Ils se produiront en live, le samedi 30 mars, dans l’amphithéâtre de l’IFM à Rose-Hill. Les complices de Gilbert Pounia, leader emblématique et l’un des membres fondateurs de la mythique formation réunionnaise, Ziskakan, ont été invités par l’institut français pour un concert qui s’annonce, d’ores et déjà, mémorable ! Dans un court entretien au Mauricien, Gilbert Pounia rappelle le brillant parcours de cette formation artistique née en 1979, son présent sous le signe de la coopération régionale et son avenir désormais… international !
Gilbert Pounia admet qu’il souhaite maintenant se « poser, un peu. Respirer, voir et entendre le monde ». Surtout, précise-t-il, parce que cela l’amènera à découvrir et palper ces couleurs et sons que recèle notre monde. D’un point de vue artistique comme humain, ajoute-il. Une manière pour lui de se ressourcer, d’enrichir le son de son groupe déjà si pluriel en sonorités et accents. Et cela n’implique aucunement qu’il passe le relais, qu’il raccroche ou qu’il passe à autre chose en abandonnant son groupe ! Heureusement, d’ailleurs, pour les fans…
Fort de ces 34 dernières années de service au sein de Ziskakan, formation artistique née en 1979 à l’île de la Réunion, en pleine mouvance de la reconnaissance de l’identité créole de l’île soeur, Gilbert Pounia n’a, à aucun moment, baissé la garde ni fléchit sur ses positions. « Depuis 1992, confirme-t-il, d’ailleurs, j’ai choisi ce métier. C’est un engagement que j’ai pris. » Un “boulot” qu’il a pratiqué de fort belle manière, surtout en restant très vrai à lui-même, à ses convictions et ses combats. Ce qui n’a pas empêché Gilbert Pounia d’être aussi très ouvert aux influences et sons du monde.
Un élément qui a offert un cachet plus « world music » à Ziskakan. Les albums Rimayer, Banjara et Madagascar, les plus récents de la formation, en attestent. Et le dernier album en date, 32 desanm, réalisé avec plusieurs artistes des îles avoisinantes, consolide cette dimension régionale. « 32 Desanm témoigne de notre vraie couleur, souligne G. Pounia. Le travail avait d’ailleurs commencé depuis bien longtemps, à Souillac, dans le sud de Maurice, avec un collectif d’artistes venant de Maurice, de La Réunion et de Madagascar. Que ce soit pour l’écriture ou pour la musique, c’est le fruit du travail de tous ces artistes qui se reconnaissent en Ziskakan… »
L’aventure ne s’arrêtera pas en si bon chemin, puisqu’un des musiciens du groupe a aussi bénéficié d’un stage à Rodrigues pour mieux apprivoiser la ravanne… « La ravanne est l’instrument symbole de notre région, estime Gilbert Pounia. C’est l’instrument fédérateur de nos îles. De Maurice à La Réunion, en passant par les Seychelles et Madagascar, elle est présente dans nos ségas et nos musiques. Elle trouve évidemment sa place également dans notre son ! Les tambours et autres percussions ont déjà la leur ; au tour de la ravanne d’ajouter sa puissance et sa richesse… »
Et la « grande famille » des fans locaux de la formation sera aux premières loges, le samedi 30, pour savourer ces pluies de sons riches et denses comme seul sait en distiller Ziskakan.
Après ce séjour éclair qu’ils feront à Maurice — ils arrivent le 29, jouent le 30 et repartent le 31 —, Ziskakan est attendu dans la région Asie avec notamment des dates de concert en Chine, à Shanghai, au Japon… Et le groupe garde toujours une place spéciale pour l’Inde avec laquelle une belle histoire d’amour a commencé depuis plusieurs années. Ce mois d’avril verra aussi Ziskakan se produire à Paris et au Cap Verde… Un avenir qui s’annonce très éclectique et surtout, mondial !