La Fraternité mauricienne des malades et handicapés célèbre cette année son 35e anniversaire. À cette occasion, les membres exécutifs du comité de cette ONG a annoncé hier les activités qui marqueront cette célébration. C’était lors d’une conférence de presse à la cure de l’église Immaculée Conception à Port-Louis.
« La mission de la Fraternité mauricienne des malades et handicapés (FMMH) est de lutter pour donner un statut aux handicapés », assure Jacques Limkee, président de cette ONG fondée en 1976 par le père Henri Souchon. Depuis 35 ans, elle travaille ainsi dans le but d’intégrer les handicapés dans la société et leur permettre de vivre une vie normale.
« À Maurice, les gens pensent que les handicapés ne peuvent rien faire et doivent rester chez eux », déplore Nalini Ramasamy, secrétaire de la FMMH. L’ONG s’attelle à faire changer cet état des choses en montrant que les handicapés peuvent vivre comme tout le monde et en rendant accessibles l’éducation, le sport, l’artisanat, entre autres.
Les activités proposées au cours des prochains mois pour célébrer les 35 ans de la FMMH seront très variées. La première prévue est un camping au Centre de Récréation de Belle-Mare. Il sera suivi de l’inauguration officielle de l’éclairage du terrain de basket en fauteuil roulant. La cérémonie aura lieu le samedi 30 septembre à 19 heures à Grande Rivière Nord-Ouest, où se trouve le siège de la FMMH. L’invitation est ouverte au public.
Le huitième magazine de la FMMH sera, quant à lui, publié à la fin d’octobre. Un appel est lancé à tous ceux qui souhaitent apporter leur contribution par des articles, photos ou témoignages. La date limite pour les soumissions est le 10 octobre. Une compétition de Boccia pour les IMC (Infirmes moteurs cérébrales) sera organisée en novembre. D’autres compétitions de jeux de société tels le carrom, les échecs, les fléchettes et domino sont aussi prévues.
L’équipe de la FMMH de basket-ball en fauteuil roulant, championne nationale, représentera l’île Maurice au Championnat de la coupe des clubs champions handisport de l’océan Indien à Madagascar du 23 au 26 novembre. Jacques Limkee soutient d’ailleurs que « l’ONG accorde beaucoup d’importance à la pratique du sport ». Il est nécessaire, poursuit-il, pour leur épanouissement que les handicapés aient accès au sport.
La FMMH participera en décembre au programme télévisé « Éclats de vie » afin de « faire état des talents de ses membres dans les domaines de la musique, l’artisanat et du sport ». Une messe d’action de grâce sera dite le 11 décembre par le père Souchon au siège de la FMMH.
Le président de la FMMH a insisté lors de la conférence sur les revendications de l’ONG qu’il a qualifiées de « voeux qu’on aimerait voir exaucer pour cet anniversaire ». Il déplore l’inaccessibilité du Centre Récréatif de Belle-Mare, qui « n’est pas “disabled friendly” ».
Jacques Limkee s’est dit aussi reconnaissant envers le ministère de la Sécurité sociale pour avoir mis sur pied un nouveau centre mais a regretté que l’infrastructure n’ait pas été aménagée de telle sorte à faciliter l’accès et la mobilité des handicapés. « Dès l’entrée, l’accès est difficile. Et c’est un combat pour rejoindre les chambres. »
M. Limkee rappelle que « cela fait plus de deux ans que Rs 240 millions ont été votés pour des autobus à plancher bas mais rien n’a été fait. Au contraire, les bus sont de moins en moins pratiques ». La FMMH s’est dite désolée de voir que les autorités ne s’en soucient guère.
Autre revendication de la FMMH : « L’on ne respecte pas les places parking réservées aux personnes handicapées ». Elle déplore le laxisme dont font preuve les autorités pour changer les choses et s’insurge du manque de respect de ces lois par certaines autorités elles-mêmes. « Les policiers ne respectent pas cette loi et se garent sur les places parking réservées aux handicapés », explique Nalini Ramasamy.
Quant à Maxime Latreille, trésorier à la FMMH, il se dit outré de l’abus que certaines personnes font des cartes pour handicapés. « Il y a des gens qui trichent et se procurent ces cartes pour pouvoir se garer à des places de stationnement réservées alors qu’ils ne sont pas handicapés. » Ce qui démontre, selon membres de la FMMH, que les Mauriciens et les autorités considèrent « les handicapés comme encombrants ».
« Il faut changer la mentalité des gens », lance Nalini Ramasamy. Et à Krisley Appadoo d’ajouter : « Les handicapés sont beaucoup plus respectés dans des pays comme la France et l’Allemagne. » Ce membre du membre du comité exécutif affirme que « le coût d’une amende pour s’être garé sur un parking réservé aux handicapés en France est cinq fois plus cher qu’à Maurice ! »