Le Kenyan Anthony Ndungu Mugo et la Sud-Africaine Cornelia Petronella Joubert ont inscrit tous deux leurs noms au palmarès du 6e Marathon International Orange, couru hier matin à Mon Choisy. Ils ont survolé le parcours en signant le temps le plus rapide, soit 2h17” 31pour les hommes et 2h39” 36 pour les dames, succédant ainsi à leur compatriote respectif Hillary Kericho, crédité de 2h20’57 en 2010, et Mpho Jennifer Mabuza, qui détenait la référence féminine en 2h54’54. Cette événement coïncidait avec la journée mondiale de l’Olympisme, qui rassemblait les fédérations sportives de l’île et le public en général pour une fun run de 4,6 km.
À bien y voir, les anciennes références chronométriques ont été tout bonnement pulvérisées. Hier matin, Mpho Jennifer Mabuza figurait parmi les favorites sur la ligne du départ, prête sans doute à repousser ses limites. Mais il fallait compter avec la Kenyane Pauline Wanjiru Muchiri et surtout Cornelia Joubert, qui firent la plus grande partie de la course l’une contre l’autre avant que la Sud-Africaine ne mette les voiles au 35e km au retour de Balaclava, sur les routes de Pointe-aux-Piments.
« C’était une belle course et je l’ai bien appréciée. La Kenyane avait pris une légère avance quand on remontait vers Mon Choisy. Mais je n’ai eu aucun mal à la rattraper plus loin sur la route du retour. Ce n’était pas si dur, mais c’est une victoire vraiment inattendue. Je n’ai fait que courir à mon rythme et mon temps est bien meilleur que celui que j’avais réalisé (2h46) en février dernier », lançait avec modestie la Sud-Africaine, qui a fêté la veille ses 25 ans. Originaire de Johannesbourg, elle se dit prête à refaire le déplacement « l’année prochaine si on m’invite. »
Ce marathon qui avait pour point de départ et arrivée Mon Choisy conduisit les coureurs à Grand-Baie, Baie Boeuf, retour vers Mon Choisy jusqu’à Pointe-aux-Piments, Balaclava et retour vers Mon Choisy. Et comme, il a été souvent le cas, c’est sur la deuxième moitié du parcours que la situation se décanta tant chez les femmes que chez les hommes. Toutefois, les prétendants étaient plus nombreux à se montrer chez les hommes où cinq coureurs, soit quatre Kenyans et un Sud-Africain allaient vite, même très vite, prendre le large au fil des premiers kilomètres. Il devenait clair que le vainqueur émergerait de ce groupe.
Aucun suspense
Après le détour vers Bain Boeuf et le retour vers Mon Choisy, on vit néanmoins ce petit peloton s’effriter avec deux Kenyans qui furent lâchés tandis que leurs compatriotes Mugo, Nzomo et le Sud-Africain Godongwana continuèrent d’avancer mais en ordre légèrement décalé à Pointe-aux-Piments. C’est à partir de là qu’Anthony Ndungu Mugo affichait clairement ses prétentions. Il caracolait seul en tête jusqu’au turning point de Balaclava et entama la route du retour d’une foulée irrésistible.
Il courait déjà depuis 1h47 quand il croisa, à l’entrée de Pointe-aux-Piments, le premier coureur mauricien, Christophe Maréna qui avait lui encore toute la partie s’étendant jusqu’à Balaclava et retour à parcourir. C’est dire à quel point Anthony Ndungu Mugo et même ses plus proches poursuivants ont démantelé cette course.
Sur la fin de cette chevauchée, soit entre Trou-aux-Biches et Mon Choisy, il n’y avait plus de suspense tant le Kenyan Mugo semblait s’envoler vers la victoire. Si son compatriote Nzomo ne put que le suivre de loin, le Sud-Africain Godongwana serrait lui les dents pour limiter les dégâts. « La pluie et le vent m’ont complètement refroidi dans la partie décisive de la course », confiant ce dernier, visiblement très abattu. Il soutient avoir déjà couru en 2h16 (record personnel) en 2011 en Afrique du Sud.
Par contre, Anthony Ndungu Mugo n’affichera aucun regret, lui qui avoue détenir en 2h15 sa meilleure marque personnelle réalisée au Portugal en 2010. « Je me suis accroché dès le début avec les quatre autres. Il faillait être courageux jusqu’au bout. Mais je n’étais pas sûr de gagner jusqu’à la 18e borne. Je suis vraiment très heureux car mon but est d’améliorer mon record dans les deux années suivantes afin d’intégrer le groupe qui compose les meilleurs coureurs de mon pays. »
Pour l’heure, Mugo, 27 ans, fait partie du top 100 kenyan du marathon. Il dit être un coureur professionnel et s’entraîne en compagnie de trois autres qui comme lui veuleut se faire un nom dans quelques années dans le gratin mondial. Les cinq premiers hommes et dames du marathon (étrangers) raflent des primes de $ 2 000 (?Rs 60 000), $ 1 500 et $ 1 000, $ 500 et $ 500. Les cinq premiers Mauriciens hommes et dames ont empoché respectivement Rs 25 000, Rs 15 000, Rs 10 000, Rs 5 000 et Rs 3 000. Au moins, ils n’auront pas fourni autant d’efforts en vain.