Le prix du ciment prendra-t-il une nouvelle fois l’ascenseur ? C’est ce que disent craindre les opérateurs de l’industrie et les représentants des consommateurs, présents hier à une audition publique sur la question organisée par la Competition Commission. Quant à Megh Pillay, il annonce que la STC n’importera plus de ciment à compter du 1er juillet.
La Competition Commission a organisé hier une audition publique sur l’industrie du ciment. L’occasion pour les opérateurs et représentants des consommateurs d’exprimer leur crainte que le prix du ciment n’augmente une fois encore « au cas où toutes les mesures appropriées n’étaient pas prises durant la période de transition, entre juillet et décembre prochain ». La séance d’hier a aussi été marquée par une intervention du directeur de la STC Megh Pillay, qui a annoncé que la corporation mettra fin à compter du 1er juillet à l’importation de 50 % de la consommation du ciment à Maurice.
La réunion d’hier a permis aux personnes présentes d’exprimer leur point de vue sur l’industrie du ciment à Maurice, laquelle dépend totalement de l’importation. Ce forum fait à la fois suite au rapport du directeur exécutif de la Competition Commission, Sean F. Ennis – qui avait recommandé la libéralisation du ciment – et à l’annonce gouvernementale, le 8 avril, selon laquelle le secteur sera totalement libéralisé dès le 1er juillet.
Pour le Dr. Sean F. Ennis, « the Government’s initiative to liberalize this sector is top class, fully in line with our cement reports published over the last year ». Cependant, souligne-t-il, la transition d’une situation hautement réglementée à un secteur libéralisé constitue un équilibre délicat. « Until new cement companies have actually started their operations, the existing ones could potentially take advantage of market power and raise prices. That is what must be stopped », estime-t-il.
Le rapport de l’étude sur le marché du ciment à Maurice, préparée par le directeur exécutif de la CCM, a été remis aux commissaires, qui ont pris l’initiative de l’audition publique d’hier. Le Dr Ennis explique : « Raising prices is not a problem in itself and is not a violation of the Competition Act. For example, if international costs of cement go up, we would expect prices to go up in Mauritius as well. The concern is with price increases that have no justification on the cost side. »
Le marché est actuellement alimenté par deux grandes compagnies, à savoir Lafarge et Holcim. Cette dernière a annoncé qu’il n’y aura aucune augmentation de prix jusqu’en décembre. Malgré cette affirmation, la peur d’une possible hausse se fait sentir. Une crainte justifiée par plusieurs facteurs. Il faut en effet savoir que les variétés de ciment proposées aux consommateurs sont très limitées. Or, il est important, fait remarquer le Dr Ennis, qu’il y ait plusieurs types de ciment pour les différentes opérations nécessaires dans le cadre de travaux de construction. Certains types de ciment pourraient ainsi coûter moins cher. D’autre part, avec la libéralisation du secteur, il sera possible d’importer du ciment de l’étranger. Mais l’accès au port est limité. Un problème qu’il faudra résoudre, estiment des fournisseurs potentiels, afin que le ciment – qui arrivera par conteneur – puisse être débarqué.
Il est intéressant de noter que la STC ne pouvait recourir qu’à des navires de 25 000 tonnes. Avec l’annonce de son retrait, d’autres compagnies pourront utiliser des navires de plus grande capacité. Ce qui permettrait de réduire le coût du fret.
Finalement, les opérateurs potentiels ont insisté sur la nécessité d’obtenir les permis et autres documents nécessaires pour l’importation du ciment de manière plus rapide.