo la : Mo Mari Fyer. An tou ka Morisyanism dan enn sosyete san rasism li posib dan Moris.
Me Pep de Moris, nou travay pa aret la ! Nou ena enn lot zafer inportan pou al fer… Nou bizin fer de manyerr ki bann responsab peye, ki bann responsab demisyone pou ki limunite parlemanterr pa protez zot. Inn lerr pou fer zot desann lor pye !
Avec ces chiffres, le gouvernement mauricien est perdant, sur tous les tableaux.
Cette combinaison, à bien y regarder, reflète bien les raisons qui devraient nous pousser à demander les démissions de Bachoo, du Directeur de la Météo et même celle de Navin Ramgoolam, as One People. Il est heureux de voir l’opinion et le peuple s’organiser pour asséner nos dirigeants de leurs questions et demandes d’explications. Ce seront des coups de boutoirs, incessants, qui grandiront en intensité à mesure que s’approche l’échéance de 2015.
Le temps des oligarques touche à sa fin… La dictature naissante sera noyée et le peuple reprendra le pouvoir. Même sans radar, nous pouvons le prévoir.
Même si nous avons perdu 11 de nos concitoyens, au vue de la réaction du peuple, c’est la Nation Mauricienne qui est gagnante… Vos morts n’auront pas été vaines.