L’ordre et la paix publics resteront la « priorité des priorités » à l’avenir, a déclaré le leader du Mouvement socialiste militant hier à Port-Louis lors d’une séance de réflexion sur ce dossier, situé dans le cadre des activités marquant le 30e anniversaire du parti. A cette occasion, Pravind Jugnauth a soutenu que la population note une « nette détérioration » du Law and Order à Maurice. « Il y a urgence pour redresser le pays », a-t-il lancé.
Pravind Jugnauth est intervenu hier à Port-Louis dans le cadre d’une séance de réflexion organisée pour le 30e anniversaire du Mouvement socialiste militant (MSM). Le leader orange a ainsi mis en évidence une « nette détérioration » du Law and Order dans notre pays, nécessitant une « réaction urgente », selon lui. Ainsi, pas un jour ne passe, dit-il, sans que le pays ne connaisse des cas d’agressions, vols ou autres délits. « La population attend des actions concrètes pour sa sécurité », observe-t-il. Et d’évoquer un « manque de leadership » à la tête de la force policière et du pays. « Si la situation est telle aujourd’hui, c’est parce qu’il y a trop d’ingérences politiques au niveau des institutions qui, en principe, devraient fonctionner en toute indépendance. Même la police est démotivée », note-t-il. Évoquant le Commissaire de police, le leader du MSM estime que celui-ci est « invisible », ne réapparaissant, poursuit-il, « que pour dire que le taux de criminalité est en baisse ».
Selon Pravind Jugnauth, l’ICAC a perdu sa crédibilité. « Elle est devenue un outil politique entre les mains du pouvoir », estime-t-il. Un argumentaire qu’il justifie en rappelant l’arrestation de Maya Hanoomanjee, alors ministre de la Santé, par la Commission anti-corruption, et ce dans le cadre de l’affaire Medpoint. « L’ICAC ordonne une charge provisoire contre Maya Hanoomanjee en attendant qu’une enquête soit en cours. Le dossier est bouclé et remis au Directeur des poursuites publiques. Entretemps, Maya Hanoomanjee est passé par des moments difficiles. Puis le DPP décide que la charge soit rayée. Pena case ! Finn fer boukou ditor », a lancé M. Jugnauth. De l’autre côté, des limiers de l’ICAC impliqués dans l’affaire Whitedot, sont appelés à enquêter sur Bimla Ramloll, suspectée d’être engagée dans la chaîne de Ponzi.
« Nou pei an danze. Bann sitwayin afekte an premie e osi bann etranz », a-t-il déclaré. Sur un ton plus rassurant, il poursuit que le MSM sera « toujours à l’écoute de la population » ayant des idées pour d’assurer la sécurité et permettre à tous de vivre dans la tranquillité. « Nous sommes fiers de nos actions passées. Nous avons cassé les reins aux trafiquants de drogue, démantelé l’escadron de la mort et des bandes organisées… Nous avons la ferme intention de ne plus jamais reculer devant rien à l’avenir. Pour cela, il nous faut un nouveau leadership capable de prendre des actions courageuses. Les idées et propositions faites par les intervenants seront prises en compte dans l’élaboration du projet de société pour le futur », a-t-il affirmé.
Les autres intervenants de cette séance de réflexion étaient : Mes Roshi Bhadain, Kailash Trilochun, Rubina Jaddoo-Jaunboccus, Dass Joganah (ex-ACP), Tohendranath Bahadur (ex-ACP du service pénitentiaire), Racheed Daureeawoo (ex-magistrat), Danielle Selvon (juriste) et Yogida Sawminaden. D’autres thèmes de réflexions suivront : l’élevage (19 septembre dans la région de Glen-Park et d’Henrietta), la pêche (26 septembre à Grand-Gaube et à Poudre-d’Or), la pauvreté (22 septembre à Vuillemin, Bel-Air, Quatre-Soeurs et Deux-Frères), l’agriculture (30 septembre à Mont-Ida) et l’économie.