L’humour fait-il encore recette, est-il encore vendeur ? Peut-on uniquement se contenter d’une belle brochette d’artistes pour provoquer un cocktail de rire explosif ? Rama Poonoosamy, de l’agence Immedia, l’homme qui a osé créer le premier spectacle d’humour 100 % mauricien il y a 18 ans livre son point de vue à ce sujet. « Le mot humoriste n’existait pas encore dans le vocabulaire des Mauriciens. On avait sur scène des gens capables de faire des blagues, des imitations et de là est née une plateforme avec la découverte de Georges Mathieu, un des premiers Mauriciens humoristes à cartonner à Paris et qui a fait un stand-up à Maurice. Aujourd’hui, le rire s’est adapté à l’évolution de la société. » Miselaine Duval-Vurden, qui lance du 8 au 18 août le 4e festival du rire, est d’avis qu’un humoriste doit d’abord être un observateur de la vie afin de perdurer.
Le mot humour provient de l’anglais humour, lui-même emprunté du français humeur. On dit de quelqu’un qui a de l’humour qu’il donne dans du tempérament enjoué. Jean-Marc, spectateur, est sensible aux spectacles qui font rire. Pour lui, chaque être humain est un conteur à sa manière. « Sans le savoir, on fait tous de l’humour, mais tout reste dans l’art de détourner une phrase et de provoquer le rire. » Un humoriste, dit-il, est celui qui a compris ce mécanisme capable de déclencher le rire en s’inspirant de tout ce qui l’entoure, tout en sachant avec ses mimes et facéties provoquer l’hilarité.
Rama Poonoosamy, qui partage cet avis, dira que le premier spectacle humoriste mis en place par Immedia a été un réseau de dénicheurs de talents. « On a eu Georges Mathieu, Sam Ammigan, Lindsay Moothien, Miselaine Duval, des talents humoristiques à l’état brut qui ont donné naissance à l’humour. » En 2009, rappelle-t-il, le spectacle Humour s’est même joué à guichet fermé, ce qui démontre un réel engouement des Mauriciens pour ce genre de divertissement. « Le spectacle d’humour a mis en relief le métier d’animateur humoriste. Les artistes ont progressé au fil des ans. Le “konkour santé imoristik”, d’Immedia, est une première qui a vu la consécration d’Alain Narainsamy. Les radios privées ont repris ce créneau pour mettre de l’entrain. Dans les fêtes aujourd’hui, un orchestre passe en deuxième plan, les organisateurs faisant appel à des humoristes. Parallèlement à l’humour, il y a eu des festivals de théâtre. »