Même les employés le reconnaissent: l’augmentation de 50% de la redevance des abonnés de la MBC ne servira ni à améliorer la qualité de la station ni à professionnaliser sa politique de l’information. Elle sert essentiellement à gonfler les salaires et les avantages des protégés de la direction et ceux qui ont été pistonnés par le PTr. Aussi, la colère gronde au sein du personnel, toutes catégories confondues, devant la dérive gestionnaire de la MBC.
De nombreux cas sont cités par les employés pour dénoncer la politique des petits copains pratiquée par la direction. Il y a le cas de cette dame proche d’un membre du conseil d’administration qui a été propulsée Broadcast Technologist avec un gros salaire mais sans les qualifications requises pour ce poste, celui de cet “attendant” promu cameraman malgré son inaptitude.
Même favoritisme dénoncé au département des ressources humaines et au niveau de la rédaction où un “serial faneur”, qui aime la compagnie de jeunes collègues, est toujours dans les bons papiers de Dhanjay Callikan. Une autre “journaliste” a été recrutée sur une base permanente avec un paiement d’arriérés pour les deux dernières années sans compter les cameramen fraîchement embauchés mais mieux lotis que les anciens.
Que serait la MBC sans son volet socioculturel? Le frère de Somdath Dulthumun, président de la Mauritius Sanatan Dharma Temple Federation et membre du board de l’Independent Broadcasting Authority,vient d’obtenir un poste à plein temps et à grand cachet. Et pendant que l’on trouve que la classe politique dirigeante vieillit, le papi Yan Jankoo, 75 ans, a retrouvé son job de PRO, pendant que Boomitra Sharma Ayrga et Clifford Parsad, retraité de la police, pousuivent une longue carrière, alors que leurs fonctions sont jugées inutiles par les employés.
Dans le même registre, cet humoriste qui ne fait plus beaucoup rire et ce cameraman qui s’était illustré en essuyant les chaises de orateurs travaillistes à un meeting à Brisée Verdière lors de la partielle du No 9 de 1998, tous très bien rémunérés alors qu’ils ne font pas grand-chose.
Les employés déplorent aussi les carences du nouveau système informatique installé à grands frais, Rs 5 millions, mais sans véritable exercice d’appel d’offres. Avec pour résultat que certains ont vu leur fiche de paie alimentée de plus de Rs 50,000 tandis que d’autres ont eu la désagréable surprise de constater que leur travelling allowance a diminué, sans compter les coupes de la moitié de leurs salaires au compte du fisc pour d’autres employés. Des employés se plaignent également de ne plus recevoir leur email. La raison étant que ce sont des personnes qui n’ont aucune connaissance pointue dans le domaine de l’informatique qui gèrent le système qui enregistre couac sur couac.
Le personnel évoque aussi les abus notés dans les voyages à l’étranger, les voitures de la MBC converties aussi en transport scolaire. Bref, une espèce de CNT-bis qui continue dans son droit à l’excès aux frais des abonnés sans que l’ICAC – qui n’est, en fait, qu’une réplique des deux organismes précités – ne lève le petit doigt, malgré les lettres de dénonciations qui lui ont été adressées.