Pour se raconter, Cyper Produktion a peint un grand tableau aux couleurs mauriciennes, rythmé par ces musiques qui ont marqué l’histoire et qui permettent à la culture d’évoluer. Dans un gigantesque puzzle, Samemsa a été un bon concert présenté par Percy Yip Tong, le samedi 21 mai à Phoenix.
L’histoire qui a commencé dans un vallon de Chamarel a été résumée de fort belle manière au pied de la colline Candos, trente ans plus tard. Elle est composée de plusieurs chapitres et protagonistes. Avec, à chaque épisode, un souffle de renouveau et de nouvelles ambitions.
L’album souvenir de Cyper Produktion n’est pas une suite de moments heureux. Il y a eu les coups durs, les coups bas, les départs, mais également de grandes réussites qui ont changé la face de la culture du pays et qui continuent à lui insuffler cet espoir que vampirisent des bureaucrates nommés à des postes qui ne leur appartiendront jamais. Ah, ces “politrik”, qu’ils en profitent, en attendant que se forme cette armée de “moustik” pour les “pik, pik, pike”.
Pourquoi donc se priver de parler politique en plein concert, d’autant que Percy Yip Tong n’a pas perdu sa tchatche de slameur ? Après trente ans de Cyper Produktion, il peut bien se permettre de réclamer un Centre Culturel Mauricien et de flanquer quelques bonnes baffes aux récalcitrants qui observent d’un air gaga. Surtout que lui, à force d’espérer et de désenchanter, il a fini par avoir sa propre manière de faire. Et c’est ce qu’il a servi à ceux venus au concert Samemsa au J&J Auditorium à Phoenix.