La République populaire de Chine continue son ascension fulgurante sur l’échiquier international. Elle est maintenant la seconde économie de la planète. D’ici deux décennies, elle aura tracé son chemin pour en devenir la première. Le nouvel homme fort de la Chine, Xi Jinping, 59 ans, cumule désormais trois fonctions : chef du Parti communiste, chef de l’armée et chef de l’État. Il dirigera pour la prochaine décennie le pays le plus peuplé de la planète, là où habite un quart de l’humanité. Il est secondé par Li Kejiang qui occupe les fonctions de Premier ministre.
Xi Jinping doit relever un défi majeur : garder le positionnement de son pays dans le monde. Et réaliser le rêve chinois : l’amélioration de la vie des citoyens. Cette instance de transformation, vertigineuse, est palpable pour les étrangers qui se rendent en Chine à la découverte de cette culture millénaire. Mentionnons en premier lieu une politique de forte croissance économique, créatrice d’emplois et d’opportunités. Xi Jinping dirige son paquebot qui file à une vitesse vertigineuse et qui n’a nulle intention de ralentir. Aujourd’hui, si la Chine éternue, les États-Unis d’Amérique s’enrhumeront… En passant, ce n’est pas un hasard si la présidente du FMI, Christine Lagarde, a pour principal adjoint un Chinois…
Le rêve chinois, c’est de maintenir un rythme de croissance entre 7 % et 8 % annuellement. Trois moteurs sont vitaux pour atteindre ce but : les exportations, la croissance de la consommation intérieure et la recherche sur les innovations notamment dans les secteurs ferroviaire, aéronautique et nucléaire.
Pour faire aboutir le rêve chinois, Xi Jinping devra mener une politique de réformes afin de déclencher le processus de la modernisation et s’inscrire ainsi dans la mondialisation. La partie n’est pas gagnée d’avance, mais les Chinois, dans leur sagesse et leur détermination, sauront relever le défi pour faire de ce rêve une réalité. Les réformes les plus pressantes ont trait à l’amélioration du niveau de vie en général. Réaménager le système de santé reste une priorité des priorités. D’ici à 2020, un système d’assurance santé sera mis en place pour tous, suivi d’autres assurances (chômage et vieillesse). La population bénéficiera des services médicaux et sanitaires fondamentaux promis par Hu Jin Tao avant qu’il ne transmette le flambeau à son successeur. Les autres reformes liées au bien-être du peuple (minsheng) seront le contrôle de prix de l’immobilier pour rendre l’acquisition d’un logement accessible à la nouvelle génération. Au niveau de l’éducation, un renforcement du sens créatif à l’école et dans les universités sera enclenché, suivi d’une révision des programmes pédagogiques et de la formation des professeurs. Sur le plan social, des maisons de retraite sont construites pour la génération de couples avec un seul enfant. En même temps, l’État préconise la levée progressive de la politique d’enfant unique afin d’assurer le renouvellement naturel.
La protection de l’environnement représente également un gros défi et nécessite des mesures urgentes. Le nuage de pollution qui a fait suffoquer Beijing en janvier dernier donne matière à réflexion et requiert des décisions radicales et rapides. Xi Jinping a donné son engagement pour cela et il porte une attention particulière à ce problème aigu.
Au chapitre du combat contre la corruption, la condamnation à vie de Bo Xi Lai pour détournement de fonds et abus du pouvoir est un signal fort pour montrer la détermination des dirigeants de lutter contre ce fléau. Xi Jinping a confié à ce grand mandarin intègre qu’est Wang Qishan la charge de la Commission de la discipline. Pour la première fois, la direction centrale du régime témoigne ainsi de sa volonté à procéder à un  « nettoyage » de la scène politique intérieure. La mise à l’écart de Jiang Zemin en janvier dernier en est un signe avant-coureur.
Et dire qu’il y a encore des gens malintentionnés, des gens de mauvaise foi, issus surtout de la presse occidentale, qui brandissent Tien an men pour décrier le manque de démocratie en Chine. La presse occidentale a toujours développé une allergie face à la Chine. Elle ne rate pas une occasion de montrer son hostilité envers ce grand pays. Mais ce « pays frère » n’a de leçon à recevoir de personne en matière de démocratie.
 Le « rêve chinois » est de vivre un nouvel âge d’or comparable à l’époque de la dynastie des Tang (VIIIe siècle de notre ère) quand la Chine était une référence dans tous les domaines : politique, économique, artistique, éthique… Cette vision implique la création d’un espace global de libre échange tout en permettant à chacun de prospérer en paix.
D’ores et déjà, la Chine commande le respect, même de la part de ses détracteurs les plus acharnés. La Chine du 21e siècle, c’est une dignité retrouvée, une voix respectée sur le plan international. Bonne fête à la République populaire de Chine !