Pour la troisième année consécutive, la cycliste Aurélie Halbwachs figure dans le Top 3 de notre classement. Belle preuve, si besoin est, de la régularité de cette athlète de 25 ans qui une fois encore, a fait ses preuves sur la scène africaine. Et ce, même si comme le veut la coutume, sa saison 2011 a souffert d’un manque de compétitions, pour ne pas dire de considération, pour les filles adeptes des deux roues à Maurice. Mais l’un des principaux traits de caractère d’Aurélie Halbwachs est justement de puiser sa force dans l’absolu, tout en ayant les pieds sur terre.
Si le vélo est sans conteste son évasion dans ce monde qu’elle considère pas toujours facile, Aurélie Halbwachs demeure plus que jamais une athlète consciente de ses limites face aux redoutables Sud-Africaines. Autrement dit, celles qui cette saison encore, lui ont privé de la première place sur le podium en deux fois en Afrique, notamment à Maputo et en Érythrée . «Les Sud-Africaines sont pour l’heure intouchables, puisqu’elles évoluent au niveau professionnel», lâche amèrement Aurélie Halbwachs que nous avons rencontrée mardi dernier dans son antre du Centre Sportif d’Helvétia où elle est gérante des opérations.
Pour celle qui s’est mise au vélo il y a huit ans de cela sur les conseils d’une nutritionniste qu’elle avait consulté pour perdre du poids est une femme faite d’un autre acabit.  Il faut être, en effet, forte voir même très forte dans la tête pour réussir le parcours qu’elle a réussi depuis 2006, année de sa première médaille (en or) africaine gagnée à Maurice. Outre le fait d’être quasiment seule dans le peloton à chaque épreuve, forçant ainsi Aurélie Halbwachs a faire la course contre les garçons, la Championne de Maurice est aussi forcée d’avoir un calendrier aléatoire.
Les JO comme objectif 2012
A titre d’exemple, cette saison, elle a fait la première de ses courses importantes de la saison en septembre dernier à l’occasion des Jeux d’Afrique, soit après presque huit mois sans objectif majeur. Malgré ces contraintes, elle ramène la médaille d’argent du contre-la-montre individuel et le bronze de la course en ligne. Puis elle devait remettre ça, seule, dans la chaleur torride d’Asmara à l’occasion des Championnats d’Afrique. Soutenue par son entraîneur de toujours et qui lui a presque appris à monter à vélo, Bertrand Carabin, notre compatriote ramènera deux médailles bronze dans son escarcelle.
Pour celle qui même pour gagner sa vie se retrouve sur un vélo pour ses cours de Spinning — un nouveau concept d’aérobic — cette saison 2011 a été une réussite. «Les objectifs qui avaient été fixés au départ ont été largement atteints. J’ai eu aussi l’occasion, en début d’année de faire le Joberg2C, une compétition de VTT en duo avec la Sud-Africaine Yolandi du Toit. Maintenant il me reste à voir pour les Jeux Olympique de Londres», avoue-t-elle à Week-End.
Et justement, Londres sonne comme une musique douce, voire même enchanteresse à ses oreilles. Pour y parvenir, celle qui est comme cendrillon qui n’aime pas rentrer à la maison avec les 12 coups de minuit, une qualification pour les Jeux Olympiques est sans conteste l’objectif à atteindre. «Je préfère sans aucun doute une qualification qu’une invitation. Je dois tout faire pour y parvenir», avance Aurélie Halbwachs. C’est ainsi qu’elle n’hésitera pas à se sacrifier pour passer quelques semaines en avril 2012 en France sous les couleurs de la formation professionnelle, Vienne Futuroscope. «Cette étape va me permettre de gagner des points puisque je vais pourvoir participer à des épreuves professionnelles en Europe», précise celle qui entre son travail et ses entraînements, se plonge dans les aventures contées par Marc Levy et Dan Brown, ses auteurs préférés.
Aurélie Halbwachs qui avoue volontiers ne pas trop avoir de temps libre pour elle-même, dit consacrer une bon partie de ce maigre temps libre à sa famille et à son alter-ego et «compagnon par excellence», Yannick Lincoln. De la fille timide qui cherchait un moyen d’être «mince comme ses copines», Aurélie Halbwachs est devenue aujourd’hui une fille forte dans la tête et ayant les jambes solides. Une flamboyante cendrillon pourrait-on dire !