Le violoniste Guy-Noël Clarisse a réuni cinq musiciens autour du projet, nouveau à Maurice, de faire découvrir la musique baroque dans son style d’origine… Une première série de concerts débute les 7 et 15 novembre avec des morceaux emblématiques de Vivaldi, Castello, Pachebel ou Bach, etc. Même sans clavecin, le tout reste de retrouver l’esprit de l’époque pour nuancer et enrichir cette musique, prévient le nouveau diplômé de la Royal Academy.
« 415 ! » seuls les connaisseurs décrypteront spontanément ce drôle de titre pour un concert. Marque d’authenticité, ce chiffre correspond à la hauteur de son du « la », sur lequel les musiciens s’accordent en musique baroque. La fréquence est ici plus basse qu’en musique classique où elle atteint 440 hertz (Hz). « Lorsqu’on baisse d’un demi-ton, explique Guy-Noël Clarisse, ça change tout de suite la couleur. Différentes caractéristiques de ce type permettent ainsi de recréer une musique plus authentique. » Notre interlocuteur est revenu en août avec en poche son master en violon baroque spécialisation « Historical performance », obtenu haut la main à la Royal Academy of Music de Londres. Nouvelle étape de la démarche, ce jeune homme, aujourd’hui enseignant dans quatre collèges et en cours privés, souhaite partager sa passion avec le public mauricien…
« Je me suis rendu compte en Angleterre, nous explique-t-il, que les rares fois où des oeuvres baroques ont été interprétées à Maurice, elles ne l’étaient pas vraiment dans le style de l’époque. À travers la musique baroque, j’ai aussi envie de défaire quelques croyances qui tendent à favoriser avant tout la prouesse technique ou encore à prétendre que le piano est supérieur au clavecin ». Subjugué par le premier concert baroque qu’il a entendu en Angleterre, il est immédiatement entré en contact avec le premier violon, qu’il a retrouvé par la suite comme professeur et qui l’a poussé à aller plus loin.
« Il existe tellement de façons de jouer la même note ! On ne mesure pas toujours la grande sensibilité émotionnelle qui existe dans le baroque. Les partitions de Bach étaient écrites sans consigne en annotation. Celles qu’on trouve de nos jours ont été ajoutées bien plus tard et ont en quelque sorte dévié de l’esprit de l’époque. En « historical performance », nous retournons aux sources originelles ». Sans oublier que le baroque a posé à maints égards les bases de la musique d’orchestre et de l’opéra…