Avec une croissance de 22% en 2015 et une progression d’environ 12% sur les trois premiers mois de l’année par rapport aux revenus selon la Banque centrale, les indicateurs sont favorables pour l’industrie touristique qui s’attend à une croissance assez forte pour 2016. Si bien que les autorités annoncent la fin du moratoire à partir du 30 juin pour ce qui est de l’ouverture de nouveaux hôtels gelés il y a un an et demi. L’annonce a été faite par le vice-Premier ministre et ministre du Tourisme lors d’une réception à l’issue de la 43e assemblée générale de l’AHRIM (Association des Hôteliers et Restaurateurs de l’Ile Maurice) la semaine dernière au Long Beach. Une occasion pour les hôteliers de définir leurs stratégies futures et dynamiser davantage le secteur, en misant, outre sur la qualité des produits et services, sur les nouvelles technologies.
La 43e assemblée générale de L’AHRIM, qui comptait également la participation du groupe Beachcomber qui a fait son retour dans l’AHRIM depuis l’année dernière, a été marquée par l’élection à la présidence de Jean Louis Pismont. Le General Manager du Paradis & Golf Club et du Dinarobin Hotel Golf Club, deux hôtels 5-étoiles du groupe Beachcomber, succède ainsi à Grégory de Clerk, Group Director of Operational Innovation à Sun Resorts. Dans son discours, le président sortant a félicité les opérateurs de l’industrie de la bonne performance engendrée depuis l’année dernière, avec la création d’un millier d’emplois jusqu’ici, qui découle, selon lui, non seulement de l’engagement des autorités d’assurer la pérennité de l’industrie — à l’instar de l’ouverture aérienne, la classification des hôtels, la diversification des marchés, l’amélioration de la stratégie marketing — mais aussi et surtout de l’engagement des hôteliers et restaurateurs pour la modernisation du secteur.
Rappelant les trois rôles principaux de l’industrie qui sont de créer des emplois, de favoriser des opportunités pour les entreprises, et plus important encore, de proposer une offre variée pour les clients, il a souligné que le devoir de l’AHRIM est de continuer à veiller à ce que ces rôles soient remplis. Et pour continuer sur cette voie de développement, il souhaite une collaboration concertée entre les opérateurs afin d’offrir une offre variée à la clientèle. 
Si l’industrie touristique de Maurice a repris des couleurs, d’autres défis sont à relever, insiste Grégory de Clerk. Il s’est attardé sur l’évolution du comportement des touristes. « La technologie permet aujourd’hui au client d’avoir encore plus de contrôle sur son voyage. A l’aide d’outils technologiques tels que les applications mobiles, il peut réserver son hôtel, sa voiture, ou encore ses activités à Maurice en quelques minutes et sans avoir de contact direct avec un opérateur local. C’est le client qui détient toutes les cartes. Il dispose également aujourd’hui d’une arme redoutable : il peut partager son point de vue avec d’autres voyageurs comme lui», a rappelé le président sortant de l’AHRIM. C’est dans cette optique qu’il est primordial pour les opérateurs mauriciens d’offrir aux voyageurs une expérience riche et complète à travers ces plates-formes numériques qu’ils connaissent et auxquelles ils font aujourd’hui confiance, estime-t-il. Cette révolution digitale va également créer plus d’opportunités pour les entreprises et permettre de connecter les différents acteurs de l’industrie, soutient-il. « Si nous nous engageons dans cette voie, et si nous sommes prêts à travailler encore plus étroitement ensemble, nous transformerons l’île Maurice en leader mondial de l’innovation dans le tourisme», dit-il.
De son côté, le nouveau président de l’AHRIM a mis l’accent sur les relations humaines qui font le succès de l’industrie touristique. Il a plaidé pour « l’unité indispensable », entre les opérateurs du secteur, aussi bien qu’« avec le secteur public », pour une progression de l’industrie dans le dialogue. Jean-Louis Pismont a aussi mis l’accent sur l’importance de préserver la qualité de la destination qui est au coeur du métier des opérateurs de l’industrie. Rejoignant les propos du président sortant, il a également plaidé pour une industrie ancrée dans l’ère numérique, et qui garde parallèlement son authenticité.