La diversification des produits et marchés est un élément clé de la stratégie du groupe MCB. Déjà présent sur plusieurs marchés africains à travers des filiales aussi bien que par le truchement de bureaux de représentation ou au moyen d’une externalisation de ses services à d’autres banques, le premier groupe bancaire mauricien ambitionne de « couvrir » tout le continent africain. C’est ce qu’ont laissé entendre hier ses dirigeants, lors de l’ouverture à l’hôtel Long Beach de la 5e édition d’« Africa Forward Together », une rencontre avec des représentants d’une quarantaine de banques africaines permettant à la MCB de démontrer ses capacités de fournisseur fiable et solide de produits et services à d’autres banques du continent.
« Out target is to cover the whole of Africa », a déclaré Raoul Gufflet, responsable de la division des opérations à l’international de la MCB, aux quelque 55 participants de 8 pays africains invités par le groupe bancaire dans le cadre de son initiative « Bank of Banks ».
Plus tôt, dans son discours inaugural, Pierre Guy Noël, Chief Executive du groupe, avait souligné qu’« Africa is the core of our focus ». La direction de la MCB a soutenu que le groupe n’est pas en Afrique pour faire de la concurrence aux autres banques ni se présenter comme un conquérant mais pour travailler en partenariat avec d’autres banques. « You are the epicenter of our value proposition », a souligné Raoul Gufflet. Avec sa stratégie « Bank of Banks », la MCB veut comprendre les besoins des banques africaines et de leurs marchés respectifs et proposer en conséquence des produits et services qui leur permettront de monter en valeur… Cette stratégie, a indiqué le responsable de la division des opérations à l’international, porte déjà ses fruits. « Nous sommes probablement le gestionnaire d’un plus grand nombre de guichets automatiques et de cartes bancaires au Ghana ainsi qu’à Maurice. C’est dans cette optique que nous vous invitons à prendre avantage de notre réseau global, de notre plateforme technologique des plus modernes et de notre offre compétitive », a ajouté Raoul Gufflet.
Pierre Guy Noël a fait ressortir pour sa part que les opérations du groupe MCB en Afrique ne datent pas d’hier et que l’institution a toujours gardé ce continent en point de mire. Les activités croissent en Afrique, les projets nécessitent des investissements majeurs. Ceux-ci, a-t-il fait remarquer, sont si conséquents qu’une institution bancaire africaine ne peut seule s’assurer de son financement. D’où la décision de la MCB de mettre à la disposition des autres institutions financières de la région les ressources dont elle dispose pour la réalisation de ces projets. Pierre Guy Noël a observé que le volume des échanges commerciaux entre l’Afrique et le reste du monde est en train de s’équilibrer petit à petit, les pays producteurs de pétrole donnant l’impulsion nécessaire. Il y a beaucoup d’échanges commerciaux à partir du continent aussi bien qu’au niveau intra-africain. « Il y a là des opportunités intéressantes à saisir », a fait comprendre le Chief Executive du groupe MCB.
Parlant des opérations du groupe, Pierre Guy Noël a rappelé que dans les années 90, environ 50 % du bilan reposait sur trois piliers économiques : le sucre, le textile et le tourisme. Aujourd’hui, ces trois secteurs ne représentent que 25 % du bilan alors que les activités bancaires de détail ont augmenté, leur part passant de 13 % à 22 %. Le portefeuille de crédits du groupe a enregistré une forte progression ces dernières années, se chiffrant à Rs 161 milliards en 2013 contre Rs 112 milliards en 2010. Le ratio des opérations de financement en roupies mauriciennes et celles des opérations en devises est de 2 : 1. La direction de la MCB relève également que 46 % de ses revenus en 2012-2013 provenaient des opérations à l’international et que pour le premier trimestre de l’exercice financier 2013-2014, le taux se situait à 54 %. « La croissance vient de nos revenus de provenance étrangère. Il nous faut donc voir sur ce qui se passe sur ces marchés où les activités se développent », a fait comprendre Pierre Guy Noël.
Pour assurer une présence encore plus marquante en Afrique, la MCB a soumis une demande aux autorités bancaires kenyanes pour l’ouverture d’un bureau de représentation à Nairobi, ce qui, indique-t-on dans les milieux du groupe, lui permettra d’avoir une couverture sinon un rayonnement dans les pays avoisinants. La MCB a un bureau de représentation à Johannesbourg (en sus de celui de Paris), opère des filiales à Madagascar, aux Seychelles, au Mozambique et aux Maldives. Elle est présente, à travers des associées, à La Réunion, Mayotte et en France.
L’objectif d’« Africa Forward Together » est de permettre aux banques africaines de voir ce que la MCB peut leur offrir en termes de nouvelles opportunités. La MCB continue de se positionner comme une banque des banques sur le continent, en proposant aux institutions africaines d’externaliser certains de leurs services à Maurice, tels que l’émission de crédits documentaires, les paiements internationaux, la monétique, l’audit interne, la gestion du risque, les prestations financières non-bancaires, le « custody » ainsi que les paiements internationaux via la plateforme SWIFT. « En s’appuyant sur le réseau international, l’infrastructure high-tech, l’expérience et l’expertise de la MCB, les banques africaines peuvent ainsi réduire leurs coûts, améliorer leur efficacité tout en élargissant la palette de produits offerte à leurs clients », explique la direction.