Intervenant ce matin au Maritim Hotel, Balaclava, à l’ouverture du 4e « dialogue politique » entre la République de Maurice et l’Union européenne (UE), le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Étienne Sinatambou, a évoqué les défis que Maurice aura à relever dans le cadre des relations avec l’Union Européenne. Le Chef de la délégation de l’UE à Maurice, l’ambassadeur Marjaana Sall, a pour sa part exprimé la volonté de son organisation d’aider Maurice à accéder au statut de pays à revenus élevés (high income country).
« L’Union européenne (UE — voir encadré) reste le marché le plus important pour Maurice, comptant pour approximativement 70 % de nos exportations. Maintenir cet accès à ce marché a toujours été une priorité pour le gouvernement mauricien », a déclaré le ministre le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Étienne Sinatambou.
Le ministre a ajouté que dans ce contexte, les relations Maurice-UE doivent face à un certain nombre d’« appréhensions ». Parmi celles-ci, le blacklisting de Maurice par certains pays européens en tant que juridiction fiscale non-coopérative, les difficultés dans les négociations pour un Economic Partnership Agreement (EPA) entre l’UE et la Eastern and Southern African (ESA) Region, à laquelle appartient Maurice, la décision de l’UE d’abolir les quotas sur le sucre d’ici 2017 et l’impact négatif de l’extension de l’Autonomous Tariff Rate Quota aux pays non-ACP (Afrique, Caraïbe et Pacifique) pour certains produits de pêche pour la période 2016-2018 dont les longes de thon exportées vers l’UE.
Étienne Sinatambou s’est attardé de façon particulière sur deux défis à relever : l’ère post-Cotonou et les négociations de l’UE avec les États-Unis. « L’Accord de Cotonou (voir encadré) expire en 2020. Dans ce contexte, l’UE a lancé une série de consultations en octobre 2015 avec tous les pays concernés, y compris les pays membres de l’ACP sur le Post-2020 Partnership Agreement entre l’UE et les ACP. L’ère post-Cononou présente des incertitudes », a concédé le ministre.
De même, les négociations en cours entre l’UE et les États-Unis constituent un défi pour Maurice. « Nous avons des appréhensions quant à l’érosion des préférences », a expliqué l’intervenant.
Auparavant, Étienne Sinatambou a expliqué que conformément aux dispositions de l’article 8 de l’Accord de Cotonou, le dialogue politique entre les pays des ACP, dont Maurice fait partie, et de l’Union européenne exige que les parties mènent, de façon régulière, un dialogue politique global, équilibré et approfondi conduisant à des engagements mutuels. « Ce quatrième dialogue politique, après ceux de 2011, 2012 et 2013, nous donnera l’occasion de revoir le statut de nos relations bilatérales, de discuter de nos appréhensions et d’explorer les moyens pour consolider notre coopération avec l’UE ».
Donnant la réplique au ministre, la Chef de la délégation de l’UE à Maurice, l’ambassadrice Marjaana Sall, a rappelé que Maurice est l’un des pays qui a bénéficié le plus de la coopération UE-ACP. « Ces dernières années, l’UE a octroyé un budget conséquent pour favoriser le programme de réforme économique et sociale de Maurice ».
L’ambassadrice a déclaré que l’UE accueille l’ambition de Maurice d’évoluer du présent statut de pays à revenus moyens vers celui de pays à hauts revenus. « L’UE est prête à aider le gouvernement mauricien à réaliser cette vision à travers divers programmes d’intervention ».
Elle a ajouté que le soutien bilatéral de l’UE sous le 11th European Development Fund se concentrera sur l’éducation tertiaire, la recherche et le développement, en ligne avec la priorité du gouvernement mauricien d’améliorer le capital humain dans le pays et contribuer ainsi à relancer la croissance.
Marjaana Sall s’est par ailleurs félicitée de la large gamme de sujets en discussions lors de ce quatrième dialogue politique qui s’étale sur deux journées, aujourd’hui et demain. Parmi ces sujets, la paix et la sécurité, la migration, l’intégration économique régionale, le commerce, le changement climatique, les Objectifs du développement durable, la bonne gouvernance et la future coopération entre Maurice et l’UE.
La délégation mauricienne est menée par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Étienne Sinatambou, et comprendra aussi l’Attorney General, Ravi Yerrigadoo, et les ministres Mahen Seeruttun (Agro-industrie et Sécurité alimentaire), Roshi Bhadain (Services financiers et Bonne gouvernance), Premdut Koonjoo (Économie océanique, Ressources marines et Pêche) et Raj Dayal (Environnement, Développement durable, Protection contre les Catastrophes naturelles et Beach Authority).
La délégation de l’UE est dirigée par Marjaana Sall, Ambassadrice et Chef de la Délégation européenne à Maurice et comprend six ambassadeurs résidents et non-résidents de l’UE accrédités à Maurice, représentant respectivement la France, la Grande Bretagne, l’Irlande, l’Espagne, la Croatie, l’Autriche et le Portugal.