Ce vendredi 22 novembre 2013 cela fait cinquante ans depuis que le trente-cinquième président des Etats-Unis fut brutalement assassiné à Dallas (dans l’État du Texas) en plein début de campagne électorale alors qu’il briguait un deuxième mandat à la Maison Blanche pour les urnes de novembre 1964.
Son élection à la Présidence et certains événements majeurs qui ont marqué son court mandat
Elu en novembre 1960 après une des élections les plus serrées de l’histoire contemporaine américaine devançant le candidat républicain Richard Nixon par un peu plus de cent mille voix, John Fitzgerald Kennedy, jeune sénateur de l’État du Massachusetts  se voit propulser à 43 ans comme le dirigeant le plus puissant de la planète, alors dominé par la guerre froide entre l’Union Soviétique et les États-Unis. La course à la conquête spatiale entre les deux nations a déjà débuté avec le lancement en octobre 1957 du premier satellite Spoutnik par les Soviétiques et celui d’Explorer en janvier 1958 du côté américain. Le mandat du Président Eisenhower, ancien commandant en chef des forces alliées pendant la Seconde guerre mondiale, est marqué par une politique étrangère agressive pour contrer l’influence communiste grandissante dans le monde, notamment en Asie du Sud-Est. Le fameux discours inaugural du 20 janvier 1961 du Président élu a inspiré beaucoup de personnes dans le monde entier et même des générations entières. John Fitzgerald Kennedy sera appelé en avril 1961 à gérer sa première crise au niveau international avec l’invasion avortée de Cuba (île sous régime communiste dirigée par Fidel Castro à 90 milles des côtes américaines) par les exilés cubains entraînés par la CIA (Central Intelligence Agency). L’échec de cette invasion (décidée sous l’administration d’Eisenhower) à laquelle Kennedy donna son accord, a eu un impact certain sur son administration.
La crise des missiles d’octobre 1962 (ayant pour origine l’installation des missiles soviétiques balistiques à tête nucléaire sur l’île de Cuba) donnera l’occasion à John Kennedy et son administration de reconsidérer les relations entre les deux super puissances (Les Etats-Unis et L’Union Soviétique). Le blocus militaire aéronaval américain autour de Cuba pour empêcher l’envoi de missiles soviétiques força l’Union Soviétique à faire marche arrière et les États-Unis à travers un accord secret entre Kennedy et Nikita Khrouchtchev (le leader soviétique) prirent l’engagement de ne pas envahir Cuba. Mais cela n’empêchera pas la CIA, l’agence de renseignements américaine de chercher des moyens de renverser Fidel Castro à Cuba avec la bénédiction du Président Kennedy et de son frère Robert, alors ministre de la Justice des États-Unis. En 1963, quelque temps avant son assassinat, le président Kennedy commençait à travers ses discours à laisser apercevoir que son attitude avait changé en ce qui concerne les relations américano-soviétiques. A l’Université américaine de Washington en été 1963, John Kennedy prononça ces paroles : « De  quel type de paix parlons-nous ? Quelle paix recherchons-nous ? Assurément pas une ‘Pax Americana’ imposée à travers le monde par des armes de guerre américaines. Nous devons reconsidérer notre comportement vis-à-vis de l’Union Soviétique. Notre point commun le plus élémentaire, c’est que nous respirons le même air, que nous nous préoccupons tous de l’avenir de nos enfants et que nous sommes tous mortels. »
Cela culmina sur la signature du Nuclear Test Ban Treaty le 5 août 1963 entre l’Union Soviétique  et les Etats-Unis concernant l’arrêt des essais nucléaires sous l’eau, dans l’atmosphère  et dans l’espace mais qui n’empêcha pas  des essais souterrains. Ce premier pas vers le désarmement est à mettre au crédit des  deux leaders malgré la guerre froide et la rivalité idéologique qui prévalait dans le monde entre les deux super puissances.
