L’Afrique, considérée comme le berceau de l’humanité, se prépare à vivre une étape importante de son histoire. Le continent réfléchira sur la question lors des célébrations autour du cinquantième anniversaire de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA). Plusieurs activités sont également prévues à Maurice.
Le 25 mai, nous célébrerons la Journée mondiale de l’Afrique. Cette date marque l’anniversaire de la signature des accords de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA), instance lancée en 1963. Union africaine (UA) depuis juillet 2002, elle milite depuis 50 ans pour “une Afrique intégrée, prospère et en paix, dirigée par ses citoyens et constituant une force dynamique sur la scène mondiale”. Un pari fou à l’époque, mais qui a fait son chemin, même si le continent noir est souvent rongé par des conflits et doit faire face à plusieurs problèmes : sécheresse, famine, analphabétisme, pauvreté, exploitation. L’Afrique demeure malgré tout un continent avec de nombreuses richesses naturelles qui ont profité aux pays colonisateurs à l’époque et qui sont encore convoitées de nos jours.
L’intérêt pour l’Afrique, autrefois continent pourvoyeur d’esclaves, n’a jamais faibli. On peut même assister à un intérêt croissant, à l’heure où les autres marchés mondiaux sont essoufflés par la crise économique. Plusieurs pays du continent sont convoités pour leurs grands potentiels économiques et leurs ressources naturelles. C’est ce qui a encouragé de nombreuses entreprises et de grandes enseignes de nombreux pays à s’installer en Afrique.
Indépendance.
Le terme “chinoisisation” a été employé par Venen Paratian, un des premiers Mauriciens au service de l’OUA à Addis Abeba en Éthiopie en 1969, pour exprimer l’appétit d’ogre de la Chine pour le continent où il a financé plusieurs projets d’envergure. D’autres pays comme l’Inde, le Japon et même Maurice, ont trouvé dans les différents pays d’Afrique la capacité nécessaire pour étendre leurs activités économiques. Les pays colonisateurs comme la France ou la Grande-Bretagne n’ont jamais vraiment quitté le continent et sont même prêts à intervenir dans les conflits armés, comme cela a été le cas récemment au Mali pour les Français.
Confronté à une réalité des extrêmes, avec des pays très riches et des pays très pauvres, le continent africain semble peiner à fonctionner selon le modèle de l’Union Européenne, dont il s’est inspiré pour constituer l’Union africaine, au lieu d’adopter celui des États-Unis d’Amérique où les différents États fonctionnent sous une seule instance dirigeante. L’histoire africaine a malgré tout été marquée par le grand tournant décisif dans la mouvance de la création de l’OUA en 1963, lorsque plusieurs pays ont successivement accédé à l’indépendance. Qui mettait alors fin à des années de colonisation mais aussi “d’exploitation et de souffrances inimaginables”, selon le panafricain Kwame Nkrumah, ancien chef d’État du Ghana, mort en 1972, pour qui il ne faisait pas de doute que l’Afrique était condamnée à s’unir.
Union.
Ce dernier avait plaidé pour une Afrique vraiment unie afin de relever les défis qui se présentent à elle. Il fallait également tirer un trait sur le passé. “Maintenant, nous devons être prêts à enterrer le passé avec ses souvenirs désagréables et regarder vers le futur. Tout ce que nous demandons des anciennes puissances coloniales est leur bonne volonté et leur coopération pour remédier à nos erreurs passées et réparer les injustices”, avait-il déclaré dans un discours. Il avait aussi affirmé que “divisés, nous sommes faibles. Unie, l’Afrique pourrait devenir l’une des plus grandes forces du bien dans le monde. Bien que la plupart des Africains soient pauvres, notre continent est potentiellement très riche”.
C’est là que le thème central choisi pour marquer le cinquantième anniversaire de l’OUA prend tout son sens : panafricanisme et renaissance africaine. Cela afin de “sensibiliser la nouvelle génération d’Africains sur les idéaux du panafricanisme”. Qui, rappelons-le, est une idée politique et un mouvement qui promeuvent et encouragent la pratique de la solidarité entre les Africains où qu’ils soient dans le monde, mais aussi pour démontrer le grand potentiel du continent. Ce qui rejoint la mission de l’OUA/UA, citée plus haut. À travers ce thème, l’UA souhaite aussi “mettre en valeur la longue histoire des civilisations africaines en tant que berceau de l’humanité, les luttes pour l’indépendance et l’auto-expression, ainsi que le processus de formation des nations enclenché depuis les indépendances”.
Progrès.
Maurice, qui fait partie de l’OUA/UA depuis 1968, année de son indépendance, a su tirer profit de son adhésion à l’organisation et a été présente dans les prises de décision pour améliorer la force de frappe de l’OUA/UA. Dans son processus d’oeuvrer pour l’unité et le développement économique et social, l’organisation réunissant les États membres du continent africain a adopté de nombreuses résolutions qui ont permis des progrès conséquents dans plusieurs pays. Citons la réponse face aux défis dans la protection de l’environnement, la lutte contre le terrorisme, la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, entre autres.
L’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’UA a décrété 2013, année du panafricanisme. Tous les états membres sont invités à célébrer comme il se doit les 50 ans de l’OUA/UA, afin de “rapprocher les peuples africains, raffermir leur foi en l’intégration et populariser l’idéal d’union du continent”.
Le 25 mai est un jour férié dans 53 des 54 pays membres de l’UA. Car la Journée de l’Afrique symbolise pour eux le symbole du combat de l’Afrique pour la libération, l’émancipation, le développement et le progrès.