L’Achoura, le 10e jour du premier mois du calendrier islamique Mouharram, est observé à Maurice aujourd’hui. L’Achoura symbolise le jour où Dieu a sauvé Moïse du Pharaon. Pour les sunnites, le prophète de l’Islam Muhammad jeûnait ce jour-là. Il est toutefois recommandé d’ajouter un jour de jeûne avant ou après le jour de l’Achoura afin de se distinguer d’autres religions, dont les pratiquants jeûnent également ce jour.

Selon la tradition prophétique, ce jeûne expie les péchés d’une année. Le jour de l’Achoura est aussi le jour de la commémoration du massacre de l’imam Hussein et de 72 membres de sa famille et partisans par le califat omeyyade à Kerbala, en Irak. Il symbolise la lutte contre l’oppression et les injustices dans l’histoire islamique. Des groupes musulmans commémorent ainsi la mort en martyr, en 680, de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet. Certains fidèles célèbrent l’Achoura en se flagellant jusqu’au sang, pour partager symboliquement la souffrance de l’imam pendant la bataille de Karbala, au cours de laquelle Hussein et ses quelques soldats ont été défaits par la puissante armée du Calife Yazid I.

À Maurice, outre les causeries dans plusieurs mosquées du pays, une minorité de la communauté musulmane commémore la bataille de Kerbala à travers des prières avec les familles réunies dans des “dargah” à Plaine-Verte et en participant au Ghoon durant les premiers dix jours du mois de Mouharram. C’est ainsi que chaque année, des marcheurs défilent en procession en s’administrant des supplices, notamment en se transperçant les oreilles, la langue, les joues ainsi que le torse, pour tenter de revivre le martyre de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Muhammed, à Karbala.

La rue Pagoda, à Plaine-Verte, et ses alentours résonnent aux sons des tambours chaque année. Cette commémoration culmine avec un “Kase du Ghoon” le jour de l’Achoura. Cet après-midi, le parcours de la procession du Ghoon débutera rue Pagoda puis empruntera la route de Pamplemousses vers la croisée de Vallée-des-Prêtres et la rivière Tanier, dans un lieu connu comme “Karbala”. Les disciples marcheront en se flagellant à coups d’aiguilles acérées, connues comme “ratiff”, et de sabres au rythme des tambours battants.