Le mouvement pour l’émancipation des gens de couleur à travers le pasteur  Martin Luther King Jr. et d’autres leaders noirs avant, pendant et après la présidence de JFK (1961 à 1963) força son administration à revoir bon nombre de lois racistes et anti-démocratiques ; le Civil Rights Act de juillet 1964 viendra mettre fin à  la discrimination raciale, ethnique, religieuse et sexiste. John Fitzgerald Kennedy fut malheureusement assassiné quelques mois avant l’adoption de cette fameuse loi par le Congrès et son successeur le Président  Lyndon Baines Johnson eut le mérite de la signer le 2 juillet 1964. La grande marche sur Washington le 28 août 1963 au cours de laquelle le pasteur King prononça son fameux discours ‘I have a dream’, eut un impact certain sur l’administration  Kennedy et sa gérance concernant les droit civiques des minorités.
La politique de l’administration Kennedy, pour ce qui est de l’implication au Viêt-nam, reste un des dossiers chauds de l’année 63. Le régime sud-vietnamien soutenu par le gouvernement américain depuis la fin des années 50 était aux yeux du président Kennedy « la pierre angulaire du monde libre en Asie ». Déjà au pouvoir en janvier 1961, il avait décidé d’augmenter son aide militaire et économique au régime du président Ngo Dinh Diem pour lutter contre le régime communiste de Ho Chi Minh (leader nord-vietnamien qui avait mené ses troupes à la victoire contre l’armée française en 1954 à Diên Biên Phu). L’analyse de la politique de Kennedy au Viêt-nam par Olivier Royant (voir l’édition de Paris-Match du 25 novembre 1993) indique qu’au mois de décembre 1961, il y avait 2067 conseillers militaires américains sur le sol viêt-namien. Le 20 décembre 1961, les conseillers militaires reçurent des consignes officielles : ils pouvaient dorénavant se servir de leurs armes pour se défendre. Et deux jours plus tard, le premier soldat américain, James Thomas Davis de Livingston (Tennessee) succomba dans la jungle. C’était le début de l’hécatombe.
Déjà en septembre 1963, un an après la crise des missiles 16200 soldats américains étaient engagés dans le conflit contre les Nord-Vietnamiens. On dénombrait 82 Américains morts au combat. Ce chiffre devait passer à 56 227 tués et 303 605 autres blessés sans compter 2 949 disparus en 1975, au moment du retrait des soldats américains. Pour beaucoup d’admirateurs du Président Kennedy, il allait, selon toute vraisemblance, retirer les troupes U.S  du Viêt-nam et il avait l’intention de le faire en 1964. Mais cet élément demeure encore un sujet de controverses. D’ailleurs, pour certains, à travers ses discours John Kennedy laissait apercevoir que l’engagement américain au Viêt-nam l’irritait car en fait les Américains n’appréciaient guère que leurs ‘boys’ puissent continuer à mourir si loin de chez eux pour une cause qui ne leur était pas vraiment claire.
L’assassinat
On est le vendredi 22 novembre 1963, et en ce jour la ville de Dallas accueille le Président John Fitzgerald  Kennedy et son épouse Jacqueline. 11H38 – L’avion présidentiel atterrit avec aux commandes le colonel James Swindal. Sur le tarmac le gouverneur de l’Etat du Texas, John Connally et Madame sont déjà là pour recevoir les visiteurs.
11h51 –Le Président et sa femme ainsi que M. et Mme Connally prennent place dans la limousine décapotable et le cortège quitte l’aéroport. Il se dirige vers le Trade Mart, complexe commercial où aura lieu un déjeuner avec les notables de la ville. Le long du parcours des gens par milliers sont venus l’acclamer. Tout le monde est loin de savoir que l’inévitable va se produire. En empruntant une des rues (Elm Street) à côté du Dealey Plaza (zone de jardin), la décapotable présidentielle sera la cible de plusieurs coups de feu (il est alors 12h30). Le Président et le gouverneur sont touchés. Jacqueline, visiblement prise de panique, tente de s’échapper par la partie arrière (de la voiture) ; un agent du United States Secret Service (agence responsable de la sécurité présidentielle et vice-présidentielle) bondit à son secours et grimpe dans la voiture pour la protéger. Tout de suite, le cortège se dirige vers le ‘Parkland Memorial Hospital’(qui se trouve à huit minutes du lieu de l’attentat). Malgré les tentatives désespérées des chirurgiens, le Président va succomber à ses blessures alors que le gouverneur Connally sera sauvé au terme de soins intensifs.