L’un d’eux enlevé par des gros bras hier. Ils réclament la protection des autorités, craignant pour leur vie.

Trente-quatre ouvriers bangladais d’Akhilesh International Ltd ont investi les locaux du ministère du Travail, avec leurs bagages ce matin. Ils disent avoir été malmenés par des individus se présentant comme « les bandits les plus dangereux de Maurice », qui ont enlevé l’un d’entre eux, hier. En dépit du fait qu’ils ont fait deux dépositions à la police de Plaine des Papayes, rien n’a été fait pour leur protection. Ainsi demandent-ils au gouvernement d’assurer leur sécurité.

La Special Migrant Worker Unit, du ministère du Travail, a reçu hier matin une plainte pour maltraitance des ouvriers bangladais affectés à l’usine Akhilesh International Ltd. Ils disent être régulièrement insultés par le propriétaire et son fils – qui les auraient traités de « chien » – et dénoncent des gros bras, qui viennent régulièrement les intimider. « Ils viennent avec des sabres et des morceaux de bois. Ils disent être les plus grands bandits de Maurice.

Ils nous ont frappés, ont brisé nos téléphones portables. Hier, ils ont emmené notre ami Yunus, et nous ne savons pas où il se trouve actuellement. C’est pour cela que nous avons pris tous nos bagages pour venir au ministère du Travail aujourd’hui. Nous ne voulons plus retourner là-bas. Nous craignons pour notre sécurité. »

Ces Bangladais sont à Maurice depuis dix mois. Ils disent souffrir de mauvais traitement depuis leur arrivée. « Le lieu où nous habitons abritait des poules et des vaches, auparavant. C’est dans un champ de cannes. Pour prendre notre bain, il faut avoir recours à l’eau utilisée pour l’irrigation. Quelqu’un a une clé pour ouvrir et fermer les tuyaux d’irrigation installés dans les champs. Plusieurs d’entre nous ont eu des problèmes de peau à cause de cette eau. »

Ces ouvriers déplorent le fait d’être menacés à chaque fois qu’ils protestent contre ces conditions. « On nous dit que nous sommes des chiens et qu’il faut nous traiter ainsi. On nous dit également de gros mots. On envoie également des gros bras nous faire peur et on nous dit qu’on va mettre de la drogue dans nos bagages. »
Les Bangladais s’inquiètent particulièrement pour leur ami Yunus, dont ils sont sans nouvelle depuis hier. « On l’a enlevé. Il nous a envoyé un message audio disant qu’on l’emmenait dans un bois. Ensuite, il nous a envoyé un message disant qu’il était à Dubaï. Mais lorsque nous avons demandé des photos, il n’a pas répondu. Nous pensons qu’il est séquestré quelque part. »
Le patron d’Akhilesh International Ltd a été convoqué par le ministère du Travail hier. La police a également été mandée sur les lieux. Les officiers ont conseillé aux Bangladais de porter plainte au poste de police de Plaine des Papayes, mais ceux-ci ont déclaré qu’ils l’ont déjà fait à deux reprises et que cela n’a servi à rien. De même, ils ont identifié leurs agresseurs sur Facebook et ont remis les photos à la police. L’un d’entre eux se fait appeler «… le boss ».

Le syndicaliste Feyzal Ally Beegun, qui a assisté à la scène ce matin, demande aux autorités de réagir. « C’est la première fois que je vois un tel cas. Il est important que les autorités assurent la sécurité de ces travailleurs. Leur vie est en danger. » A la mi-journée, la question de leur hébergement était discutée au niveau des autorités, puisqu’ils ne veulent pas retourner à Fond-du-Sac. L’ambassade du Bangladesh devait être sollicitée en ce sens.

À l’heure où nous mettions sous presse, le propriétaire de l’usine était toujours entendu par les officiers du ministère et la police était sur place.