La relance de notre industrie touristique doit passer par une coopération entre les acteurs de l’industrie et le gouvernement. Et les hôteliers sont appelés à agir comme des personnes responsables envers la destination mauricienne. C’est le message passé par le ministre du Tourisme, mercredi dernier, à l’occasion de la 42e Assemblée générale annuelle de l’AHRIM, qui a reconduit Grégory de Clerck à la présidence pour un an encore. “Nous faisons beaucoup d’efforts pour promouvoir les hôtels. Nous souhaitons en retour une totale coopération”, dit Xavier Duval. Plaidant pour une image authentique de la destination, le ministre — à qui les hôteliers demandent par ailleurs de concrétiser la feuille de route établie pour le secteur au plus vite en plan stratégique — recommande une attention particulière pour le personnel hôtelier, amené à être au front avec la clientèle. “C’est notre légendaire sens de l’accueil et notre sourire qui font que les touristes apprécient la destination et reviennent. En dehors des produits que nous devons diversifier, c’est ce que nous devons valoriser pour maintenir le cap de notre industrie touristique”, dit le ministre. Dans le sillage, il annonce l’élimination des bateaux à grande vitesse dans le lagon de Pereybère. Projet qui sera entendu prochainement à Trou-aux-Biches et ailleurs sur la côte.
D’emblée, le président reconduit Grégory De Clerk a fait comprendre dans son discours la disponibilité de l’AHRIM pour accompagner, soutenir et aider le gouvernement à faire progresser notre industrie touristique. “Les défis sont nombreux, certes, mais nous refusons la fatalité. Nous avons une responsabilité commune et nos lectures des différents enjeux du tourisme ne sont pas en opposition”, a-t-il expliqué. Les hôteliers, dit-il, accueillent favorablement le projet de classification hôtelière, qui “tombe à point nommé”. Il ajoute que “nous devons mieux collaborer afin de pouvoir collectivement nous hisser vers le haut, comme une seule équipe solidaire vers un objectif commun: faire de Maurice LA destination de choix et de la diversité.”
La légère reprise de la demande dans nos marchés traditionnels, notamment en France depuis ces 12 derniers mois, et l’apport favorable en sièges d’avion supplémentaires par rapport à 2013 ont été bénéfiques pour l’industrie, souligne le président de l’AHRIM. Désormais, estime-t-il, “il s’agit de bâtir sur ces aspects positifs; reprendre le papier stratégique du ministère du Tourisme qui veut tirer ensemble nos différentes énergies, vers plus de valorisation du produit, plus de création de richesse dans un contexte de tourisme responsable, pérenne pour toutes les parties prenantes. Et pourquoi pas, inscrire notre nouvelle stratégie de développement touristique pour Maurice dans le cadre d’une relance des Iles Vanille.” D’où l’appel des hôteliers pour que ces intentions stratégiques soient transformées, au plus vite, en un véritable plan stratégique. 
Les îles Vanille, véritable plate-forme
Les hôteliers misent également sur un renouveau des Iles Vanille en vue d’offrir une diversité plus large de l’offre aux nouveaux voyageurs. L’AHRIM plébiscite ainsi le modèle des Caraïbes qui accueillent aujourd’hui six fois plus de visiteurs que l’ensemble des Iles Vanille. Pour ce faire, l’association, indique le président demande  que nous ouvrons notre espace aérien à d’autres super connectors comme Emirates ou Turkish Airlines. “Restons à l’écoute du nouveau voyageur d’où qu’il vienne; créons notre produit interîles avec des circuits et des croisières; jouons sur les spécificités et atouts de chacune de nos îles; mettons à l’avant-plan des objectifs de connectivité des Iles Vanille – aérienne, maritime et numérique, afin de faire bénéficier l’île Maurice et la faire devenir un moteur essentiel”, a soutenu Grégory De Clerk.
L’ambition des hôteliers est aussi de relancer la marque Maurice. Outre une attention particulière à accorder à la situation de sur-offre au niveau de l’hébergement, il faudrait également investir dans des offres/produits divers. Dans le même ordre d’idées, les hôteliers soutiennent pleinement les stratégies visant à faire de Maurice un hub aérien. “Les concurrents de Maurice réussissent aussi grâce à l’apport inconditionnel de l’aérien. La question de l’accès aérien n’est plus un problème à éviter; il faut s’y attaquer frontalement”, dit Grégory De Clerk. Pour l’AHRIM, “nous devrions pouvoir avancer plus vite avec un dialogue plus structuré et plus de coordination entre les parties prenantes de l’aérien, dont Air Mauritius et son actionnaire principal qu’est l’Etat mauricien, mais aussi toutes les autres lignes aériennes fidèles à la destination, ainsi que l’aéroport dont le potentiel est indéniablement sous-utilisé”.
Abordant la situation dans les hôtels, le président de l’AHRIM demande – citant “le fossé grandissant entre la formation et le marché du travail, l’inflation salariale autour de nombreux postes, le traitement administratif excessif des demandes de permis de travail, le caractère incongru de ce nouveau Remuneration Order d’un autre temps ainsi que ses barèmes de salaire discriminatoires entre grands et petits employeurs “ – aux autorités de prêter une oreille attentive aux problématiques opérationnelles des établissements. L’AHRIM souhaite de même, “plus d’engagements sur le terrain et avec les populations locales”. “A l’AHRIM, nous prônons une politique de valorisation des localités avec un contrôle plus serré et bien défini géographiquement, des moyens et des résultats”, dit Grégory De Clerk. Selon lui, grâce à l’engagement de tous, “nous nous devons de réussir le pari de pouvoir accueillir et gérer tout le long de l’année, dans notre destination balnéaire éloignée de tout, les attentes d’une clientèle diversifiée, multiple, venant des quatre coins du monde et partant à la découverte d’une île Maurice diversifiée elle aussi.”
Le label           mauricien
Si l’accord aérien conclu entre Maurice et la Chine permettra à Maurice de bénéficier d’une plus grande ouverture sur l’Afrique et que fin 2015, l’arrivée de Lufthansa et Air Autriche aura un impact certain sur les arrivées touristiques, le ministre Duval est d’avis que la question d’accès aérien, qui est évoquée depuis plusieurs années n’est pas la priorité. Il cite l’un des points forts de la feuille de route sur l’industrie touristique, publiée par son ministère en début d’année, selon lequel le service à la clientèle doit être la nouvelle approche des acteurs du secteur en vue de la satisfaction de ses besoins. Selon lui, les touristes viennent en grand nombre à Maurice “non pas parce qu’ils aiment les groupes hôteliers qui les accueillent, mais parce qu’ils aiment le pays”. D’où son insistance pour que le “label Mauricien” devienne et reste attirant et que les hôteliers et restaurateurs manifestent aussi leur fierté du label Maurice, qui dispose d’établissements hôteliers de classe internationale mais aussi, surtout, “d’une flore et d’une faune variées, d’une culture très riche et de sites magnifiques”. Xavie Duval, rappelant la création prochaine d’un espace culturel à La Citadelle, estime qu’il est important, pour la pérennité de la destination que les touristes soient encouragés à visiter de tels lieux.
Dans un deuxième temps, le ministre Duval, faisant ressortir que les opérateurs de l’industrie touristique viennent solliciter l’aide du gouvernement lorsqu’ils ont besoin d’aide déplore qu’ils “ne renvoient pas suffisamment l’ascenseur”, notamment en ce qui concerne leur soutien aux activités gouvernementales. Plaidant pour qu’il y ait “un changement de mentalité”, Xavier Duval rappelle la nécessité d’un effort commun de tous les acteurs pour faire avancer l’industrie. Abordant les efforts qui sont en cours pour attirer les touristes durant la basse saison, le nouveau président des Iles Vanille, a annoncé que la mise en oeuvre de la classification des établissements hôteliers sera effectuée conjointement avec les autres îles de la région dans le cadre des Iles Vanille.
Pereybère transformée en un lagon sans bateaux
La valorisation de la destination demeure ainsi au coeur des priorités du ministère du Tourisme et plusieurs actions sont en cours pour y parvenir, indique Xavier Duval. Parmi lesquelles, celle d’une restauration de nos plus belles plages. Dans cette optique, Pereybère sera bientôt un lagon sans bateaux, annonce-t-il. Une mesure qui plaît à tous les hôteliers qui ont chaudement applaudi l’annonce du ministre. Si l’expérience aboutit, elle sera appliquée sur d’autres plages publiques, dont la prochaine sera à Trou-aux-Biches, ajoute le ministre. Abordant la qualité de l’offre, il a souhaité que les hôteliers “évitent de s’engager dans une guerre des prix”. “Ce n’est pas bon pour l’image de l’industrie touristique”, estime Xavier Duval, qui a aussi soutenu que “les chiffres publiés par la Banque de Maurice sur les revenus touristiques ne devraient pas être pris pour argent comptant”. Selon lui, il est difficile d’évaluer avec précision les dépenses d’un touriste.